‹ Une femme du monde au XVIIIe siècleChapitre 1 sur 106 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les personnes qui ont bien voulu lire l'introduction (le la Jeunesse de madame dEpinay n'ont pas oublié l'heureux concours de circonstances qui nous a amenés à découvrir aux Archives nationales toute une partie ignorée des Mémoires. Malheureusement le manuscrit des Archives est incomplet; il s'arrête un peu avant le départ de madame d'Epiuay pour Genève, et nous nous trouvions foit empêchés pour suivre notre héroïne de 1737 à 1763, époque à laquelle se terminent les A/e/?zo/;'es'.

1. -M. Boiteau et M. Campardon croient l'un et l'autre que les Mémoires vont jusqu'en illO. C'est une erreur; ils finissent en 1763 an plus tard; en effet, que le dt'-nouement soit la mort de madame dHpinay ou la maladie de (îrimm, les deux manuscrits se terminent sur la destitution de M. d'Épi-

n INTRODUCTION

Nous nous rappelâmes très à propos qu'on nous avait signalé la présence à la bibliothèque de l'Arsenal d'un manuscrit de la main de madame d'Épinay', trouvé dans des papiers de Diderot, et dont le titre était Madame de Ra?nbitres-. Bien que cette indication fût assez vague, ne voulant rien laisser inexploré, nous nous rendîmes à l'Arsenal et nous eûmes la bonne fortune, en ouvrant le carton de Madame de Rainbures, de retrouver au milieu de projets de pièces, de romans et autres papiers sans importance, toute la fin des Mé?7ioires de madame d'Épinay. Le manuscrit des Archives se termine au fascicule 140, le manuscrit de l'Arsenal reprend au fascicule 141 et continue jusqu'au 187 et dernier. Ce sont bien les mêmes petits cahiers que ceux des Archives, attachés avec une mince faveur bleue ; c'est bien la môme écriture. Le doute n'était plus possible : nous avions retrouvé la fin du manuscrit tronqué des Archives. A la suite de quelles vicissitudes ce manuscrit s'est-il trouvé divisé ? Comment une partie

hay et la disgrâce de Grimm ; or ces événements ont eu lieu en 1762, et il n'est fait dans les manuscrits aucune allusion à des événements postérieurs à 1763.

1. Nous devons cette précieuse indication ù l'obligeance de notre ami M. Maurice Tourneux, qui supposait que ce manuscrit pouvait se rattacher aux Mémoires.

2. « 260 bis. Madame de Rambures : fragment d'un roman inédit. Articles détachés de Diderot xvin" siècle (31o8).

INTRODUCTION m

s'est-elle échouée aux. Archi^es, l'autre à l'Arsenal, classée dans les papiers de Diderot? Vue seule chose est certaine, c'est que l'ouvrage entier fut pris chez Grimm lorsqu'on pilla sa maison end 793.

Nous nous aperçûmes bien vite, en lisant la fin du manuscrit, que les éditeurs de 1818 avaient agi vis-àvis de la seconde partie des Mémoires avec la même désinvolture que vis-à-vis de la première : ils avaient supprimé complètement les trente premiers cahiers du manuscrit; ils supprimèrent de même les trente derniers*.

Mettant à profit notre découverte, nous avons suivi madame d'Épinay pendant son séjour à Genève, puis lors de son retour à Paris, et elle nous a donné encore des pages charmantes, dignes de sortir de l'oubli où elles étaient injustement laissées.

Mais en 1763 les Mémoires s'arrêtent. A partir de cette époque, c'est sur les nombreuses lettres et papiers, gracieusement communiqués par différents membres de la famille d'Épinay, que nous basons

1. Nous (lovons nvoiipr que les suppressions sont infiniment mieux justifiées dans cette seconde partie des jl/Jmoires. Le séjour à Genève, en particulier, contient, des longueurs insupportables dont nous avons fuit grâce à nos lecteurs.

IV IXTRODUCTiON

notre travail. M. Edouard de Bethmann, de Bordeaux, nous a également permis de puiser dans la correspondance de «on aïeul les détails les plus intéressants.

Nous tenons à témoigner ici toute notre reconnaissance aux personnes qui ont bien voulu nous foinnir des éléments si précieux i)Our notre travail.

Nous avons eu entre les mains la correspondance de Grimm e( de madame d'Épinay pendant le séjour à Genève, et nous avons pu ainsi rétablir le loxie original. Nous possédons également les lettres de madame d'Epinay à son fds, celles de Louis à sa mère, un grand nombre de notes, poésies et papiers divers, écrits de la main de madame d'Épinay, des lettres de madame de Belsunce, de M . de Jully,etc. , etc Si nous n'indiquons pas nos sources d'une manière plus précise, c'est que la discrétion nous en fait un devoir. Nous atllrmons seulement que nous n'insérons pas une lettre ni un fait dont nous n'ayons véritié l'autbenticité.

Nous ne nous sommes pas servis seulement de ces lettres intimes; les correspondances de Diderot et de mademoiselle Volland, de CatFierine II et de Grimm. de Voltaire, de Galiani. ont été pour nous de pn-cieux auxiliaires. Nous avons p:iisé d'intéressants renseio'nements dans les manuscrits de la

Bihliolhèqiip nationale ot des Archivas '. Ces divers documents nous ont permis de continuer les Memoires et de suivre madame d'Epinay presque jour par jour jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant loute une période de s;i \ie sur laquelle les renseignements faisaient absolument défaut.

Puisque nous avons été amenés à parler des Mémoires, nous tenons à en afliimer une fois de plus la véracité. On ne peut croire à quel point madame d'Épinay est restée esclave de la véiité; toutes les fois que le hasard a mis sous nos yeux soit dans nos autographes, soit dans les dépôts publics, le récil d'un fait raconté par madame d'Epinay nous avons pu constater la parfaite exactitude de ce récit. Les dénégations passionnées de Musset-Pathay et autres ne peuvent rien contre un fait indéniable. Du reste, le but évident de Musset-Pathav,

1. Nous imliiiiious ici uue fois pour toutes les éditions auxquelles nous avons eu recours pour nos citiitious.

(le sont : pour la Correspondance de Diderot et de tnadeni'iiselle Vnl/aiid, l'édition Assezat et Tounieux. P;uis, (iaruier frères, 187li.

. Pour la Correspondance littéraire de Grimm, l'édition .Maurice Tourueux. Paris, (iarnier frères.

Pour la Correspondance de Grimm arec l'impératrice Catherine, l'édition publiée par la Société d'histoire russe sous la direction de .M. de (irot.

Pour la Correspondance de Galiani. l'édition Perey et Maugras. Paris, Caluiaun Lévy, 1881.

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