‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 262 sur 284 · CONTRE LE SABRE DE LA CAVALERIE · texte numérisé non relu

CONTRE LE SABRE DE LA CAVALERIE

« C'est le choc et non le sabre qui renverse et désunit ». Tel est... le sentiment universel quant à l'action phisique. Quant au moral, on est assès d'accord de croire que c'est l'ébranlement impétueux d'une ligne ou d'une colonne de cavalerie, son accélération de vitesse, son tumulte imposant et l'effet que ce bruit effrayant imprime au soldat qui le déconcertent...

Si c'est le choc qui renverse, si la cavalerie bat plutôt en effrayant qu'en répandant du sang, si dans une charge la vitesse et l'ordre font plus que la trempe des armes, pourquoi surcharger inutilement l'infanterie de calottes et d'épaulettes de fer. . ,

Ne prenons donc plus la fiction pour la réalité, opposons à ce choc prétendu si redoutable une disposition solide et capable de résister, un feu d'artillerie et d'infanterie bien combiné et terrible. . . Telle est la disposition que Ton a présentée au Ministre et à MM. les Inspecteurs qui com-

PIÈCES JUSTIFICATIVES

posoient le comité et qui a mérité leur suffrage *. Telle est enfin la manière d'opposer l'effort à l'effort.

Il nous reste à examiner le mécanisme du sabre et à faire voir combien son effet est peu à craindre quant à l'effet de taille ; très peu de personnes ont connaissance du point où se trouve placé, sur la lame de nos sabres, le centre de percussion 2. . . dans le tumulte d'un combat il est bien difficile pour un cavalier agité par son cheval, contre un ennemi qui l'est aussi, de frapper dans ce point unique et seul capable de produire quelque effet. . . Ce qui fait voir que l'on est bien convaincu de ce que nous venons de dire, c'est qu'il est généralement reçu dans la cavalerie de faire usage de la pointe de préférence au coup de sabre. . . alors les calottes et les épaulettes de fer deviendront inutiles.

L'inutilité de ces armes défensives est suffisamment prouvée par l'expérience et l'opinion des officiers éclairés aussi bien que par l'exemple de toutes les puissances de l'Europe qui ne les ont pas adoptées.

Le chevalier du Teil 3.

1. Cet ouvrage intitulé : « Manœuvres d'Infanterie pour résister û la Cavalerie et l'attaquer avec succès » a ctc imprime en 1781. Présenté au ministre et au Comité de MM. les Inspecteurs en 1782 par le chevalier Du Teil, major du régiment de Toul... aujourd'hui lieutenant colonel du régiment de Metz: note de l'auteur.

2. «... Si la lame d'un sabre pouvoit être regardée comme un fil de métal qui tourne sur l'une de ses extrémités, son centre de percussion seroit constamment éloigné de l'axe de rotation d'une quantité égale aux deux tiers de sa longueur; mais on ne sauroit compter sur ce principe en considérant la vraie forme et l'usage de ces armes, il semble plutôt que la position du centre de gravité y est très-variable : elle dépend de l'épaisseur plus ou moins uniforme de la lame, de la masse de la poignée et des axes de rotation qui se multiplient aux différentes jointures du bras et de la main... »>; note de l'auteur.

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