M. de MontTou
à présent? Je ne pourrai plus lui écrire sans penser à ce que je dis. Je ne puis pas souffrir cela ; j'aime à causer avec mes amis en toute sécurité, et je ne veux pas avoir de rôle à jouer. Est-ce orgueil? Estce modestie? Je n'en sais rien. C'est peut-être l'un et l'autre; je suis très ignorante, voilà le fait. Toute mon éducation s'est tournée vers les talents agréables, et j'en ai perdu l'usage.
» 11 ne me reste que quelques légères connaissances de ces arts et le sens commun, chose rare de nos jours, j'en conviens, mais cela ne vaut pourtant pas la peine d'en faire étalage »
Ici, madame d'Épinay raisonne à perle de vue pendant quatre pages sur l'éducation des femmes ; enfin elle termine en demandant à l'abbé son avis. Le voici :
«... Vous voulez savoir de moi ce qu'une femme doit étudier: sa langue, afin qu'elle puisse parler et écrire correctement la poésie, si elle y a du penchant; en tout, elle doit cultiver toujours son imagination, car le viai mérite des femmes et de leur société consiste en ce qu'elles sont toujoais phis originales que les hommes; elles sont moins factices, moins gâtées, moins éloignées de la nature, et par cela plus aima-
bles. En fait de morale, elles doivent étudier heaucoup les homélies et jamais les femmes; elles doivent connaître et étudier tous les ridicules des hommes et jamais ceux, des femmes. »
Le zèle de madame d'Épinay pour son cher abbé ne se ralentissait pas, elle parlait de lui sans cesse à Voltaire : « Yoiis ne le connaissez pas ! » s'écriaitelle. Le patriarche répond ;
(( Comment pouvez-vous me dire que je ne connais pas l'abbé Galiani? Est-ce que je ne l'ai pas lu? par conséquent je l'ai vu. Il doit ressemblera son ouvrage comme deux gouttes d'eau ou plutôt comme deux étincelles. N'est-il pas vif, actif, plein de raison et de plaisanterie? Je l'ai vu, vous dis-je, et je le peindrais. On fait actuellement un petit dictionnaire encyclopédique où il n'est pas oublié à l'article blé. »
Quelque temps après, nouvelle lettre.
VOLf.VIRK A MADAME d'ÉPINAY.
n janvier 1"71.
« Je vous ai envoyé, madame, l'article Blé^ et vous avez dû trouver qu'on n'y traite pas l'abbé Galiani comme les économistes ; je ne vous ai point
écrit, parce que j'étais très malade : je perds les yeux dès qu'il y a de la neige sur la terre, et bientôt je les fermerai pour toujours. J'ai cru d'ailleurs que cet article ^/e valait mieux que mes lettres: la différence entre les économistes et moi, c'est qu'ils écrivent et que je sème, et bien m'en a pris d'avoir été ]ilus Inbnurour qu'écrivnin. T.a fnmiiip est dansnotrc pavs ; il y a trois mois qu'une livre de pain blanc coûte neuf sous : vous êtes plus beureux à Paris. Si vous vouliez vous réduire à venir mener chez nous la vie patriarcale, comme vous le disiez dans votre dernière lettre, vous auriez peut-être de la peine à vous y acaoutumer. Les patriarches n'étaient point dans les neiges sixmois de l'année, et puis, toute philosophe que vous êtes, serez-vous jamais assez philosopbe pour (]nitter Paris? Vous n'en ferez rien, madame: vous trouverez Paris insupportable, et vous l'aimerez. On prétend que cette grande ville est un peu folle pour le moment présent, et que tout le monde y fait son château en Espagne : j'aimerais bien mieuv que vous eussiez un beau château dans mon voisinage. » Adieu, madame: probablement je n'aurai jamais la consolation de vous revoir, mais vous sei-ez toujours ma clière et belle philosophe. »
\a\ misère donl >e phiinl le palriarclie de Feriiey
était aussi grande à Paris que dans le pays de Gex ; les désastreuses mesures de l'abbé Terray ' avaient porté un coup fatal à toutes les fortunes. L'inquiétude de madame d'Épinay était à son comble.
MADAME d'ÉPINAT A GALIANI.
Lo 11 avril 1771.
