Depuis régiment de Metz
3. Louis-Charles-Claude Andrey, chevalier de Fontenay, lieutenant général 1759.
4. Depuis régiment d'Auxonne, ou 6^ régiment d'artillerie à pied. — Son chef, André-Claude de Cosne fut brigadier d'infanterie en 1762. — Il y a lieu de croire que le bataillon ne fut définitivement organisé qu'à la fin de cette campagne ;
par ordonnance du i^"" janvier 1757 et avait été formé au moyen de détachements tirés des cinq premiers bataillons; Jean-Pierre du Teil, fils du cousin issu de germain de Jean-Ange, y servait comme capitaine en premier; Jean- Ange du Teil était premier capitaine factionnaire dans Menonville.
Le fait saillant de cette campagne fut la journée d'Hastenbeck qui eut pour résultat presque immédiat la prise d'Hameln; peu de batailles ont soulevé une polémique aussi ardente ; la conduite du maréchal d'Estrées fut vivement critiquée, notamment par le comte de Maillebois *, maréchal général des logis de Tarmée : de là échange entre ces généraux de brochures justificatives qui prolongèrent la querelle pendant une année entière. De toutes ces pièces il semble ressortir que le maréchal vainqueur se crut tourné à droite vers la fin de l'action, ce qui l'empêcha de poursuivre les alliés et de changer leur défaite en déroute. Mais ce qui est certain c'est que cette victoire « fut remportée par l'artillerie seule puisqu'il ne fut pas tiré un coup de fusil sur le front de bataille »; toute l'armée a fait au corps royal « l'honneur de l'affaire : M. le Maréchal le manda au Roy et ordonna qu'on le dît à l'ordre ».
La plupart des relations de la journée, écrites dans le but d'éclairer les points obscurs de l'action, insistent
pour la première fois, il entre en ligne avec Menonville et La Motte au camp d'Halberstadt, commandé par le maréchal de Richelieu, du 28 septembre au 5 novembre 1757.
1. Ives-Marie Desmarets, comte de Maillebois, né en 1715, lieutenant général 1748.
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BATAILLE D HASTE^BECK
particulièrement sur l'attaque de Chevert^, dirigée sur des bois où les ennemis appuyaient leur gauche, parce qu'il y eut là quelques hésitations dans notre victoire et que les escadrons ennemis qui effrayèrent le maréchal firent leur apparition de ce côté : si l'on veut voir les opérations sous leur véritable aspect, il n'y a qu'à s'en rapporter aux récits rédigés avant l'ouverture de toute discussion ; tel est celui qui se dégage du bulletin envoyé le 28 juillet par le duc de Broglie - au marquis de Paulmy ^ : le rôle joué dans la bataille par Jean-Ange du Teil, simple capitaine, fut réellement prépondérant.
Lettre du duc de Broglie au marquis de Paulmy.
« Au camp de Kleinbarkel, le 28 juillet 1757.
« J'ay eii l'honneur de vous rendre compte. Monsieur, de tout ce qui s'est passé dans cette réserve jusqu'au 23 de ce mois, et des mouvemens des ennemis, dont la position où je me trouvois me donnoit une connoissance très-exacte, voyant leur camp dans toute son étendue, et les deux débouchés qu'ils avoient, l'un sur Hanovre et l'autre sur Hamelen ; je voyois aussy de mes fenêtres la ville d'Hamelen.
1. François de Chevert, 1695 f 1769, lieutenant général 1748.
2. Victor-François, duc de Broglie, 1718 f 1804, maréchal de France 1759.
3. Antoine-René de Voyer d'Argenson, marquis de Paulmy, 1722 t 1787, ministre de la guerre 1757-1758.
« Le 24, M. le marquis de Contades * parut à 4 heures du matin sur les hauteurs de Frinx avec un détachement considérable, et les occupa ; à son arrivée les ennemis replièrent les postes de cavalerie qu'ils avoient dans la plaine en avant des bois, et les firent repasser derrière les hauteurs; les campemens et les colonnes de M. le Maréchal parurent quelques heures après ; les ennemis battirent la générale, toute leur armée prit les armes, leur infanterie se posta dans les bois qui regardent la plaine de Frinx, et leur cavalerie vint se mettre en bataille derrière, faisant face au Wezer, ayant sa gauche vers Hozen, et sa droite près le village de Tundern.
