Ou Cuddalore, défendue par le fort Saint-David
commandant, et 4 ou 5 de nous avec leur troupe. M. de Lally les mena avec lui ; l'on détacha les vaisseaux le Comte de Provence et la Diligente ^ , îrégsiie^ pour porter toutes les troupes à terre ; nous restâmes quatre dont Jérôme en est un. L'escadre mouilla, c'està-dire jeta l'ancre devant ce fort 2 ; sur les huit heures du matin, l'on découvrit du haut des mâts neuf vaisseaux ^ de guerre qui faisoient vent arrière sur nous.
« M. d'Aché, trop peu méfiant, s'embarrassa peu du vent, il leva l'ancre et fit signal de se ranger en bataille, ce que nous fîmes. Nous doutions que ce fussent les Anglois ; nous envoyâmes la Sylphide à la
\ . Venus de Pondichéry rejoindre l'escadre à l'Ile de France.
2. On mouilla devant Goudalour le 28 avril, dans la nuit. Chef d'escadre : comte d'Aché ; adjudant général : chevalier de Monteil ; vaisseaux du roi : le Zodiaque, 74 canons, capitaine de Gotho ; le Bien-Aimé, 68 canons, capitaine Bouvet cadet; le Vengeur, 54 canons, capitaine de Pallière-Christy ; le Duc (V Orléans, 54 canons, capitaine de Surville cadet ; le Condé, 44 canons, capitaine de Kerléro de Rosbo ; à la Compagnie : le Saint-Louis, 54 canons, capitaine de Surville; le Duc de Bourgogne, 50 canons, capitaine d'Après de Manevillette ; le Moras, 44 canons, capitaine de Becdelièvre ; le Comte de Provence, 74 canons, détaché, capitaine de La Chaise.
3. Amiral Pocock, chef d'escadre Stevens ; vaisseaux : le Yarmouth, 64 canons, 540 hommes d'équipage, capitaine Ilarrison ; VElisabeth, 64 canons, 490 hommes, capitaine Kempenfelt; le Cumberland, 56 canons, 520 hommes, capitaine Brereton ; le Weymouth, 60 canons, 420 hommes, capitaine Vincent; le Tigre, 50 cantons, 400 hommes, capitaine Latham ; le Newcastle, 50 canons, 380 hommes, capitaine Leppe, et le Salisbury, 50 canons, 300 hommes, capitaine Somerset; deux transports le Quensborough et le Protecteur, — Lawrence, I, 299.
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découverte ; les vaisseaux ne la virent pas plus tôt à portée qu'ils la saluèrent de dix coups de canon et arborèrent leur pavillon à poupe de leurs vaisseaux. Le commandant de notre escadre voulut serrer le vent, mais il n'étoit plus temps, il fallut en découdre. Les Anglois se présentèrent au mieux, nous les reçûmes de même ; le combat fut vif, les deux commandants faillirent s'aborder, mais TAnglois voyoit sortir un feu de mousqueterie si considérable qu'il ne voulut point mordre ; il fît tomber toute sa mauvaise humeur sur le vaisseau suivant, il faillit le couler bas ; c'est celui où Jérôme étoit. Le combat dura trois grandes heures, M. d'Aché avira un peu; les ennemis, qui en avoient leur compte ainsi que nous, ne demandèrent pas mieux, ils restèrent ferme sur le champ de bataille; ils s'attribuent, avec quelque espèce de raison, le gain de la journée. Nous jetâmes nos morts à la mer : ils se montent à 25 hommes et 35 blessés ; nous avons reçu dans la mâture du duc d^ Orléans sur lequel j'étois 9 coups de canon , dans le corps du vaisseau 97 et 4 à l'eau * ; ce vaisseau a tiré dans le combat G51 coups de canon et a été très-endommagé ; il a eu à faire tout le tems de l'action à un vaisseau de 64 canons portant du 3(), lui n'en portait que 54 et de 24 '^. Pendant la nuit
d. Les Anglais s'étaient attachés au corps des navires, Lawrence, 303.
2. « A six heures... les mâts, les vergues, les voiles et les agrès de rVarmouth^ de V Elisabeth^ du Tigre et du Salisbury, étoient si fort endommagés qu'ils ne purent se conserver en ligne avec les autres qui étaient à Tarrière-garde durant l'action...
nous perdîmes le Bien- Aimé, vaisseau de 68; il s'est par mégarde échoué ^ : il fît signal de secours toute la nuit, comme on étoit près de l'ennemi, on n'osa le secourir ; il se noya beaucoup de monde et les autres se sauvèrent comme ils purent. Nous nous étions préparés à une seconde reprise pendant la nuit, l'on avoit changé de voiles qui étoient criblées de coups ; nous eûmes nos peines de reste : ils ne parurent plus, nous avons ignoré quelle route ils ont tenu -.
« Nous sommes arrivés à Pondichéry le 8 mai ^ ; j'espérois qu'au bout de 100 jours et plus de navigation, je trouverois du repos : je me flattois mal à propos. Je n'eus pas le pied à terre qu'il fallut partir pour le siège de Goudalour ^ que nous avons pris au bout de 17 jours de tranchée^ ouverte; nous avons
ce que nous attribuâmes aux efforts que l'ennemi avoit faits pour nous démâter... Nous n'eûmes de notre côté que 29 hommes de tués et 30 blesses »... Lawrence, 301-303.