<( Si je n'espérais pas que mes lettres vous parviennent à peu de frais, mon cher abbé, je n'aurais plas le courage de vous écrire, car ma puissance
d, Terray (labbé Jos. -Marie) [171.o-1778j. Il parvint au cou- Irôle général eu 1769 et donna l'exemple de tous les scandales. 11 créa des impôts de tous genres, organisa presque ouverlemeut, pour le compte du roi et le sien, le monopole des grains , et affecta de braver la misère publique par son luxe et par les sarcasmes les plus cyniques et les plus durs. Le public se vengea par d'innombrables bons mots : Terray ayant paru, à l'entrée de l'hiver, avec un superbe manchon, mademoiselle Arnould dit : « Qu'a-t-il besoin d'un manchon? >. Il a toujours les mains dans nos poches. »
L'abbé ^laun- raconte qu'il rencontra un jour un avare do sa connaissance. « Mon cher baron, vous avez l'air •■ triste? — La vie m'est à charge, répondit celui-ci. depuis » que l'abbé Terray a supprimé les tontines ; avant ce temps, .) je me levais le matin, j'allais aux Tuileries, je deman- -> dais les affiches , je voyais les morts, j'y trouvais quel- » qu'un de ma classe; c'étaient io livres, 30 livres de rente •> que j'avais gagnés; c'était un plaisir pour tout le jour : » j'allais dans les rues, je trouvais un enterrement, je de- » mandais : de qui est-il? c'était justement quelqu'un de ma " classe. A présent, je rencontrerais quarante enterrements » sans demander seulernent de qui ils sont; je n'ai plus de » août à rien. »
épistolaire ne va pas au delà de vingt lignes de ma -main, et la force de ma tète ne me permet guère de dicter plus d'une ou deux pages. Il faut pourtant que je vous raconte mes désastres. L'abbé Terray m'a ruinée par ses opérations. Je n'ai ni crédit ni protections, et Dieu me préserve d'en employer jamais pour réclamer un écu ! Je me défais de mon équipage, je vends le peu de vaisselle que j'ai ; cela ne me- mènera pas bien loin. Tout ce qui me fâche, c'est que cela ne suffira pas pour payer mes dettes, parce que ma santé m'en fait contracter et m'empêche d'économiser sur le peu qui me reste. Ce dont je vous réponds, c'est que je n'en suis pas plus triste, et que j'irai à l'hôpital gaiement.
» A présent que je vous ai mandé ce qui me concerne, je dicte le reste de ma lettre. Si je maudis par-ci par-là un abl)é, il faut que j'en chérisse davantage un autre ; si je voulais faire un parallèle entre vous deux, cela serait assez plaisant. Mon assassin est grand comme une perche, mon consolateur n'a pas quatre pieds de baut; l'un est sec comme un cotteret, a les yeux couverts et ardents, l'air moqueur, dur et dénigrant; l'autre est gras à lard, a les yeux à llonr d(^ tète, l'air doux, malin et bon : le uran i ab'.tè a li' u'ènie d'un chef de
brigands; le petit abbè, cehii (run grand homme; le grand abbé a les mœurs, etc.. Quelque jour je suivrai cette idée. Au reste, je ne vous écris si librement que parce qu'un voyageur sûr vous remettra cette lettre, et m'en réjDond. Je vais répondre à vos questions, à celles que vous feriez si vous saviez ce qui se passe....
» On s'attendait à la suppression de la ('oin- des Aides ; on a pénétré le but de la précipitation qu'on y a mise, et personne ne croit que ce but puisse être rempli ; on est affligé de cette privation de toute justice ; on se révolte contre l'idée que le conseil est complètement juge et partie. La consternation est grande. Je vois les esprits moins disposés à la violence qu'à la désertion. Nombre de gens pensent sérieusement à s'expatrier; ceux que leur position encbaîne évaporent leur douleur par des déclamations qui ne remédient à rien, mais qui soulagent... Si l'on n'avait voulu que le bien, on aurait remédié aux abus, sans renverser l'édifice ; et lorsqu'on veut employer les matériaux d'un édifice, il faut démolir avec précaution, et non pas briser ; sans compter qu'il ne faut pas traiter les hommes comme les pierres qui se meuvent avec des grues. Chaque pas aggrave le mal. On écrit, on lépondra. Tout est de mode pour le caractèi'e
français ; tout le monde voudra approfondir la constitution de l'État ; les têtes s'échaufferont. On met en ({uestion des thèses auxquelles on n'aurait jamais osé penser; or, voilà un mal irréparable. Comme je vous l'ai dit, mon rlier alihé, ces questions sont la théologie de l'administration. Pour qu'elles soient éclaircies sans danger, il faut que, par le résultat de ses recherches, on se trouve aussi bien traité et aussi heureux qu'un homme raisonnable puisse le prétendre : sans quoi les lumières qu'acquièrent les peuples doivent un peu plus tôt. un peu plus tard, opérer des révolutions...
