ECOLE
d'auxonne
(relatif à la création d'une bibliothèque et d'un laboratoire de chimie.)
Dans la position... de l'École à Auxonne, il s'af^it de prévoir au manque de ressource pour l'occupation et Tinstruction de l'officier. . .
Il s'agirait donc, comme je l'ai proposé à M*" de Gomer à ses deux inspections de 1780 à 1781, de former une bibliothèque militaire qui ne laissât rien à désirer tant en livres de sciences sur les parties militaires quen livres historiques relatifs, avec une collection de mémoires, autant que l'on pourra s'en procurer, des atlas complets, des cartes particulières des pays qui ont coutume d'être le théâtre des guerres, les plans des places de l'rance, et ceux de celles des pays étrangers, tant que l'on pourra s'en procurer, tous ces objets sont essentiels au travail que Ton peut donner sur les équipages de siège et sur l'attaque et défense des places... etc. Je me propose d'asseoir cette bibliothèque vis-à-vis la salle de dessin, d'y avoir un bibliothécaire qui délivrerait les livres dont il serait chargé. Il y aura table, papier, encre, plumes et feu en
PIÈCES JUSTIFICATIVES
hiver; et là chacun fera les recherches qu'il lui plaira ou que la nécessité exigera, selon le travail que le commandant aura donné à remplir.
Je me propose encore d'établir au rez-de-chaussée, visà-vis la salle de mathématiques un laboratoire de chymie oii Ton traitera par théorie et par procédés les parties qui ont rapport à la métallurgie ; on y fera une collection de minéraux relative ; voilà une idée succincte des projets de cet établissement. Pour l'exécution de l'une et de l'autre partie il faut dans une même personne un bibliothécaire et un chimiste manipulateur ; on sait où le prendre. Il conviendrait que le professeur de mathématiques s'adonnât à la théorie de cette partie et alors on passerait en toutes choses de la théorie à la pratique. Les officiers pour lors, n'ayant d'autre dissipation *, se donneraient tout entiers à cette partie ; on leur en ferait naître le goût par l'occupation que l'on exigerait d'eux qui les mènerait à la nécessité des expériences.
11 serait à désirer que dans les six ou sept écoles il y en eût deux où l'on exerçât la chymie et deux où l'on démontrât la physique expérimentale. Au reste rien ne peut se faire sans secours pécuniaires, sans des ordres donnés pour ces établissemens, afin qu'ils soient fixes et non exposés à être renversés par le premier commandant d'Ecole qui surviendra. On fournira tous les détails que Ton pourra exiger et même les moyens de subvenir aux frais de cet établissement, sans demander des fonds au ministre. AAuxonne, le 19 septembre 1781 ^.