‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 45 sur 284 · Jean-Louis Bondois de Fontenay, maréchal de camp · texte numérisé non relu

Jean-Louis Bondois de Fontenay, maréchal de camp

3. Le lieutenant général de Saint-Auban, alors aide-major de l'équipage, eut à supporter la même épreuve ; « Il se trans-

UNE FAxMILLE MILITAIRE

BATAILLON DE FONTENAY

En mai 1743, les troupes qui revenaient de Bohème firent des efforts surprenants pour se reconstituer et entrer en ligne durant la campagne qui allait s'ouvrir. Marchant avec le bataillon de Bréande, celui de Fontenaj fit toute la campagne de 1743 sur le Main; l'équipage était commandé par M. de Vallière qui avait sous lui MM. de La Roche-Aymon, Bailly, du Gravier et de Vallière fils ^ A la bataille de Dettingen, Fontenay servit les quarante pièces de canon, placées sur la rive gauche du Main -, qui prirent en flanc les Anglo-Autrichiens et faillirent nous assurer la victoire 3. Jean-Pierre du Teil , qui avait la charge de son frère Alexis, encore souffrant des suites de la retraite de Prague, et de son frère Jérôme, arrivé au

porta à Metz pour se faire traiter de son pied gelé qui exigeoit les plus prompts secours : en effet, pour peu qu'ils eussent été différés, l'amputation devenoit indispensable ; il n'échappa même à cette cruelle extrémité que par l'habileté du chirurgien-major de l'hôpital de cette ville, et en souffrant constamment la douloureuse opération de se voir décharner à diverses reprises tous les nerfs et les muscles du pied. » — Mémoire de Saint-Auban, t. II.

1. Campagne de M. le maréchal de Noailles en l'année 1743 ; Journal du chevalier de Malbez, commissaire d'artillerie, publié par Joseph du Teil, Paris, Picard, 1892, 1 vol. in-12, p. 57.

2. Le bataillon de Bréande (|ui prit part à l'action de l'autre côté du Main eut un lieutenant blessé, deux soldats tués, trente blessés; Campagne de M. le maréchal de Noailles, en Allemagne l'an 1743, Amsterdam, Rey 1760 ; 2 vol. in-12, t. I, p. 258.

3. « Notre artillerie... a été très-bien servie, les ordres et les soins de M. de Vallière ayant été extrêmement bien secondés n; de Noailles au roi, 29 juin ; Campagne de Noailles, I, 240,

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corps le i" mai, avait obtenu l'autorisation de rester à Metz et ne rejoignit l'armée qu'après cette affaire ; ce fut d'ailleurs dans cette ville que le bataillon vint prendre ses quartiers d'hiver * avec le bataillon de Valenceau : le 9 novembre, du Teil était nommé lieutenant en second de canonniers.

Le 13 mars 1741, on retrouve Fontenay en garnison à Metz : il était destiné à l'armée de la Moselle que devait commander le duc d'Harcourt. Ce général emmena avec lui un gros détachement du bataillon ; le reste fournit aux besoins de toutes les places de la Meuse, de la Ghiers, de la Moselle, de la Sarre et de la Lorraine, dans toute l'étendue du commandement du maréchal de Belle-Isle. Au commencement d'août, Fontenay était de retour sur le Rhin, après avoir contribué à la défense des hauteurs de Saverne, du 30 au 31 juillet, puis à la prise de cette place, aussitôt abandonnée, le 13 août ; le 23 et le 24 août, il participait à l'attaque des retranchements de Sufflenheim, sous le chevalier de Belle-lsle^, et d'Auenheim, avec M. de Low^endaP. Ces deux actions permirent aux

i. Campagne de M. le maréchal duc de Coigny en Allemagne l'an 1743; Amsterdam, Rey, 1768, 3 vol, in-12, t. III, p. 107.

2. Louis-Charles-Armand Foucquet, chevalier, puis comte de Belle-Isle, 1693 f 1747, lieutenant général 1742.

3. Woldemar, comte de Lowendal, 1700 f 1755, maréchal de France 1746. Elisabeth-Constance-Marie, comtesse de Lowendal, sa fille, mariée à Lancelot, comte de Turpin- Crissé, lieutenant général, fut mère d'Angélique-Rose-Madeleine-Adélaïde ; celte dernière épousa, le 4 octobre 1784, François-Marie-Joseph, vicomte de Carondelet, cousin issu de germain du comte Eugène de Buisseret, fils d'Anne-Marie- Louise-Josèphe de Carondelet, allié à Clémence du Teil.

BATAILLON DE FONTENAY

maréchaux de Noailles et de Coigny d'occuper Fort-Louis où les ennemis avaient repassé le Rhin. Alexis et Jérôme du Teil furent à toutes ces allaires. Quant à Jean-Pierre du Teil, il reçut commission du maréchal de Belle-Isle « de s'aller jeter avec vingtcinq canonniers dans le château de Bitche investi par les ennemis ». En effet, au commencement de mai, le maréchal de Coigny demandait qu'on envoyât une garnison dans cette place pour qu'il pût en retirer les deux bataillons de Brancas qui s'y trouvaient et faisaient partie de son armée; le 10 mai, il réclamait pour Bitche un détachement d'artillerie, afin de faire passer ailleurs les hommes du bataillon de Pumbecque ^ qu'il y avait : c'est k ce moment que du Teil fut chargé de les aller remplacer. Dès le 18 mai, M. de Bombelles - qui commandait à Bitche s'inquiétait de voir l'Orne, la Bleis et la Sarre complètement dégarnies et craignait que les partisans qu'on signalait dans le voisinage de Heidelberg ne passassent le Rhin pour soumettre tout ce pays à une honteuse contribution. H vint même à Metz pour s'entendre avec le maréchal de Belle-Isle au sujet des précautions à prendre ^ : on fit rompre tous les gués de la

haute Sarre, jusqu'à Sarrelouis, et l'on mit aux trois principales portes de la ville des consignes « pour se rendre compte de tout ce qui entrait et sortait dans une place qui méritait plus d'attention que jamais ».