» Voilà, mon cher abbé, mes idées que je vous prie de garder pour vous tout seul, au moins jusqu'à ce que mon maître ait achevé la banqueroute totale ; car je compte alors me faire mettre à la Bastille, attendu qu'il ne me restera pas d'autre manière de subsister qu'à ses dépens. »
Les raisonnements si justes de la tin de celte lettre sont évidemment inspirés par Grinini. On voit dans la Correspondance UUé'raire combien les opinions du Bohémien se sont modifiées. Il a très vite compris les conséquences fatales des doctrines hardies et irréfléchies des encyclopédistes; il voit la pente dangereuse sur laquelle ils se sont engagés devenir si rdide et si glissante tiulls ne peuvent l";iire halle ni
retourner en arrière. Il tempère peu à peu ses jugements et, d'accord avec Galiani, redoute les réformes hâtives, si périlleuses lorsqu'il n'y a pas une main ferme et une intelligence supérieure pour les diriger.
L'abbé, fort touché de la situation de son amie, lui répond aussitôt, mais en évitant prudemment toute allusion aux événements politiques :
« Votre lettre du 8 mars m'a anéanti. Quoi ! vous courez risque de vous voir réduite à l'indigence, cent écus ! pas un liard avec ? Non, vous ne courez d'autre risque que d'être forcée de venir à Naples. Avezvous de quoi faire le voyage, en vendant quelques meubles meublants qui vous deviendraient inutiles? Je parle tout de bon, je ne badine pas. Venez, vous ne devez pas vous embarrasser du reste. Mais savezvous que sérieusement celle idée commence à me plaire? Que fait-il donc, M. labbé Terray? Qu'attend-il donc ? Pourquoi ne se dépêche-t-il pas ? Laissez-lui donner ses édils. Achetez une berline, vous, Grimm, Scbomberg et Diderot ; dans une autre chaise, une femme de cham bre et un valet de chambre et deux domestiques. Venez, arrivez ; vous renverrez ensuite deux des quatre à votre choix ou à leur choix. Il me semble que Grimm est bien partout. Il entretiendra sa correspondance au Noid
avec ce que vous el moi lui fournirons à nous tous seuls. Ah ! qu'il serait grand et beau, à moi et à l'abbé Terray, d'avoir fait aller Paris à Naples !... Adieu, ma belle indigente. »
Les mesures prises par l'abbé Terray ne furent pas aussi rigoureuses qu'on le craignait. Madame d'Épinay l'écrit à Galiani et lui demande en plaisantant de la faire nommer gouvernante des enfants du roi de Naples; il n'eût pas demandé mieux et répond :
« Vous me donnez le plaisir de m'assurer que vous n'avez plus besoin de venir à Naples, et que vous en avez l'envie. C'est tout ce que mon cœur souhaitait d'apprendre de vous...
» Pour vous appeler ici à l'éducation des princes, il faudrait commencer par la grossesse de notre reine. Je travaille à cela par mes vœux au ciel, et par les plus sincères désirs. Si notre reine était la femme d'un particulier, je tâcherais d'y travailler encore plus efficacement, car c'est une des plus intéressantes figures que j'ai jamais vues. Elle est la plus belle femme de Naples, et c'est bien dommage qu'elle soit reine, w
Pour se rétablir un peu de toutes ces émotions, adame d'Épinay céda aux instances de son amie,
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mademoiselle Jeanne de A^alorv, el alla passer quelque temps au Bourgneuf. Ces séjours réussissaient souvent à la distraire de ses chagrins. Elle annonce son départ à Oaliani cl lui apprend en même temps (|ue madame GeofFrin a été assez gravement malade :
« Madame Geolîrin aura eu un érésipèle, lui répond l'abbé, parce que quelque étourdi se sera avisé de donner une nouvelle quelconque chez elle'. Je suis enchanté qu'elle soit rétablie. »
Madame d'Épinay avait emporté au Bourgneuf le livre de Thomas ^ sur les femmes ; elle le lut avec
\. Dans le? auuouco? et ban? puljliéïJpar Grimiii à la fiu de sou Serniou du jour de l'au, il plaisante l'esprit timoré de madame Geoffrin. « Mère Geoffrin fait savoir qu'elle renouvelle los défenses et lois prohibitives des années précédentes, ut qu"il ne sera pas plus permis que par le passé de parler chez elle ni d'affaires intérieures ni d'affaires extérieures; ni d'alfaires de la cour ni d'affaires de la ville; ni d'affaires du îvurd ni d'affaires du Midi ; ni d'affaires d'Orient ni d'Occident; ni de politique ni de finances; ni de paix ni de guerre ; ni de religion ni de gouvernement ; ni de théologie ni de métaphysique ; ni de grammaire ni de musique ; ni en général d'aucune matière quelconque , et qu'elle commet Dom Buriguy, bénédictin de robe courte, pour faire taire tout le monde, à cause de sa dextérité l'.onuue et du grand crédit dont il jouit; et pour être grondé liar elle, en particulier, de toutes les contraventions à ces défenses. »
^ 2. Thomas (Aut. -Léonard), né à Clermont en Auvergne II' )'"' octobre 1732, mort au château d'Oullins eu 178j. Membre
f) K R N I K K I'; S A X N V. !". s | ) ! ■; .- 1 \ h \ M K 1) ' i-) 1' I X A Y Vi'^
son amie, mademoiselle de Valorv, et fit part de ses impressions à Grimm.