« M. le Maréchal ne jugea pas à propos de les faire attaquer en arrivant, et sans connoître leur position, et l'intérieur des bois qui bordent ces hauteurs. Il ordonna que l'armée campât, et il vint avec très peu de suite reconnoître les derrières de ces hauteurs du lieu où je m'étois déjà porté plusieurs fois, et où je le conduisis.
<( Il me chargea de faire observer exactement les mouvemensdes ennemis, et je laissay pour cela M. de Béville mon ayde de camp qui y étoit déjà depuis trois jours, et m'en donnoit des nouvelles d'heure en heure.
« Ils ne parurent en faire aucun pendant la journée, mais vers les 8 heures i/2, M. de Béville crut s'apercevoir qu'ils faisoient des dispositions pour se
1. Georges-Érasme, marquis de Contades, 1704 -j- 1795, maréchal de France 1758.
retirer. Il revint m'en avertir, et je Tenvoyai sur le champ en rendre compte à M. le Maréchal.
« Il me manda en réponse à une heure après minuit de me porter avec ma réserve aux gués que j'avois reconnus entre Tundern et Hozen, d'y passer le Wezer et de suivre T arrière-garde des ennemis, et il me prévint en même temps que M" d'Armentières * et de Chevert alloient recevoir des ordres pour marcher chacun de leur côté.
« Je fis partir sur le champ M. le G*^ Destourmelle 2, maréchal de camp, avec 8 compagnies de grenadiers, 300 volontaires de Danfernet, 300 volontaires que j'avois donnés à M. de La Chaize l'aîné, capitaine dans Poitou, excellent officier, 200 hussarts, 200 chevaux et 200 dragons avec 4 pièces de canon, pour précéder la réserve qui suivit de très près. Des qu'elle fut en marche, je suivis le détachement et je le rejoignis au gué de Tundern qu'il passa, les volontaires et les grenadiers en croupe de la cavalerie et des dragons.
« Dès qu'il y eut quelques hussarts de passés, je me portai en avant du village de Tundern et, le brouillard commençant à se dissiper, je vis toute l'armée des ennemis qui, marchant par sa droite, gagnoit le village d'Afferté, et alloit entrer dans le défilé qui conduit à Hanovre. Un autre détachement à la tête duquel étoit M. le Maréchal déboucha aussy en même temps
1. Louis de Conflans, marquis d'Armentières, 1711 -1-1774, maréchal de France 1768.
2. Louis-Auguste, marquis d'Estourmel du Fretoy, maréchal de camp 1748.
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des montagnes. Cela engagea les ennemis à faire halte, et un moment après ils remarchèrent par leur gauche, et allèrent se placer la gauche aux montagnes couvertes de bois, et la droite à un escarpement assez considérable bordé d'un ruisseau, et dans une partie d'un marais et d'un étang. Toute leur armée vint s'y former sur trois lignes, dont les deux premières de cavalerie et la troisième d'infanterie.
« Cette réserve passa le Weser au gué de Tundern et les brigades de Poitou et de Royal-Suédois se jettèrent à l'eau avec beaucoup de vivacité, quoiqu'ils en eussent jusqu'à la poitrine.
« M. le Maréchal envoya chercher son armée ; mais comme elle ne put être arrivée avant cinq heures du soir, il remit au lendemain à attaquer, et la journée se passa en quelques canonades peu meurtrières de chaque côté, étant tirées d'assez loin.
<( Le lendemain à la pointe du jour M. le Maréchal envoya chercher tous les lieutenants généraux et leur communiqua sa disposition, par laquelle M. de Chevert devait être chargé de l'attaque des hauteurs et des bois derrière la gauche des ennemis ; M. d'Armentières de voit marcher à sa gauche pour le même objet avec quelques brigades d'infanterie, soutenues de M. de Chevreuse * avec 3 régiments de dragons à pied. M. de Contades devoit longer les bois, et passer entre les hauteurs et le village d'Hastembeck, et moy, avec ma réserve, j'étois destiné à faire la gauche
i. Marie-Charles-Louis d'Albert de Luynes, duc de Chevreuse, 1717 f 1771, lieutenant général 1748.
de Tarmée, à passer à la gauche du village d'Hastembeck, et à côtoyer l'escarpement auquel les ennemis étaient appuyés, en y plaçant ma gauche : et, comme il faut tout prévoir, en cas de retraite, j'étois chargé d'aller occuper les hauteurs au dessus du défilé d'Hozen, et de favoriser celle de toute la cavalerie de la gauche et de l'artillerie. M. le Maréchal me donna 28 pièces de canon, dont 8 de huit, pour placer sur un plateau en deçà du village d'Hastembeck très -favorable pour incommoder les ennemis. Dès qu'un brouillard très épais fut dissipé environ vers sept heures, la batterie de 8 pièces de huit commandée par M. du Teil qui étoit tout à fait à ma gauche commença à tirer, elle fut vivement attaquée par une batterie de 8 ou 9 pièces de 12, que les ennemis avoient dans la plaine, à la gauche par rapport à nous du village d'Hastembeck, et par une autre qui étoit placée à la gauche des ennemis près du bois qui prenoit la notre en rouage.
