‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 245 sur 284 · On a parlé de sa postérité, p. 310, note · texte numérisé non relu

On a parlé de sa postérité, p. 310, note

LA TERREUR

suivant. Il entra dans l'administration des forêts où il parvint au grade d'Inspecteur général : ses services distingués lui valurent le brevet de chevalier de la Légion d'honneur le 31 juillet 1823 (rang du 28 avril 1821), et celui d'officier, le 5 avril 1828 (rang du 6 décembre 1827). A la mort de M. de Wendel ^ il fut élu, le l'^'' juin 1825, député de Thionville; réélu le 17 novembre 1827, il siégea jusqu'en 1830. Par lettres patentes des 14 avril et 24 octobre 1820, le roi Louis XVIII lui avait accordé le titre héréditaire de baron. Il mourut le 28 décembre 1842", et sa postérité masculine est aujourd'hui représentée par le baron Xavier du Teil et ses deux neveux.

Lorsque Claude et Gésaire du Teil vinrent prendre rang dans l'armée de Condé, ils n'y trouvèrent plus

1 . François-Charles de Wendel, député de Thionville, décédé le 11 mars 1825; il avait épousé, le 6 février 1804, Marie- Françoise-Joséphine Fischer de Dicourt, flUe du lieutenantcolonel de la garde nationale de Metz, voir p. 298.

2. 11 avait épousé, le 23 septembre 1797, Marie-Thérèse de Wayde, qui lui donna : 1° un fils qui suit, et trois filles : 2« Anne- Ilenrietle-Aimée , alliée à Charles-César du Teil, son cousin germain (p. 440, note 2); 3» Eulalie-Victorine, mariée à Antoine- Dominique-Eugène Lanty dont, entre autres enfants, MM. Albert et Ernest Lanty, généraux de division et gouverneurs de Toul et de Verdun, aujourd'hui en retraite, et enfin 4« Louise, décédée sans alliance le 10 octobre 1876. — Joseph-Henri-Césaire, baron du Teil, se maria, le 24 janvier 1826, à Aimée-Louise- Caroline, marquise de Gestas de Lespéroux, et mourut, le 20 juin 1858, laissant deux fils : 1« Oscar, baron du Teil, décédé le 2 mai 1879, ayant épousé, le 12 août 1867, Anne-Marie F^alomo de Rivera y Batrès dont Louis, Jean et Marguerite du Teil; 2« Xavier, baron du Teil. Voir sur les Gestas, p. 34, note 1.

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UNE FAMILLE MILITAIBE

que leur plus jeune frère, Alexandre; Michel, le second tils du lieutenant général, avait été blessé mortellement à Berstheim, le 2 décembre 1793, dans les rangs du premier bataillon noble ^ : relevé sur le champ de bataille par son frère puîné, il le conjura de l'y abandonner pour « aller à son devoir ». Alexandre du ïeil continua de servir dans l'armée de Condé jusqu'au 27 avril 1795. Sous la Restauration il fut nommé, le 20 octobre 1816, chef d'Etat-major des gardes nationales de Saône-et-Loire et eut rang de colonel le l*^*" avril 1817 ; il reçut la croix de Saint- Louis le 25 avril 1821, et fut fait chevalier de la Légion d'honneur le 22 juin 1826; il mourut à Paris, le 20 août 1 854 '-. A l'occasion de ce triste événement, son fils unique, James, eut l'honneur de recevoir de M. le comte de Ghambord la belle lettre ^ que voici :

1. Voir notamment rHistoire de l'armée de Condé i)ar Billard des Portes; Paris, Dentu , 1 voL in-8, p. 145. Un Narbonne-Lara fut' tué au même bataillon : parmi les blessés figurèrent entre autres des représentants des familles de Maistre, de Barras, de Bon, d'IIédouville, des Cars, de Bonnet, etc.

2. Il avait épousé, ainsi qu'on l'a vu p. 26, n. 1, Françoise de Jouslard d'Yversay dont : 1" Pierre-Alexandre-James; 2° Eulalie-Aglaé-Lydie, mariée, le 19 mai 1824, à Anatole-Jean- Bapliste-Augustin de Guillebon, alors lieutenant au 30*^ régiment de ligne; 3" Joséphine-Clémence, alliée, le 3 juin 1830, à Eugène-Louis-Joseph, comte de Buisserel, décédé colonel du l'"^ régiment de Chasseurs à cheval et commandeur de la Légion d'honneur; 4» Charlotle-Clotilde-Flavie, qui épousa, le 24 novembre 1830, Rieul Godart de Bellengreville.

3. Elle fut transmise à M. du Teil, le 3 octobre, par le duc de I-évis.

Le Baron Alexandue du TEIL

LA TERRErR

(( A Monsieur le baron James du Teil.