MADAMK D Ki'iNAV A GRIMM.
Do Bourgueiif.
u Eh bien! je lai lu ce livre de M. Thomas. Je vous avoue que cela ne me paraît qu'un pompeux bavardage, bien éloquent, un ]ieu pédant et très monotone. Un y trouve quelques petites phrases pomponnées, de ces phrases qui, entendues dans un cercle, font dire de leur auteur, le jour et le lendemain : « U a de l'esprit comme un ange ; il est charmant, il est charmant! » Mais quand je les trouve dans un ouvrage qui a la prétention d'être grave, et que je n'y trouve que cela, jai bien de la peine à m'en contenter, et je dis : « Il est plat, o Celui-ci n'a pas de résultat; on ne sait, quand on l'a lu, ce que l'auteur pense, et si son opinion sur les femmes est autre que les opinions reçues.
» Il finit son ouvrage par faire des vveux poui" le
de l'Aradémie française on mn. Sos Elofjes foruiont la \\nvtie importante de sou bagage littéraire. Le slyii' de Tlioiuas ot sou éloquence, tant admirés de ses coutemporaius, nous paraissent aujourd'hui vieillis, ampoulés et ridicules. Son Esaai sur les femmes no suiiporto plus la lecture, alors i|ue ceux de Diderot et de (ialiaui font encore un plaisir c ctrèiue.
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l'etour des mœurs et de la vertu. Ainsi soit-il, assurément. Ces quatre dernières pages sont les plus agréables de son livre, par le tableau qu'il fait de la femme telle qu'elle devrait être; mais il le regarde comme une chimère. Cela est si évident que cela ne vaut pas la peine d'être dit. Il était difficile de rien faire de neuf sur cette matière; et, en général, comme vous disiez l'autre jour, il n'y a plus ni sujets ni idées neuves ; il ne nous faut plus que des iètes neuves pour nous faire envisager les objets sous des points de vue différents. Mais où les trouvet-on? J'en connais deux cependant : l'abbé Galiani et le marquis de Croismare. Le marquis est aux riens de la société ce que l'abbé est à la pbilosoj)hie et à l'administration, »
Diderot publia à son tour un article sur les femmes, et Galiani, stimulé par son amie, lui envoya le piquant dialogue que tout le monde connaît *. Madame d'Epinay lui expédia l'article de Diderot, et il répondit :
« Je vous remercie de la feuille de Diderot, elle est digne de lui et ne ressemble en rien à mon
1. Voir la Correspondance de Galiani, édition Perey et Maugras. T. 11, p. 50.
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dialogue ; mais il écrit à côté des dames parisiennes, et moi j'écris à côté des dames napolitaines. 11 trempe sa plume dans l'arc-en-ciel et moi je la trempe dans la Thériaque. Son écrit ressemble à un paon , le mien à une chauve-souris. Tel est l'homme, toujours diaphane; il croit être quelque chose en lui-même et il n'est rien qu'une transparence. »
Grimm l'eçut de la cour de Yienne, en avril 177:2, le diplôme et le titre de baron du Saint-Empire, qui lui causèrent une vive satisfaction et lui furent utiles dans sa carrière diplomatique. Désireux de savoir quel costume un baron du Saint-Empire devait porter en voyage, il s'adressa à Galiani, fort au courant de l'étiquette. L'abbé répond avec gaieté et une pointe d'ironie à la question de son ami, dont il connaissait bien la faiblesse :
(( