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était de glorifier Rousseau aux dépens de madame d'Epinay^
Le dernier éditeur des Mémoires, M. Boiteau, a suivi cet exemple, et il s'est montré en toute circonstance plus que sévère pour son héroïne. « M. Boiteau, dit M. Schérer, diffère de la plupart des éditeurs en ce qu'il professe un goût médiocre et une faible estime pour l'écrivain dont il publie l'ouvrage. Ou je me trompe fort, ou bien il n'a vu qu'une chose dans la publication des Mémoires de madame d'Épinay : une occasion de la sacrifier à Rousseau. Rousseau, il faut le savoir, a ses fanatiques, qui ne parlent de lui qu'en se signant, qui prennent au sérieux ses hallucinations, qui croient à la conspiration universelle dont il se regardait comme la victime. M. Boiteau est du nombre de ces apologistes passionnés. Les notes dont il a enrichi les Mémoires de madame d'Épinay n'ont souvent d'autre objet que de justifier les calomnies dont le philosophe genevois payait l'affection ou les
1. Mussc't-Pathay dans son Histoire de la vie et des ouvrages deî.-J. Rousseau attaque les Mémoires (XawidiàamQ d'Épinay avec la dernière violence ; il agit de même dans les Anecdotes inédites pour faire suite aux Mémoires de madame d l'Jpinaj/. Ces deux ouvrages fourmillent d'erreurs etd'inexactitudes.
1. Etudes sur la littérature comtemporaiw. par E. Schkrf.r. Paris, Michel Lévv. 1866.
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bienfaits de ses meilleurs amis. Rien de plus fatigant que ce commentaire. M. Roiteau a le droit d'être de la religion que bon lui semble, mais non pas de célébrer ainsi son culte sur la voie publique. »
D'autres critiques modernes portent le même jugement.
« On n'est pas juste pour Grimm, dit Sainte-Reuve; on ne prononce jamais son nom sans y joindre quelque qualification désobligeante : j'ai moi-même été longtemps dans cette prévention et m'en suis demandé la cause; j'ai trouvé qu'elle reposait uniquement sur le témoignage de J.-J. Rousseau dans ses Co?ifessio)is. Ma.h Rousseau, toutes les fois que son amour-propre et son coin de vanité malade sont en jeu, ne se gêne en rien pour mentir ; et j'en suis arrivé à cette conviction, qu'à l'égard de Grimm, il a été un menteur. »
Saint-Marc Girardin, parlant de madame d'Ëpinay, exprime exactement la même opinion; il regarde Jean-Jacques comme un maniaque, fou d'orgueil et de vanité.
« Rousseau dit qu'il est un être à part ; il a raison: oui, il est à part non pas seulement par son caractère et par son génie, mais par sa vie et par sa condition. Pauvre, il vivait avec des ricbes, chez
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des riches et n'osait pas s'y faire semr. . . 11 acceptait tout le premier jour, services, bienfaits, carrosses ; il était prodigue à recevoir, si j'ose ainsi parler; mais, dès le lendemain, il commençait à faire ses comptes et tâchait de s'acquitter par le mécontentement. 11 recouvrait l'indépendance par riiigratitude; alors il sentait sa pauvreté et ses inconvénients, mais cétait pour s'en fiire des griefs; alors il paiiait avec une emphase injuriante de ses souliers (|u"il nettoyait lui-même au milieu de vingt domestiques qui le servaient. 11 y avait en lui toutes les sortes de pauvres ; le pauvre timide et embarrassé, le pauvre envieux et ingrat, enfin le pauvre gourmé et déclamateur, ce qui est un genre de pauvre tout récent et qui procède beaucoup de Rousseau. Ce sont tous ces pauvres, le bon et le mauvais, le vrai et le faux, que je retrouve dans cette lettre à Grimm', qui est à la fois un chcf-d'onivie d'élo(|uence et d'ingralilude ■. »
Voilà donc l'arrêt rendu par trois des maîtres de la critique moderne dans le procès pendant entre Rousseau et sa bienfaitrice. Pour le faire confirmer par les contemporains, nous })Ourrions citer mille passages de Voltaire, de Diderot, de d'Alembert, de