Quatre de 12 pouces et deux de
J. DU Tkiu. — Une famille militaire.
sac?
Les écoles recevaient une grande extension : indépendamment des instructions ordinaires, relatives au service des bouches à feu et aux simples détails de Tartillerie, il en fallait donner sur l'attaque et la défense, sur les sapes et les mines, de manière à former des officiers également propres à faire la guerre de campagne et de siège, à attaquer comme à défendre des places; à cet effet, les pièces étaient réparties entre des batteries d^exercice où le service du canon devait se faire suivant un règlement unique, et le parc où avaient lieu les manœuvres de force : nomenclature des bouches à feu et de tous les agrès, composition de la poudre, des artifices et des fontes, ordre et arrangement des munitions dans les magasins, tenue des arsenaux, rien n'était oublié *.
L'on devait enseigner aux officiers la progression à suivre dans l'exécution d'un projet de siège, la composition et le maniement d'un équipage de campagne, les mouvements dans les marches de l'armée, pour l'attaque d'un poste et sur le champ de bataille ; ils apprenaient à se servir des pontons ou à construire des ponts sans leur secours ; on les familiarisait avec les difficultés que présente le passage des rivières et des montagnes ; on s'attachait aussi à l'étude des terrains et des positions avantageuses que l'on y peut prendre : c'est ainsi que « par une gradation conciliée
1. Des mémoires devaient être établis sur toutes les parties et mis entre les mains des officiers qui étaient invités à aller dans l'après-dîné voir travailler à Tarsenal : « ce sera une espèce d'amusement pour eux, mais qui leur tournera un jour merveilleusement à profit. »
ÉCOLES d'artillerie
de théorie et de pratique on préparait les officiers à toutes les dispositions et opérations de l'artillerie ».
Les détachements destinés à l'école de pratique se rassemblaient en armes et marchaient en ordre de guerre; ils étaient régulièrement composés de deux cents hommes : deux escouades de canonniers-bombardiers, deux escouades de sapeurs-mineurs et deux escouades d'ouvriers, conduites par deux capitaines en pied, deux capitaines en second, quatre lieutenants, huit sous-lieutenants et huit cadets. Lorsque le commandant le jugeait à propos, il pouvait faire marcher le bataillon entier « pour concilier ensemble tous les officiers et tous les soldats sur le service de l'artillerie et sur ses mouvemens ».
Tel est, dans ses lignes principales, ce beau règlement qui, pendant soixante-dix ans, fut le pivot de l'instruction de tous nos corps de troupe de l'artillerie. A côté des officiers qui commandaient les écoles, les maîtres qui y donnaient leur enseignement surent se faire un nom, et il est indiscutable que la science comme l'armée sont tributaires des Bélidor, des Deidier, des Camus, des Bézout, des Robillard, des Dupuis et des Lombard.
Bélidor est le premier professeur d'artillerie dont les ouvrages aient reçu, en quelque sorte, une sanction classique. Quand il commença à enseigner à l'école de La Fère, il savait peu de chose, paraît-il, et étudiait les propositions qu'il montrait le lendemain ; son défaut a été de n'avoir pas assez travaillé ses livres, surtout les premiers, et d'avoir voulu être trop tôt auteur : « Gomme personne alors ne sçavoit rien et que luy en
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sçavoit un peu plus, on le crioit le plus grand mathématicien de l'univers lorsqu'il ne faisoit que commencer, et les commandans le gâtoient un peu ^ » L'abbé Deidier, son successeur, hérita de sa vogue, et c'est à peine si quelques ouvrages d'Ozanam, de l'Académie des sciences -, et de Leblond, le maître de mathématiques des pages du roi, étaient admis dans les bibliothèques des écoles d'artillerie 3.
En 1755, on songea à refondre l'enseignement donné dans ces établissements et l'on jeta, dans ce but, les yeux sur Lombard et Brackenhofîer, professeurs à Metz et à Strasbourg ^ ; mais la création de l'école des cadets de La Fère, en 1756, fît prévaloir pendant une dizaine d'années la méthode de Camus ^ qui était leur examinateur. On revint, en 1766, à l'idée d'une commission qui se réunit à Strasbourg sous MM. de Mouy et de Gribeauval, avec Lombard et Brackenhofîer ^. Ces derniers proposèrent de renoncer au cours de Camus pour adopter celui que Bézout ' venait de publier pour les gardes de la marine, en y introduisant les modifications nécessitées