« Cela n'empêcha pas M. du Teil de faire beaucoup de mal aux ennemis, et cette batterie fut servie avec un courage, une vivacité et un succès qui a mérité l'admiration de toute l'armée. Comme elle étoit assez maltraitée, M. le Chevalier de Fontenay avança pour la soutenir M. Desgrieux avec les 10 pièces de 4 longues attachées à cette réserve, pour tirer sur la batterie du bois qui luy faisoit le plus de mal, ce dont M. Desgrieux s'acquitta avec tout le courage, et le succès possible.
« Vers les 9 heures, l'attaque de M. de Chevert commença, le feu fut pendant quelque temps assez vif, les ennemis plièrent, et l'infanterie qui devoit longer le bois, et attaquer la batterie, s'y étant portée
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quelque temps après, elle fut emportée. On dirigea alors toutes les colonnes entre bois et le village dans un terrain assez serré, celle que formoit cette réserve eut ordre de passer entre celle des grenadiers de France, et celle du régiment du Roy. Toutes ces colonnes arrivèrent en bon ordre et en même temps à la droite du village d'Hastembeck, où elles essuyèrent un feu assez vif de canon pendant quelque temps, dont quelques coups à cartouches des pièces de régiments hessois qui étoient au-dessus, que notre artillerie obligea de s'éloigner.
« Dans le moment on entendit dans le bois où étoit au commencement de l'affaire la gauche des ennemis, une fusillade assez vive, et on s'apperçut que leshanovriens avoient occupé de nouveau les crêtes de la montagne. Gela engagea M. le Maréchal à faire une disposition pour les attaquer, ils se replièrent dans les bois, et le reste de l'armée des ennemis profita de ce moment pour s'éloigner.
« M. le Maréchal suivit ensuite leur arrière-garde avec plusieurs brigades d'infanterie et de cavalerie, mais il ne pût l'entamer. Il fit coucher l'armée sur le champ de bataille, et renvoya cette réserve dans son camp de Gronde , d'où il lui ordonna de partir hier pour venir où elle est campée, la gauche tirant vers le village de Gross-Barkel, et la droite à un escarpement du Wezer, au dessus du village d'Ohr. Du camp on voit Hamelen ; hier en arrivant je plaçai des postes à la demi-portée de fusil de la barrière, et qui découvroient jusqu'au pied tout ce qui est dans le chemin couvert. Gette place est mauvaise et très-dominée, et
ne pouvoit tenir longtemps; elle a capitulé aujourd'hui.
« Je dois vous rendre compte, Monsieur, de la façon distinguée dont M" du Teil, Desgrieux et Desaleux, officiers du Gorps Royal, se sont conduits dans cette affaire, ainsi que tous les officiers de ce corps. C'est une justice que je leur rends avec bien du plaisir. Les troupes de cette réserve se sont très bien présentées, et à leur contenance il y a lieu de croire qu'elles auroient fait de bonne besogne.
« Je crois que M. d'Armentières viendra après demain prendre le commandement de cette réserve, je vous instruirai de son arrivée par une lettre particulière, à laquelle j'espère que vous trouvères bon que je joigne un mémoire de quelques grâces que j'aurai l'honneur de vous demander pour des officiers que j'ay employés, et qui le méritent par la façon dont ils ont servi. J'ay celuy d'être avec un très sincère et parfait attachement, Monsieur, votre très humble et très
obéissant serviteur.
« Le duc de Broglie. »
« Il y a eu à cette réserve 38 hommes tués et 36 blessés*. »
Le 7 août le ministre répondait au commandant de notre réserve : « Tout ce que vous me mandez est
i. Ministère de la guerre, volume 3436, juillet 1757, n° 157. — On trouvera aux pièces justificatives une lettre du chevalier de Tourny à son père sur Hastenbeck, fort élogieuse aussi pour Jean-Ange du Teil.
