BATAILLON DE TORIGNY
Gèrent à tirer que le 5 juin, lorsqu'elles furent toutes en état : dès le lendemain, du Teil était blessé ; dans la nuit du 15 au 16, les brèches furent rendues praticables et, au jour, l'on attaqua la demi-lune* : le 17, la garnison espagnole battit la chamade. Ce siège coûtait au bataillon Royal-Artillerie deux hommes tués et sept blessés : du Teil de Beaumont fut le seul officier du corps atteint.
Lors de la réorganisation du régiment Royal- Artillerie, du Teil fut versé dans le troisième bataillon, commandé par M. de Torigny; ce corps avait pour major M. d'Artigues, et pour capitaines MM. de Villas, de Marsay, de Clinchamp, Miègemont, Chaumance, Gaudechart et Voislin : plusieurs devinrent d'excellents ofliciers.
Le nouveau bataillon fut envoyé à Grenoble où une école d'artillerie avait été établie ; les cours en étaient suivis concurremment par les officiers d'artillerie et ceux du régiment Royal-Artillerie ^ : « Ce qui étoit digne d'admiration, dit à ce propos un lieutenant général, c'étoit de voir que, tout-à-coup, un nombre d'officiers aussy considérable que l'étoit celuy qui se trouvoit à chacune de ces cinq écoles, dont presque tous avoient fait la guerre et étoient déjà d'un certain âge, dont le plus grand nombre n'avoient point d'études et dont quelques uns portoient déjà lunettes et plusieurs chevaliers de Saint-Louis, s'appliquoient avec beaucoup plus de docilité que les enfants et
i. Mémoires du maréchal de Berwick écrits par lui-même ; Paris, Moutard, 1780, 2 vol. in-12, t. II, p. 300 et suivantes. 2. Mémoires de Le Pelletier, p. 37.
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écoliers de collège. Tous zélés par l'émulation de s'avancer en tems de paix par cette voie de science en géométrie comme les ordonnances l'annonçoient... Les examens avec des notes du progrès de chacun qu'on envoïoit à la cour tous les mois étoient les grands mobiles de ce zèle. On ne s'appliquoit pas seulement aux mathématiques, mais aussy à l'artillerie, au dessin, à la physique, sur laquelle on avoit établi des espèces de conférences sous le titre d'académie, ainsi que sur l'attaque et la défense des places, à lever des plans, enfin à la construction des mines. » C'est à Grenoble que François du Teil fut présenté à M"« Marguerite de Ghambaran qu'il épousa * en 1722; elle était lîUe de Jean-Joseph de Ghambaran et de Jeanne du Vache ; si sa famille maternelle appartenait à la noblesse de robe du Dauphiné, sa famille paternelle était certainement militaire : François de Ghambaran, seigneur d'Arzay, son troisième aïeul, avait été homme d'armes dans la compagnie du maréchal de Brissac ; autre François de Ghambaran, son aïeul, servant au ban et arrière-ban des nobles de la province du Dauphiné, avait assisté à la prise de Turin, en 1640, et semble avoir été le dernier capitaine-châtelain de Pommier ; dans une autre branche
1. Le contrat de mariage n'a pu être retrouvé, mais, suivant le testament de Jean-Joseph de Ghambaran, du 23 décembre 1722, M°»« du Teil deBeaumont avait reçu en dot la jouissance de la terre d'Arzay qui appartenait de toute ancienneté aux Ghambaran ; M. du Teil avait en propre la terri de Saint- Martin de Beaumont. possédée par sa famille depuis 1543, et la maison des Tirany à Forcalquier, biens qu'il aliéna lorsqu'il se ûxa définitivement en Dauphiné.