Archives de l'artillerie, 7. D. 6; postérieur é
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MEMOIRE SUR L INUTILITE DES DRAPEAUX DU CORPS ROYAL ET DES FUSILS DONT IL EST ARME.
... L'arme primitive de l'infanterie est le fusil, le sabre celle de la cavalerie et le canon celle de l'artillerie...
Les drapeaux ne conviennent qu'aux troupes qui combattent en masse, c'est avec eux que ces troupes bien ordonnées marchent à la gloire. Le service de l'artillerie exigeant que ce corps soit divisé, c'est son canon qui doit lui tenir lieu de drapeau et sa bonne exécution qui doit faire son unique objet...
Examinons maintenant l'usage que l'artillerie fait de ses fusils pendant la guerre, soit dans les sièges, soit dans les batailles. Dans le premier cas les canonniers n'ont jamais été armés dans les batteries...
Dans la guerre de campagne, obligé de suivre la rapidité des mouvemens de l'infanterie, le canonnier chargé d'un fusil en bandoullière, d'une giberne et des munitions qu'elle renferme, d'un sabre et d'une bricole, peut-il, ainsy surchargé, servir et faire mouvoir les pièces...
La tactique ayant fait quelques progrès, les troupes étant devenues plus mobiles et plus manœuvrières, elles ne
PIÈCES JUSTIFICATIVES
PIÈCES JUSTIFICATIVES
seront plus... aussy stables dans leurs positions qu'elles Tétoient autrefois, ce qui permettoit aux canonniers de se débarasser de leur fusil, de leur g^iberne et même de leur habit, pour pouvoir servir leurs pièces...
L'expérience a plus d'une fois prouvé dira-t-on que les canonniers armés de leurs fusils, ont sauvez l'artillerie dans les marches... Ce fait ne prouve rien... observant d'ailleurs que l'artillerie ne marchoit anciennement que sur une colonne ^.. Mais aujourd'hui ces inconvéniens n'auront pas lieu parce que... elle marchera sur plusieurs colonnes lesquelles seront couvertes par celles de l'infanterie...
Cette réforme ne diminue rien de la force des armées et le corps de Tartillerie n'en peut être que plus instruit, car il est évident que le temps qu'ils emploient à l'entretien et à l'exercice du fusil, quelque simple qu'il soit, ne laisse pas de les occuper beaucoup trop...
Dans toutes les raisons que j'ai données sur les embarras des drapeaux et l'inutilité des fusils dont est armé le corps royal, je n'ai pas cru nécessaire de citer les puissances étrangères qui nous avoisinent dont l'artillerie n'a ni drapeaux, ni fusils...
Le chevalier du Teil.
se placerait dans une poche de cuir mol, entre les plis de l'habit... je soumets cette idée aux lumières de M. de Gribeauval, qui plus que personne est en état de l'apprécier * .
1. Archives de l'artillerie, 4. F. 55; vers 1785. — La progression qui se fit jour dans l'esprit du chevalier du Teil, au sujet de l'armement des soldats de l'artillerie, est assez curieuse : il commence par désirer les débarrasser de la bayonnette qui les encombrait beaucoup, puisqu'ils avaient un sabre : dans ce but, il propose en 1768 de faire rentrer la bayonnette dans le canon du fusil comme dans un fourreau; postérieurement, il préconise l'usage d'un mousqueton sans bayonnette et, finalement, il met en avant l'emploi du pistolet.
Nota. On propose de donner au corps de l'artillerie un pistolet de demy arçon pendant de gauche à droite et qui
1. « C'est seulement à l'armée de M. le Maréchal de Broglie, la dernière guerre, que l'artillerie a commencé à marcher sur plusieurs colonnes, aussi, depuis cette époque, n'a-t-on pas entendu dire qu'elle ait été attaquée dans ses marches et obligée de se défendre elle-même » ; note du chevalier du Teil qui avait été nommé, le 25 juin 1778, premier aide-major de l'équipage d'artillerie de l'armée de Broglie.
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