‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 244 sur 284 · Kouché, Laporte et Méaulle, représentants du peuple · texte numérisé non relu

Kouché, Laporte et Méaulle, représentants du peuple

J. DU Tkil. — Une famille militaire. **

VNE FAMILLE -MILITAIKE

LA TEUKELB

aiïaires et pris part à cinq expéditions ; simple lieutenant, il avait contribué à la défense de Bitche en 1744; plus tard, pendant la campagne de i7(i0, il avait sauvé Marbour^- ; commandant de l'école d'Auxonne pendant onze ans, il y avait instruit successivement quatre régiments d'artillerie, ceux de Strasbourg, d'xVuxonne, de Besancon et de La Fère; comme il avait été quatre ans lieutenant-colonel du régiment de ïoul et qu'après, inspecteur général du sixième département, il eut sous ses ordres le régiment de Grenoble, devenu le quatrième régiment d'artillerie, les jeunes officiers de son arme qui allaient faire toutes les campagnes de la Révolution avaient, pour la plupart, servi sous lui; le plus illustre de tous, l'empereur Napoléon ^^ se souvenait encore à Sainte-Hélène, le 24 avril 1821, delà sollicitude dont l'avait entouré, de 1788 à 1792, cet excellent et ancien officier, lorsqu'il dicta ce codicille : a Nous léguons aux fils ou petits-fds du Baron du Theil, lieutenant général d'artillerie, ancien seigneur de Saint- André, qui a commandé l'école d'Auxonne avant la révolution, la somme de cent mille francs, comme souvenir de reconnaissance pour les soins que ce brave général a pris de nous lorsque nous étions comme lieutenant et capitaine sous ses ordres * ».

Le jour même du transfert du lieutenant général du Teil aux Carmélites, le gendarme de garde auprès de lui, nommé Corsin, reçut l'ordre u de se transporter

1 Enreoistié à Paris le 31 ianvicr 1822, folio 96, 2", C 6, par Courapied%t déposé pour minute chez M° Jean Bertrand, suivant acte du 4 avril suivant.

au domicile du condamné pour garder tous ses effets, et d'empêcher (|ue rien ne soit enlevé et que personne ne touche aux papiers qui peuvent être renfermés chez lui ». Le 12 ventôse, 2 mars, la commission militaire écrivait au ministre de la justice pour l'aviser de la confiscation des biens de du Teil, quoiqu'on n'eût (( point trouvé mention de cette peine dans le code pénal militaire et la collection des lois envoyées par le ministre de la guerre ». Cette disposition arbitraire fut prise simplement « en vertu du décret qui soumet à cette mesure tous les contre -révolutionnaires ». Le général avait en sa possession deux chevaux de selle et deux chevaux de carrosse : « comme ces animaux mangeaient chaque jour des rations sans rien rapporter », on les fit vendre promptement dans l'intérêt du bien public.

Le 8 ventôse, l'on avait fait arrêter ^ le troisième fils de du Teil - qui avait accompagné son père à Lyon ; après interrogatoire , on le fit conduire au général Declaye pour qu'il lui donnât l'ordre de rejoindre le quartier général ^ : c'est ainsi que Césaire du Teil eut le douloureux honneur d'accompagner son père au supplice, sous un déguisement.

La mort tragique du général du Teil enleva à ses deux fils, Claude et Césaire, qui étaient venus le rejoindre

1. On arrêta simultanément les deux domestiques du «général qui, vraisemblablement, furent relâchés.

2. Comme son frère aîné, il était accouru à Pommier aussitôt après le siège de Lyon ; voir plus haut, p. 358.

3. Tous ces détails, comme ceux qui précèdent, sont tirés du registre n" 3 de la commission militaire. Archives du Rhône, LR, d2.

UNE FAMILLE MILlTAlHË

dans l'intention de reprendre leur place auprès de lui, l'idée qu'ils avaient eue de porter les armes dans les troupes françaises ; ils ne songèrent plus qu'à venger leur père, et rejoignirent leur dernier frère à l'armée de Gondé où ils servirent en 1794; ils rentrèrent en France, l'année suivante, pour coopérer au rassemblement armé dans le Forez et dans le Vivarais : cette attitude leur valut des mandats d'amener du Directoire auxquels ils échappèrent grâce au général

Montchoisy*.

Le baron Claude du Teil, qui avait été nommé chevalier de Saint-Louis en 1791, comme aide-decamp du commandeur de BufTévent, reçut la retraite de chef de bataillon le 16 mars 1816 ; il fut un instant question de le nommer au grade honorifique de maréchal de camp que sa mort prématurée, survenue le 9 novembre 1822, l'empêcha peut-être

d'obtenir 2.

Gésaire du Teil reçut la croix de Saint-Louis dès le 5 octobre 1814; le 25 septembre 1815, il fut mis à la suite du corps royal d'artillerie, avec le grade de capitaine, à dater du 28 mars 1793; affecté, comme capitaine en premier, au régiment de Valence, le 25 avril 1816, il donna sa démission le 6 février 1817 et reçut Tépaulette de chef de bataillon le 6 mars

i Louis-Antoine, baron de Montchoisy, lieutenant «,-énéral ; il commanda à Lyon jusqu'au 18 fructidor an V, 4 septembre 4797, et fut accusé devant le Conseil des Cinq-Cents, par le député Ghabert, d'avoir, dans la pacification de la région, favorisé les royalistes.

Page 1