L'éventualité qu'on prévoyait ne tarda pas à se présenter : le 1*"" juillet, l'armée ennemie franchit le Rhin ; le 9 et le 10, Belle-Isle écrivait à Coigny : « Je ne doute pas que vous n'ayez donné des ordres pour jetter quelques troupes du côté de Bitche *, car, outre que ce poste couvre toute la gauche de la Montre, il ouvrirait en même temps la porte de toutes les Vosges et de la Lorraine allemande jusqu'à Sarrebourg : j'ai eu l'honneur de vous représenter par mes dernières lettres qu'il n'y avoit dans Bitche que 18 compagnies de milice. ...Comme Bitche est la clef également de l'Alsace, comme de la Lorraine, et qu'il est bien important de maintenir ce poste jusqu'à ce que nous redevenions les maîtres de la campagne, M. de Bombelles me mande que les miliciens qu'il a sont si eiîarés qu'il lui faudroit au moins 200 grenadiers ou bons soldats avec quoy il seroit content pour tenir ses postes avancés et donner l'exemple aux autres. »

C'est dans ces conditions que du Teil entra dans la

i. Alexandre-Eugène de l'Echaute de Pumbecque, maréchal de camp, i748.

2. Henri-François, comte de Bombelles, f 4760, lieutenant général 1744; commandant à Bitche le 11 juin 1740.

3. Le 18 mai Antoine-Martin de Chaumonl, marquis de la Galaisière, garde des sceaux et intendant de Lorraine et Barrois, assurait les communications entre Metz et Bitche, le long de la Sarre, en y établissant quatre chevaux d'ordonnance et deux guides : les Etangs, Boulay, Forbach, Sarreguemines

et Grossrheindiirkheim ; au-delà de Bitche, Metz se reliait à Phalsbourg par Étain, Conflans et Château-Salins. L'une des filles du marquis de la Galaisière épousa le comte de BufTévent ; ses sœurs s'allièrent dans les maisons d'Escayrac- Lauture et de Beaumont d'Autichamp.

1 . Tout danger ne cessa pour cette place que par l'arrivée du régiment de Saintonge ainsi que le mandait M. de Bombelles au maréchal de Belle-Isle le 31 juillet; Campagne de Coigny, p. 174, III, 130.

i'NE FAMILLE MILITAIRE

place dont il mit Tartillerie en état de défense et cela sans perdre un homme.

Louis XV était venu à Metz, le 4 août, pour aller de là prendre le commandement de ses troupes en Alsace; on sait qu'il tomba malade dans cette ville le 8 et qu'il faillit y mourir : il ne fut considéré comme sauvé que le 19. Pendant la convalescence, on fit, dès le 1^'' septembre, des préparatifs pour le siège de Fribourg où M. de Vallière commanda l'artillerie, ayant sous ses ordres MM. de la Roche-Aymon et de Malézieux; le 22 septembre, les bataillons de Pumbecque et de Gaudechart étaient avec le parc d'artillerie 1 près de Saint-Georges ; ils ne furent rejoints qu'au commencement d'octobre par le bataillon de Fontenay qui avait été employé à Metz à la garde du roi. Le feu s'ouvrit devant la place le 0 octobre et bientôt quarante-deux canons et vingt-cinq mortiers étaient en batterie ; le corps de l'artillerie et le régiment Royal-Artillerie furent fort éprouvés pendant cette opération; leurs pertes qu'on ne connaît que du 22 septembre au 9 octobre s'élevèrent à cinq ofRciers tués : MM. de Beauvincourt et de Meslée, du corps, et de Gosne, de Gassan, Raymond et de la Peyrade, du régiment, et à trois blessés : MM. de Rochefort, Gilbert et Ducrot. Suivant les registres domestiques de la famille du Teil, c'est à ce siège que Jean-Pierre, frère puîné de François et oncle des trois officiers du bataillon de Fontenay,

1. Avec 86 pièces, les compagnies de mineurs de Lorme et d'ouvriers de Saint- Vallier.

bataiLloS' de foSténaV 9?

aurait été mortellement blessé. Après la prise de Fribourg et de ses châteaux i, les trois bataillons de Royal-Artillerie restèrent pendant l'hiver aux ordres du maréchal de Goigny.

En 1743, les bataillons de Richecourt^, de Fontenay et de Pumbecque passèrent à l'armée que le roi devait commander en Flandre ; la campagne s'ouvrit, le 26 avril, par l'investissement de Tournav, sous le duc d Harcourt : la tranchée fut ouverte, le 30, sous les yeux du maréchal de Saxe ; dès le 4 mai, soixante pièces étaient en batterie. Mais une armée, aux ordres du duc de Gumberland, marchait au secours de la place : le roi arriva, le 8, devant Tournay pour prendre le commandement de ses troupes. Le maréchal de Saxe avait déjà donné des ordres pour le lendemain; soixante bouches à feu devaient être réparties sur notre ligne comme il suit :

Dans les deux redoutes du bois de Bary 3. 8 pièces

Aux fours à chaux ^ 8 »

Au centre , première division 4 »

A la butte sablonneuse 4 »

A la censé des Mottes 6 »

Au château de Rumilly 4 »

A la tête de Normandie 4 »

Aux ordres de M. de Lowendal 8 »

'ni

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