L'ARTILLERIE AU SIÈGE DE TOULON
Avant de quitter le chef-lieu de Tlsère, Doppet écrivait au ministre, le 14 brumaire (4 novembre) : « J'ai emmené avec moi le citoyen du Teil, cadet, général d'artillerie : ses talents et son civisme nous seront bien utiles vis-à-vis de Toulon ». En effet, la prise de Lyon et la présence de son frère aîné à Grenoble rendaient les services du chevalier du Teil superflus à l'armée des Alpes, aussi avait-il été nommé, le 31 octobre ^, commandant de Tartillerie de l'armée devant Toulon. Bonaparte, provisoirement chargé de ces fonctions, avait d'ailleurs démontré lui-même au Comité de Salut public la nécessité d'envoyer sous les
1. Etats des services de Jean du Teil : comme on va le voir par la lettre de du Teil à Bouchotte, le ministre et les représentants du peuple pensèrent simultanément à Jean du Teil pour commander l'artillerie sous Toulon. Ce fait, joint à l'opinion avantageuse que Barras avait de ce général, prouve qu'il jouissait alors d'une grande réputation i
murs de cette place un général appartenant à la même arme que lui^
Deux jours plus tard, Jean du Teil était à Avignon d'où il écrivait le 16 Brumaire, 6 novembre, la lettre suivante à Bouchotte :
« J'attendois vos ordres pour aller prendre le commandement de l'artillerie de l'armée de la Mozelle que que vous m'avez déféré, lorsque les représentants du peuple et le général Doppet - m'ont donné une marque de confiance que mon zèle justifiera sûrement, si ma trop faible santé n'y met pas d'obstacles. Ils ont désiré me voir à la tête de l'artillerie qui doit réduire les rebelles de Toulon; cette importante mission avait bien de quoi séduire un républicain qui a à cœur la gloire de nos armes et le salut de la patrie. Ma vie, leur ay-je dit, est à la République, elle ne peut plus l'ignorer, disposez de ses restes. Je suis parti de Grenoble le 10 du deuxième mois^ et je marche avec le représentant Albitte ^ et le général Doppet ^ sur
1. « La première mesure que je vous proposerai sera de faire venir à l'armée, pour commander VartiUcric^ un «général de Tartillerie qui puisse, même par son grade, contribuer à la considération et imposer à un tas d'iji^norants de l'État-major avec lesquels il faut toujours capituler et dogmatiser pour détruire leurs préjugés et mettre à exécution ce que la théorie et l'expérience ont démontré comme des axiomes à tout officier éclairé du corps ». — Bonaparte au Comité de Salut public, 25 octobre 93, 4 brumaire an II ; correspondance de l'empereur, t. I, p. 2.
2. Du Teil, au dire de Doppet, était un excellent et ancien officier.