‹ Une FamilleChapitre 12 sur 15 · CHRISTOPHE II I) ALKCRK, MARQUIS D ALÈGRE · texte numérisé non relu

CHRISTOPHE II I) ALKCRK, MARQUIS D ALÈGRE

mônes failcs aux pauvres, et de 150 livres de dommages et intérêts, dont l'emploi était laissé à la discrétion du Grand Conseils

Je viens de dire qu'il était assez singulier de retrouver Péliu pourvu, en 1608, de lettres de rémission régulièrement obtenues de l'autorité royale. Ce qui Test bien plus, c'est de voir, en cette même année, d'Alègre revenu en France, s'y marier et y être rétabli dans tous ses biens. Sur les circonstances et les détails de sa réiiabilitation, j'en suis malheureusement réduit à des hypothèses, n'ayant entre les mains, là-dessus, aucun document. Et en ce qui concerne, en particulier, ses biens, il est difficile aussi de découvrir comment il put en obtenir la restitution. Tout au plus peut-on l'entrevoir, et encore seulement en ce qui touche les châteaux d'Alègre et de Blainville.

On se souvient que le château d'Alègre était, lors du règlement de la succession d'Yves III d'Alègre, règlement sanctionné par l'arrêt du Grand Conseil du 28 avril 1588, que le château d'Alègre, dis-je, était demeuré à la veuve du défunt, Jacqueline d'Aumont, « pour ses reprises w. Et l'on se rappelle aussi que cet arrêt du 28 avril accordait une grande partie des biens possédés par ledit Yves en Auvergne à la branche de Christophe d'Alègre. Mais aussitôt après la mort de son frère Yves IV, et les « malheurs » de son cousin Christophe II, Isabelle d'Alègre,

' Arrêt du Grand-Conseil, du 26 mars 1608 (Arch. nat., V« 249).

dame de Coupigny, avait si bien manœuvré auprès de Jacqueline d'Aumont que, par transactions des 3 février et 6 juillet 1593, ces deux dames avaient été d'accord pour se mettre en possession de tous les biens d'Auvergne au détriment de Christophe II et de ses sœurs, au mépris de Tarrêt du Grand Conseil du 28 avril 1588 et aussi de la sentence de confiscation portée contre Christophe ll\ Et il semble bien, d'autre part, que, après la mort de Jacqueline d'Aumont, survenue dans les premières années du xvif siècle, les d'Alèg"re-Goupigny se soient purement et simplement déclarés seigneurs et maîtres du château d'i^lègre. Un fait certain est que, dès 1594, et, encore, en 1603, nous voyons le mari d'Isabelle d'Alègre, Gabriel du Quesnel, baron de Coupigny, prendre le titre de marquis d'Alègre^ Que se passa-t-il lorsque Christophe II fut réintégré dans ses biens? Nous l'ignorons. Il paraît bien, seulement, qu'il dut faire rendre gorge aux Coupigny et se faire restituer, au moins, le château d'Alègre, puisque nous avons des lettres de lui de 1636 et 1638, datées « de son château d'Alègre, en Auvergne^ ».

Quant aux biens de Normandie, lors de la confiscation portée contre Christophe II, ses sœurs, qui n'avaient

^ FacLum d'Yves, marquis d'Alègre, chevalier' des ordres du Roi, maréchal de France, contre dame Françoise de Belvezet de Jonchères, veuve de messire Jean de la Vernède, seigneur d'Auriac, etc., 1730, in-fol., p. 10-11 (Bibl. nat., fonds Glairambault, vol. 1219).

* En 1594, c'est à l'occasion d'un baptême, où il est parrain [Analyse des archives communales de la ville de Dreux, par Lucien Merlet, 1865, in-12, p. 17) ; en 1605, à l'occasion d'une affaire d'honneur, où il sert de second à Prigent de la Fin, vidame de Chartres, contre M. de Glermont Gallerande (Bibl. nat., V c Golbert, vol. 16, fol. 398 et v).

^ F. Bouquet, Recherches historiques sur les sires et le château de Blainville, p. 75-76.

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