Archives départementales du Rhône
J. DO Tbil. — Une famille militaiie. 23
son frère cadet pour le Mont-Blanc. Il travailla immédiatement à la rédaction d'un état j^énéral des bouches à feu, poudres et munitions qui existaient dans les places de sa direction ^ Après avoir remis cette pièce à Kellermann le 19 septembre, il s'occupa de rétablissement d un état particulier du matériel de guerre qu'il était instant d'envoyer dans ces différentes places pour les mettre à même « de soutenir la défense dont leurs fortifications les rendaient susceptibles et de fournir aux besoins des armées qui devaient agir sur les frontières 2 ». Quelques jours plus tard, en transmettant ces pièces importantes au Comité de Salut public, le général en chef insista sur la pressante nécessité de pourvoir à l'approvisionnement de la direction, « surtout, disait-il, parce qu'il est très-difficile et souvent impossible, pendant deux ou trois mois, de faire arriver des charrois tels que ceux de l'artillerie dans les places des Hautes-Alpes ^ ».
A quelques temps de là, Doppet qui était entré dans Lyon, le 9 octobre, avec l'armée républicaine, était désigné pour aller remplacer Garteaux sous Toulon, livré aux Anglais le 28 août; le nouveau général en
1. Il est absolument inexact que le baron du Teil ait commandé l'artillerie sous les murs de Lyon; il n'a jamais repris de service de guerre sous la Révolution et s'est contenté de remplir ses fonctions d'inspecteur général.
2. Krebs el Moris, Pièces justificatives, n» 100, p. cxxix, d'après les Archives de la Guerre.
3. Lettre de Kellermann au ministre, 25 septembre. — Il y a lieu de noter ici l'établissement d'un arsenal de construction à Grenoble obtenu le 22 septembre 1793 par Hyacinthe-Camille Tesseire (1764 f 1842), qui avait été député dans ce but par la municipalité de cette ville auprès du Comité de Salut public.
l'armée des ALPES
chef de l'armée des Alpes venait précisément de quitter « Ville- Affranchie », le 30 octobre, pour un voyage d'inspection dans les départements du Mont-Blanc et de risère; le lendemain, informé de sa nouvelle destination, il écrivait de Ghambéry au ministre qu'il allait passer par Grenoble afin « d'y arrêter, avec le chef de l'artillerie, des arrangements pour faire partir des canonniers pour Toulon* ».
Le l*'^ novembre, 11 brumaire 1793, Gassendi, devenu directeur de Téquipage d'artillerie de l'armée d'Italie et député par les représentants du peuple sous Toulon pour explorer les places des Alpes et y prendre le matériel nécessaire , arrivait à Grenoble avec l'état détaillé des objets qui manquaient à l'équipage de siège. Le lendemain, du Teil l'aîné, « vu l'urgence du siège et les réquisitions des représentants », examinait, avec cet officier, la situation de toutes les places de son département afin d'en tirer ce qui pourrait l'être pour le moment '^, tout en prévenant qu'il serait indispensable d'opérer le remplacement de ces objets pour que la frontière fût en état de défense au printemps suivant ^,
i. Archives historiques de la Guerre.