Guerre, Correspondance
duisoient une balle, amorçoient, donnoient un coup de crosse à terre et tiroient ' » : telle fut la manœuvre des cinq bataillons de la brigade de Picardie '.
Le 49 septembre, nous fîmes payer cher aux ennemis le moment de panique qu'ils nous avaient causé à la Secchia le 15. Sur le champ de bataille de Guastalla, quatre brigades d'artillerie entrèrent en ligne et jouèrent un rôle important ; à cette affaire, nos ennemis se servirent de mortiers pour lancer des obus qui firent ce jour-là leur apparition ; de notre côté, une batterie de huit ou dix pièces de 4, sous les ordres de M. de Clugny ^, placée à notre gauche et soutenue par le régiment de Champagne, commençait à manquer de boulets et diminuait son feu : les ennemis s'en apercevant résolurent de s'emparer des canons qui les avaient arrêtés jusque-là et de repousser les troupes qui les défendaient ; ils s'avancèrent donc en bon ordre et d'un pas précipité, presque assurés du succès : mais, à leur approche, l'un de nos officiers d'artillerie courut à la caisse de balles que l'on mettait ordinairement avec les boulets, les pièces furent promptement chargées d'une quantité suffisante de ces projectiles qui, tirés de fort près, produisirent un effet si meurtrier que les Allemands prirent la fuite ^.