‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 62 sur 284 · Le 25 septembre · texte numérisé non relu

Le 25 septembre

pour les voyages d'outre-mer... Voilà quelle est notre situation : nous avions à l'Isle de France pour nous nourrir deux piastres par jour qui font 10 francs 12 sous par jour ; nous n'avons pu trouver une auberge pour ce prix, nous avons été obligés de rester au gouvernement en abandonnant les deux piastres : tu vois que, si nous étions forcés de nous nourrir, il ne nous resteroit rien; c'est assez t'ennuyer de nos misères, je veux te parler d'autre chose. J'écris à M. de Clinchamp * et lui mande toutes les nouvelles ; je le remercie de m'avoir donné l'idée de faire un journal, cela me donne de l'amusement et un passe-temps agréable, je le fais très exact, je dessine toutes les vues des isles que nous voyons ; les poissons extraordinaires n'y sont pas oubliés, j'en ai d'une beauté extraordinaire que j'ai empaillés... mais, cher frère, que de tems va s'écouler avant que tu puisses les voir; j'ai quelques coquilles et quelques fruits curieux, pour des armes, je n'en ai point encore... Jérôme a gagné sur ses pacotilles 63 louis ; je n'ai pas été si heureux ; le peu que j'ay s'est trouvé perdu, et, pour comble de disgrâce, j'ai acheté un noir qui me coûta 700 francs : il est mort dans la traversée de

1. Joseph-Albert, marquis de Clinchamp de Bellegarde, brigadier 1767, mort le 22 décembre 1774, à Grenoble dont il commandait Técole ; il avait constamment servi sous les mêmes chefs que MM. du Teil [(Torigny, La Borie, Soucy, Cosne, Mouy, Loyauté et Saint-Auban) ; Jacques- François- Théodore, son père, mort capitaine du régiment Royal-Artillerie, bataillon de Torigny à Perpignan en 1724, était le contemporain d'Ange du Teil.

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risle de Grande à l'Isle de France ; je ne doublerai pas mon argent, si je continue... »

« De Pondichéry, le 12 juin 1758.

« Mon très cher père,

« Nous mîmes à la voile le 26 de janvier 1758 ; je ne vous mande point tous les accidents qui nous sont arrivés, ni les vents contraires que nous avons trouvés ^; enfin après bien des allées et des venues, nous avons découvert la côte d'Asie qu'on nomme Coromandel, il nous fallut nous mettre en ordre de bataille ; nous avons navigué près de huit à dix jours ainsi, ce qui nous a retardés beaucoup; M. d'Aché reçut des nouvelles d un petit bâtiment hollandois par lequel on lui apprenoit qu'il n'y avoit aucun anglois sur la côte ; cela fit que nous marchions plus librement; à 15 lieues de Pondichéry, nous rencontrâmes deux frégates angloises 2 que nous obligeâmes d'échouer : les ennemis y mirent le feu dans le même moment de crainte que l'on ne s'en emparât ; après l'expédition, nous nous remîmes en route pour Pondichéry; M. de Lally, notre général, d'accord avec M. d'Aché, résolut de bloquer Gondelour, forteresse 3 appartenant aux Anglais, située sur la côte de Coromandel, au sud de Pondichéry; en conséquence l'on fit descendre les 2 compagnies de grenadiers du régiment de Lally, M. d'Urre, notre

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