Archives historiques de la guerre
2. Thomas-Auguste de Gasparin, 1758 f 1703, ancien capitaine d'infanterie ; ses fils furent légataires de Napoléon I*"".
3. Christophe Saliceti, 1757 f 1809, originaire de Bastia, conventionnel.
4. Archives historiques ; ce ne furent donc pas, (comme on le dit dans le Mémorial de Sainte-Hélène p. 80), les notes que les comités de Paris trouvèrent aux bureaux de la Guerre sur le compte de Napoléon qui le firent choisir pour commander l'artillerie sous Toulon,
donnée le 18 août par les représentants Albitte et Nioche ^ aux mesures prises par Carteaux « pour ouvrir à main armée, à cause des rebelles qui infestent les chemins, une route ' par laquelle il répond de faire parvenir à leur destination les convois de l'armée d'Italie ».
C'est vraisemblablement le 17 septembre que Bonaparte entra ofRciellement en fonctions 3; dès le lendemain , il envoyait ses instructions :
n Au citoyen Gassendi, lieutenant-colonel d'artillerie à Nice ^.
« Ollioules, près du Beausset, le 18 septembre 1793.
« Le général vient de donner les ordres, mon cher camarade, pour que vous vous portiez en toute dili-
i . Pierre-Claude Nioche, 1751 f 1828, conventionnel.
%. Cette route ne serait-elle pas celle suivie par la 3« compagnie du 4« régiment d'artillerie qui, partie d'Avignon, fut le 8 septembre à Orgon, le 9 à Lambesc, le 10 à Aix et le 11 à Trets, où elle séjourna le 42? Elle devait arriver le 21 à Antibes. Comment ne pas remarquer la coïncidence qui existe entre la date du séjour à Trets et celle de l'arrivée présumée de Bonaparte sous Toulon?
3. Bonaparte a dû arriver sous Toulon avant cette date; il y fut le 12, d'après M. Masson, II 478, (Mémoire pour servir à l'histoire de France sous Napoléon, I, ii) ; de Coston commet une erreur manifeste quand il fixe cette date au 22; I, 26^. — Très certainement il s'entendit avec Dommartin qui ne (juitta le Beausset que le 21, d'après une lettre écrite par ce dernier à sa mère le 23 : « Le quartier général ayant été transporté à Ollioules môme, village sans ressources, j'ai pris le parti, le 21, de me faire ramener à Marseille ».
4. Cette lettre, capitale pour fixer la date où Bonaparte prit le commandement de l'artillerie sous Toulon, avait été com-
gence à Marseille afin de travailler à la formation de l'équipage de siège.
« Notre camarade Muiron^ qui y est, me fait des envois si mal réglés que je n'y puis mettre ordre dès qu'ils sont arrivés.
« Je vous prie de nVapporter tous les effets que j'ai laissés à Nice, ce ne doit pas être grand chose, je serai bien aise de vous voir et d'avoir occasion de travailler avec vous.
« Pellegrin ^ doit aussi venir, vous pourrez prendre la poste ensemble.
« Si vous pouvez me procurer un bon garde magasin et un bon conducteur de charroi, faites leur prendre la poste, qu'ils viennent ici, ils seront employés avantageusement.
« Je vous prie de ne pas m'oublier auprès de Dujard^; dites-lui que j'ai écrit à Paris par un courrier
muniquée par M™*' Marey, née Gassendi, à la commission chargée de la publication de la correspondance de l'Empereur; elleXttt supprimée par ordre de Napoléon III en juin 1857. La copie authentique en est conservée aux archives de la Guerre, collection Napoléon.
1. Jean-Baptiste Muiron, 1774 f 1706, lieutenant le 1" septembre 1792; tué à Arcole, colonel, aide-de-carap de Bonaparte.
2. Joseph Pellegrin, né en 1762, lieutenant au i'' régiment d'artillerie le 11 septembre 1793; général de brigade 1813.
3. Il est vraisemblable que cette lettre était relative aux besoins du siège, car on trouve dans la correspondance de FEmpereur, I, 11, un état signé Dujard relatif à des bouches à feu et munitions de guerre fournies par Nice et Antibes. Un maréchal de France dira de Dujard, à propos du rôle joué par cet officier en 1794 : « Un vieux général d'artillerie, nommé Dujard, était en possession du commandement en chef; malgré son peu de capacité, on ne voulut pas lui enlever le poste qu'il
que les représentans ont envoyé, afin d'avoir l'état qu'il désire ; je lui ai écrit longuement il y a deux jours. « Mes compliments à Feutrier K
« Buonaparte ».
« P. -S. Ma compagnie doit être partie. »
Mais laissons la parole au représentant Saliceti qui disait, dans une lettre du 26 septembre ^, au Comité du Salut public : « Dommartin blessé nous avait laissé sans chef d'artillerie. Le hasard nous servit à merveille : nous arrêtâmes le citoyen Buonaparte, capitaine instruit qui allait à l'armée d'Italie, et nous lui ordonnâmes de remplacer Dommartin. Tout était prêt le mardi soir (17 septembre). Pendant la nuit de mardi à mercredi, le capitaine Buonaparte établit sa batterie à la Guarène au-dessus des Poudrières... » — Ici il faut ouvrir une parenthèse, car le nouveau commandant de l'artillerie n'avait pas dû tracer la batterie de la Montagne : une réquisition adressée le 16 septembre à la municipalité de Six -Fours lui enjoint de fournir sur le champ trente travailleurs, munis de pelles et de pioches, « pour être employés par le citoyen Mathieu, capitaine d'artillerie à la
occupait... » Cette citation n'est rapportée ici que pour établir le parti pris de traiter tous les supérieurs de Napoléon à cette époque de vieillards incapables ; voir ci-dessous, p. 411.
1. François-Claude-Joachim de Faultrier, depuis directeur général des parcs des armées d'Italie et d'Egypte , général de brigade 1799.
2. Recueil des actes du Comité de Salut public, F. -A. Aulard, t. VII, p. 79 et 80.
redoute construite près la Côte* ». — «Dans la nuit de jeudi au vendredi, poursuit Saliceti, il établit une nouvelle batterie à Brégaillon, tout à fait sous la chapelle, au bord de la mer, pour écarter tout à fait les vaisseaux de cette partie de la rade : il y réussit parfaitement malgré le feu terrible de toute l'escadre... » En effet, l'axe de la première redoute de la Montagne était dirigé vers Toulon; Bonaparte reconnut aussitôt la nécessité de lui adosser une seconde batterie, dite des Sans-Culottes, orientée vers la redoute anglaise et le fort de l'Aiguillette ; elle fut construite entre la chapelle et la mer, par la 17® compagnie volante, alors commandée par Desprès-, capitaine en second 3.
Nous eûmes bientôt en batterie de ce côté ^ deux pièces de 24 à la Montagne et aux Sans-Culottes la fameuse coule vrine de 44, trois pièces de 24 et deux mortiers marins; on .y ajouta plus tard deux pièces de 36 ^. Le reste de notre canon était en batterie sur le grand chemin où dès le 19 septembre Ton construisait des épaulements ^' qu'il fallait réparer le i®'" octobre :