Aulard, VII
de deux pièces de 24 et de deux de 16 et, pour battre le cap Brun, de deux pièces de ce dernier calibre, avec deux pièces de 12 et deux mortiers de 12 pouces. Cet unique renseignement, dû à Bonaparte ^ semble indiquer que les deux principales redoutes de Lapoype avaient été élevées au-dessus du fort Sainte-Marguerite et à l'extrémité méridionale du Thouars, près du Collet de Gipon, au-dessus de la rivière de TEygoutier alîn de pouvoir battre simultanément le cap Brun et le fort La Malgue ; en dehors de Sainte-Marguerite, les premières positions occupées se trouvaient sur le Thouars, près et à l'ouest de La Garde ; à Baudouvin, derrière La Valette et sur les premiers escarpements de la montagne de Coudon, dans la direction des forts du Faron ; dans le voisinage et à l'ouest du château de Tourris , de manière à enfiler le Pas de la Masque par lequel le Faron était accessible du côté septentrional ; depuis, un poste avait été établi près du Las, en amont de Dardenne, pour ruiner sans doute le retranchement qui descendait du Faron dans la direction du fort Pomets, sur la rive gauche du Las. Deux dernières positions avaient été prises enfin de l'autre côté de ce cours d'eau, pour battre le fort Pomets et la redoute d'André, sur le revers oriental du val des Gonds, à Monvallon, et auprès du Cap Gros, à Fouest du hameau des Pomets ^. Sugny rendit de ce
4. État envoyé par Bonaparte à Dupin le 2i frimaire, 11 décembre ; c'est la seule trace saisissable d'un rapport entre les commandants en second de l'artillerie des deux divisions.
2. Voir la carte anglaise : Geometrical survey of the environs of Toulon, William Faden, geograph to the king may 1794; le
côté de réels services; aussi, nommé chef de bataillon par les représentants du peuple à Tarmée d'Italie le 15 juin 1793, fut-il élevé au grade de chef de brigade par Barras dès le 28 frimaire an II*.
Cependant, du côté de la division principale, les travaux étaient poussés avec la plus grande activité : les batteries de la Convention, de la Farinièreet de la Poudrière recevaient de nouvelles pièces, on réparait celle des Sans-Culottes; les quatre principales batteries, dirigées contre la grande redoute du Caire, faisaient par leur feu taire celui de l'ennemi; aux Quatre-Moulins et aux Sablettes, on avait tiré, d'une part, cinquante coups et, de l'autre, quatrevingt-seize ; des Jacobins, soixante bombes avaient été lancées; en deuxième position, la canonnade avait été plus violente encore : des Hommes-sans-peur, le plus grand effet avait été produit par cinquante coups de canon et cinquante bombes ; enfin la batterie nouvelle, voisine de La Seyne, qui reprendra le nom de Républicains-du-Midi, était construite et allait commencer à recevoir ses armements : dans la nuit du 24 au 2d^, on dépêcha l'ordre suivant au lieutenant d'artillerie Vermot qui y commandait :
plan en français intitulé : Plan et carte des environs de Toulon dans l'état où tout se trouvait avant la reprise par les Français, à l'époque du 16 au 17 décembre 1793; ce document semble d'origine étrangère, car il porte une fleur de lys comme rose
des vents.
i. Lettre de Barras au Comité de Salut public, 28 frimairé ;
Aulard, IX, 509. «, . , r- •
2. Un travailleur fut tué dans la nuit du 23 au 24 à la h an-
nière.
3 Bulletin du 23 au 24; voir le fac-similé.
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<( 25 frimaire an 2.
« Le commandant de la batterie des Républicains est prévenu que ce soir à 4 heures après midi l'on commencera à cannoner et que cela ne doit point empêcher les travailleurs de continuer leur ouvrage. « A neuf heures, le feu aura cessé et l'on mènera les pièces en Batterie.
« Buonaparte, (c Duteil cadet * . »
La canonnade reprit donc le 2o, à quatre heures du soir, favorisant l'achèvement de la dernière batterie, dite des Chasse-coquins, qu'attendait sans doute la batterie des Républicains pour commencer son tir; le 26, à deux heures et demie, ces deux redoutes ouvrirent leur feu contre le fort Mulgrave et le continuèrent jusqu'au lendemain matin; de l'aveu même des Anglais, « les ouvrages souffrirent beaucoup -, le nombre d'hommes tués et mis hors de combat était considérable, le tems était pluvieux et la fatigue qui en résultait grande » .
Le 27 à deux heures du matin, le fort lui-même