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CAMPAGNES DÈS ISdÈS 148
du Teil , votre très humble et très obéissant serviteur.
« D'Urre. »
Mais Jean-Pierre du Teil, sans nouvelles de son frère, car la lettre du 17 septembre 1759 ne lui parvint qu'avec un retard considérable, apprenait indirectement le nouveau deuil qui le frappait encore et s'en plaignait à d'Urre :
(( De la Goste-Saint-André, en Dauphiné, ce 25 février 1761.
« Me voilà réduit, mon cher d'Urre, à l'affreux malheur d'avoir perdu l'autre de mes frères qui me restoit, c'est le bruit qui s'est répandu par plusieurs personnes qui venoient des Indes, car je n'ay eu de nouvelles directes de nulle part. Mais il faut bien que ce malheur me soit arrivé, n'ayant reçu aucune nouvelle de mon pauvre frère depuis le mois d'août 1759. Tout est à désespérer, j'ay perdu deux frères que j'aimois tendrement, que j'avois élevés, c'est un malheur affreux pour moy et pour mes enfans. Mais j'avois assez compté sur notre amitié, pourquoi ne m 'avez- vous pas fait celle de me donner avis de ce qui s 'é toit passé ?... »
On ne lira pas sans intérêt quelques extraits du testament d'Alexis du Teil qui , dicté à Pondichéry le 30 janvier 1760, dut être présenté à la compagnie des Indes par son légataire universel afin d'obtenir la liquidation de cette succession ; cette pièce porte l'empreinte d'un sentiment religieux et d'un esprit de
J. Dc Tbil, — Une famille militaire.
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famille qui font le plus grand honneur à ce malheureux officier :
(( Par devant le greffier en chef du conseil supérieur de Pondichéry, seul notaire audit lieu, fut présent messire François-Alexis du Teil de Beaumont, écuyer, capitaine au corps royal d'artillerie et du génie, trouvé dans une chambre de la maison de M. Porcher, donnant sur la rue des Capucins, gissant au lit malade de corps, toutes fois sain d'esprit, mémoire et entendement, ainsy qu'il est apparu au notaire soussigné, par ses discours et entretiens, lequel dans la vue de la mort et craignant d'en être prévenu sans avoir disposé du bien qu'il a acquis et qu'il a plu au seigneur de lui donner, a fait dicté et nommé son testament ainsy qu'il suit.
« Premièrement comme bon chrétien, catholique apostholique et romain a recommandé son âme à Dieu, le priant, par les mérites de Jésus-Christ son fils bien-aimé, de le recevoir au sortir de son corps et de l'admettre au nombre des bien heureux.
« Item ledit sieur testateur prie M. Durre de vouloir se charger de remettre ou faire remettre audit sieur son frère aîné une garniture de boutons de grenat montés en or, une bague et une chappe gravée en caractères maures
« Item ledit sieur testateur prie ledit sieur légataire universel susdésigné de faire célébrer en Dauphiné une grande messe pour le repos de l'âme dudit sieur testateur chaque année, pendant cinq ans consécutifs.
« Item ledit sieur testateur donne et lègue à
M. Durre un petit caffre nommé Ganerala, sous les mêmes conditions qu'il a été donné audit sieur testateur, c'est-à-dire qu'il soit libre en arrivant en France. « Item ledit sieur testateur prie M. Durre de vouloir bien remettre au frère aîné du testateur son autre esclave nommé Antoine, dont il fait don et legs audit sieur son frère aîné, déclarant mondit sieur testateur, que ny Antoine, ny Canerala n'ont point encore été baptisés »
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