(( Frohsdorf, le l*'"' octobre ISoi.

(( Ne doutez pas, mon cher du Teil, de la part bien vive que je prends à votre affliction fdiale. Je perds moi-même dans celui que vous pleurez un de mes meilleurs amis et la cause que nous servons un de ses plus loyaux et de ses plus constants défenseurs. A ce doul)le titre je ne puis que m'associer bien sincèrement à vos profonds et si justes regrets. Héritier de tous les sentiments de votre noble père, et comme lui gardien fidèle des saintes traditions du dévouement et de rhonneur, vous vous ferez gloire à votre tour de les transmettre religieusement k vos enfants. Sovez dans cette triste circonstance, auprès de tous les vôtres, l'interprète de mes douloureuses sympathies, et recevez la nouvelle assurance de toute mon

alïection.

« Henry. »

Le baron James du TeiU a laissé trois fds, Raymond, Georges et Joseph du Teil, qui aujourd'hui représentent cette branche.

Maintenant qu'il a été dit un mot des trois fds du

1. Le l)aron James du Teil, chevalier de Malte de minorité, ancien membre du conseil de l'ordre du Barreau de Paris, est mort le 24 mai 1875; il avait épousé, le 4 juin 1851, Joséphine- Maria Cliarles de Nonjon, décédée le 10 février 1894, et mère des trois fils cités et dune fdle, Marie-Thérèse du Teil, aujourd'hui M"»*' Henry de Maynard de la Glaye.

lieutenant général du Teil qui lui ont survécu, il convient de parler ici de la seconde victime que la Terreur devait faire dans la famille, en la personne de la baronne Claude du Teil, née de Berbis. Nous l'avons laissée au château de Pommier, au moment où Claude du Teil se rendait à Lyon, en juillet 1793, dans le but d'aller à Saint-Etienne remplir la mission dont son père l'avait chargé. Dès que Lyon fut pris, ^mc (Ju Teil s'y précipita, à la recherche de son mari qui, proscrit, se rendait de son coté chez son père afin d'y chercher un refuge : il ne tarda pas sans doute à apprendre que sa femme était dans cette ville, mais il ne put l'y rejoindre, car c'eût été se perdre avec elle : ils auraient été immédiatement trahis et seraient devenus la proie de la vengeance terroriste ; elle-même se trouva bientôt dans l'impossibilité de revenir sur ses pas.

Deux mois plus tard, après avoir escorté un convoi sous Toulon et s'être fait délivrer à Gap, le 12 frimaire, un certificat de civisme ^ il accourut auprès de sa femme et eut la consolation de recevoir dans ses bras le quatrième fds- qu'elle lui donna le 21 frimaire, il décembre; se croyant dorénavant à l'abri de tout soupçon, il commit même l'imprudence d'aller décla-

i. Voir page 359.

2. Charles-César, ancien garde du corps de S. M. Louis XYIII, fut capitaine de dragons et reçut la croix de la Légion d'honneur après la campagne d'Espagne ; il épousa sa cousine germaine, Anne-Henriette-Aiméc ; leur postérité masculine est actuellement éteinte; deux de leurs fds, Maurice et Albin, engagés l'un au i«' régiment de Spahis, l'autre au l*"* régiment de tirailleurs indigènes, moururent en Africpie.

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LA TERREUR

rer à la mairie de Lyon la naissance de son enfant. Mais bientôt, contrairement à ses prévisions, l'attention était attirée sur lui et il se trouvait dans la cruelle nécessité de s'éloigner de sa femme.

Dès qu'elle fut remise, après avoir fait porter son enfant à Pommier, M"'** du Teil se dirigea vers la Suisse, dans la pensée que son mari avait dû s'y retirer : quelques jours plus tard elle était arrêtée à Pontarlier avec sa femme de chambre, Catherine Zola *, qui ne consentit jamais à se séparer d'elle. Prévenues toutes deux « d'avoir conspiré contre la liberté et la souveraineté du peuple français », elles furent traînées, de prétoire en prétoire, jusqu'à Paris où elles furent traduites devant le tribunal révolutionnaire.

« La femme Duteil, dit dans son rapport le trop célèbre Fouquier -, accusateur public, cherchait à émigrer lorsqu'elle fut arrêtée à Pontarlier ; bien qu'il fût défendu à tout noble d'approcher de la frontière, elle fut trouvée dans cette ville sans passe-port, avec une somme considérable d'assignats, des bijoux et diamants d'un grand prix , preuve qu'elle cherchait à passer à l'ennemi pour aider de sa fortune ses complots criminels; Zola, arrêtée avec elle, avait un passe-port lui permettant d'aller à Salin, prétendait qu'elle allait voir une parente qui ne demeurait plus à Salin, mais à Pontarlier, et n'a pu dire le nom de cette parente.

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