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exposé avec beaucoup de netteté, je vous remercie d'avoir bien voulu m'en informer... » La conduite du capitaine du Teil à Hastenbeck lui valut quatre cents livres de pension et le ran^ de lieutenant-colonel dans son corps où il s'était créé ainsi une situation exceptionnelle ; sa mort prématurée ne lui permit pas d'en profiter, mais il eut du moins la satisfaction de recevoir de tous ses chefs hiérarchiques, le duc de Broglie, le maréchal d'Estrées et le marquis de Crémilles, adjoint au ministre de la guerre, des marques personnelles d'estime les plus flatteuses dont les trois lettres qui suivent donnent un précieux témoignage :
« A Bremen, ce 31 janvier 1758.
<( Vous me rendez, Monsieur, unejusticequime flate beaucoup, en comptant sur mes sentimens. Ce que je vous ay vu faire le jour d'Hasteinbeck m'a inspiré pour vous une forte estime, dont je désirerois fort de vous donner des preuves. Je vous prie de croire que j'en saisirai toutes les occasions avec empressement et que j'ay l'honneur d'être plus parfaitement que personne, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
« Le duc de Broglie. »
« M. du Teil, lieutenant-colonel au corps royal à Saint-Diez. »
« Le 15 août à Vesel.
« Je n'ay fait que rendre justice. Monsieur, à la manière distinguée avec laquelle vous avez servi le
jour de la bataille d'Hastenbeck : tout votre corps mérite les mêmes éloges : je souhaiterois pouvoir vous prouver particulièrement le cas que je fais d'un aussi bon officier que vous; j'ay l'honneur d'être très-parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
« L. M. Destrées. »
« M. du Teil, lieutenant -colonel au corps royal, bataillon de Menonville, à l'armée de Westphalie. »
« A Versailles, le 4 juillet 1758.
« La distinction avec laquelle vous vous êtes comporté, Monsieur, dans les différentes occasions où le service étoit intéressé, et entre autres à la bataille d^Hastembeck, a engagé le Roy à vous accorder une pension de 400 1. sur le trésor Royal; je vous annonce cette grâce avec d'autant plus de plaisir que je suis persuadé qu'elle vous excitera à soutenir la bonne opinion que vous avés donnée de votre zèle jusqu'à
présent.
(( Je suis très parfaitement. Monsieur, votre très
humble et très obéissant serviteur.
« Crémilles ^ »
1. Louis-Hyacinthe Boyer de Crémilles, 4700 f 4768, lieutenant général 1748, adjoint au maréchal de Belle-lsle, au ministère de la guerre, 1758-1761 ; il eut la direction générale en chef de l'artillerie, la direction et l'administration générale de l'hôtel des Invalides et la surintendance de l'École royale militaire, de 1761 à 1762.
Au 29 décembre 1757, pendant que le bataillon de Menonville prenait ses quartiers d'hiver à Kirchen, celui de Gosne se rendait à Brunswick : en avril 1758 nous les retrouvons cantonnés à Wesel avec celui de la Motte ; tous trois font partie de l'armée de Mgr le comte de Glermont ; ils marchèrent avec les compagnies de mineurs Ghateaufer et Vigy, et les compagnies d'ouvriers Guille, Thomassin et la Mortière. L'équipage comprenait quatre-vingts pièces, six de 12, douze de 8, cinquante-six de 4 et six obusiers; il était commandé par MM. de Vallière, lieutenant général, de Fontenay, maréchal de camp, et Despictières \ brigadier : ce dernier ayant été promu maréchal de camp le 1" mai fut remplacé par de Mouy -.
Gette campagne nous fut absolument contraire; chassé de l'Electorat de Hanovre et de la rive droite du Rhin, le comte de Glermont se réfugia sur la rive gauche où le duc de Brunswick-^ le poursuivit avec succès. Surpris au moment où, campé dans la plaine de Grevelt, derrière une digue avec double fossé nommée landwehr, coupée par son ordre en six endroits défendus par des batteries, il s'apprêtait à faire déboucher son armée dont il comptait porter la droite à Grevelt et la gauche à la digue, en arrière de Saint-Antonius, le comte de Glermont dut se former
4. César Tachereau, chevalier Despictières, né en 1697, maréchal de camp 1758, inspecteur général 1759.
2. Pierre-François Ansard de Mouy, 1700 f 1771, inspecteur général 1761, lieutenant général 1765.