BATAILLON DE TORIGNY
on peut relever Glaude de Ghambaran, capitaine au régiment de La Baulme en 163o ; André de Ghambaran, premier capitaine, puis major au régiment de Gonty, en 1658; Jean-Ghristophe de Ghambaran, ancien capitaine au régiment de Ponthieu, chevalier de Saint-Louis ; Antoine, son frère, commandant de la ville de Vienne en 1761 et chevalier de Saint-Louis; Jean-Baptiste de Ghambaran, ancien lieutenant au régiment de Provence ; Benoît-Gharles et Etienne de Ghambaran, admis à l'Ecole royale militaire, le premier le 9 avril 1747 et le second le 12 septembre 1783. La sœur aînée de Marguerite, Antoinette de Ghambaran, s'était mariée, en 1719, à Agathange de Bufîévent*. Les trois fils issus de ce mariage, dont on retrouvera souvent les noms ici, fournirent une brillante carrière : Joseph-Louis-Marie, marquis de Bufîévent, ancien capitaine au régiment de Ghabo, cavalerie, devint lieutenant des maréchaux de France en Viennois ; Jean-Pierre-Marie, chevalier de Bufîévent, chevalier de Malte en 1756, ancien ofïicier au régiment Royal-Vaisseaux, fut fait maréchal de camp en 1784 et sous-gouverneur des ducs d'Angoulême et de Berry ; enfin Joseph, comte de Bufîévent, lieutenant-colonel au régiment de Lorraine, eut la lieutenance de roi à Mézières.
En 1723, du Teil était nommé premier lieutenant : à quelque temps de là, il était envoyé à Perpignan avec son frère : « Nous avons beaucoup perdu en
1. Suivant contrat post-nuptial du 21 juillet, reçu par Fillion, notaire à la Côte,
quittant Grenoble, écrivait-il de la Côte-Saint-André, le 25 décembre 1724, à son cousin de Berlue, nous espérons pourtant d y revenir... Bien des compliments à tous nos amis. N'oubliez pas le R. P. du Teil, notre oncle. Nous sommes icy depuis le mois d'aoust, nous contons de nous en retourner dans le mois d'avril à Perpignan. » En effet, depuis la mort de son beaupère*, survenue le 17 janvier 1723, François du Teil possédait, aux environs de la Gôte-Saint-André , les deux domaines de Pommier, dont l'administration exigeait souvent sa présence en Dauphiné ; aussi devait-il regretter doublement son éloignement. Il avait confié la gestion de ses affaires en Provence à Augustin de Berlue dès 1723 : « Je n'ay aucune nouvelle k vous apprendre de ce pays, lui mandait-il de Perpignan le 2 mai 1727 ; tout le monde croit qu'il ne sera point question de guerre. » C'était à l'époque où une flotte française partie de Brest, sous le marquis d'O ^, était venue faire, dans la Méditerranée, une démonstration qui précéda la signature des préliminaires de paix arrêtés à Paris, le 31 mai, entre la France, l'Autriche, l'Angleterre et la Hollande.
Ce fut seulement en 1 729 que François du Teil dut revenir définitivement à Grenoble; en effet, à cette date, fut supprimée l'Ecole d'artillerie de Perpignan
1. Testament réciproque de Jean-Joseph de Chambaran et d'Anne du Vache ; Fillion, notaire, 23 décembre 1722; la terre d'Arzay fut léguée à M™« du Teil par sa mère, suivant un codicille du 17 septembre 1728.
2. Gabriel-Claude, marquis d'O,. f 1728, lieutenant général çjes ç^rmées navales,
BATAILLON DE LA BORIE
qui fut remplacée par celle de Besançon ; le bataillon de Torigny qui était sous les ordres de M. de Villas depuis le 25 septembre 1728 passa, le 10 décembre 1730, sous ceux de M. de La Borie ^ précédemment major du bataillon de La Pérelle : ce fut à cet excellent officier que revint l'honneur de commander le corps en Italie pendant toute la guerre de la succession de Pologne-. Jean-Pierre du Teil, fils aîné de François, né en 1722, avait rejoint son père comme volontaire, dès le mois de mars 1731, pour briguer l'une des deux places de cadets qui existaient dans chacune des huit compagnies de tout bataillon de Royal-Artillerie.
Dès les premiers jours d'octobre 1733, quarante bataillons, soixante escadrons et quarante pièces de campagne étaient rassemblés sur les frontières du Dauphiné ; l'équipage ^ ne partit que le l***" novembre de Grenoble, précédé par le bataillon^ qui, suivant le marquis de Maillebois^, se rendit à Briançon par la petite route « qui est si radicalement détruite en plusieurs parties, par les deux débordements de la
1. Il avait sous lui de Marsay (depuis commandant de bataillon), major, et de Morangles, aide-major.