‹ Une femme apôtreChapitre 21 sur 69 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

ees enfants des cadeaux de toutes sortes ; ils s'intéressaient à tout ce qui les concernait. Les religieuses de la nouvelle congrégation d'Amérique et leur admirable supérieure, la mère Théodore, étaient membres désormais de la famille le Fer ; et dans cet échange de communications et de prières, les cœurs étaient toujours en allégresse. Toutes les délices de la paternité étaient versées avec une prodigieuse fécondité dans ces âmes qui avaient répondu à l'appel de Dieu et coopéré énergiquement et tendrement au sacrifice désiré par une fille. Irma restait vivante et charmante au milieu de ses sœurs par la pensée, par la prière et par le cœur. Elle donne des conseils, elle s'intéresse aux progrès ; elle instruit, elle dirige encore ses jeunes frères et sœurs; elle garde pour le bien et la lumière de ces âmes qui lui appartiennent par le sang, toute cette sollicitude qui a été le prélude et peutêtre le germe de sa haute et belle vocation. Ainsi, elle était à Dieu et aux Missions, et sa famille l'avait conservée tout entière.

Cette famille, qui lui a ouvert naguère et à deux reprises, cette dure et sublime voie des Missions, où elle a travaillé avec tant de fruit et de dévouement, cette famille propose aujourd'hui ses exemples et ses enseignements à l'édification, et aussi à la complaisance du lecteur. Il m'a semblé que cette complai-

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sance devait être grande et qu'elle pouvait être profitable aux âmes. C'est la vertu, c'est le dévouement, c'est toute la vie religieuse que décrivent avec grâce les lettres de la sœur François-Xavier. En les lisant, on est bientôt convaincu que son esprit, dont elle a déploré si joliment la perle, n'est effectivement pas mort à Ruillé. Il s'est relevé au contraire plus fort, plus alerte, plus aimable et plus vivant. Comme son cœur, en se déchirant et se brisant pour accomplir la volonté de Dieu, était resté tout entier à sa famille, plus affectueux et plus cordial, pour ainsi dire, qu'il n'avait jamais été; son esprit en se dépouillant dans l'humilité religieuse de toute prétention au brillant et au bel-esprit, en ne visant plus qu'à la simplicité et à la vérité, est devenu plus agréable et plus charmant encore. Je ne sais si l'ancienne affection et le long respect agissent ici sur mon jugement, mais toute cette correspondance si instructive et si savoureuse me paraît d'un prix et d'un intérêt véritables.

Il arrivera au lecteur peut-être d'hésiter à la première lecture à cause des divers personnages qu'il ne connaît pas et qui sont introduits brusquement devant lui, sans être décrits, ni annoncés. Il en est ainsi pour toute correspondance. Les plus illustres ne sont pas à l'abri de ce défaut. Est-ce un défaut? N'estce pas la condition de tout recueil épistolaire ? Il ré-

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vèle une intimité : il faut la pénétrer pour en goûter le charme.

Je laisse de côté l'intérêt de l'édification et de l'exemple qui est manifeste dans les lettres de la sœur François-Xavier. Je m'arrête à l'intérêt littéraire : il est exquis, et il doit être durable. J'estime que le livre, une fois lu, sera relu; qu'il prendra place sur la tablette où les esprits justes et les cœurs délicats placent leurs meilleurs amis, ceux dont ils ne veulent point éloigner le commerce, dont ils aiment les bonnes grâces dans les moments de loisir, dont ils recherchent les conseils et l'élévation dans les instants de perplexité et d'ennui.

Léon AuDiNEAu.

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