‹ Une famille noble sous la TerreurChapitre 196 sur 241 · I II. I ' I ^^ · texte numérisé non relu

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ayant alors reçu Tordre de partir (i), son départ entraînait celui de mon frère, et me contraignit aussi de retourner à Lyon, toute seule et par la diligence, comme si je me portais bien, emportant les plus doux souvenirs d^un voyage que je devais en entier à la générosité de mon frère.

Je ne puis m'empécher de placer ici une courte réflexion sur ces consultations rapides que Ton va chercher loin, et que Ton rapporte vite. Le malade ne sait pas toujours rendre un compte exact de ses maux : il y a des symptômes trompeurs; le médecin qui ne connaît pas les particularités du tempérament de celui qui le consulte, qui ne connaît pas davantage sa vie et ses habitudes, peut être facilement induit en erreur; et voiJà un malade qui repart consolé", muni d'une savante consultation portant à faux. C'est ainsi que mon docteur de Genève, homme très-habile, m*ayant reconnue poitrinaire, j'achevai avec son secours de détruire mon estomac, où gisait le mal, pour guérir ma poitrine, qui se portait bien.

Mon père fut très-inquiet de cette consultation ; et je me vis obligée de le quitter encore, ne pouvant faire chez M. Lemaire les remèdes qu'elle me prescrivait. J'écrivis à mademoiselle de Lespinasse pour lui demander la permission d'aller chez elle, et le printemps me retrouva au Baltouée.

Je ne parlerai pas de la juste douleur que j'éprouvai en quittant mon père. Mes forces décroissaient chaque

(0 II fut nommé directeur de Tarsenal d*Auxonne.

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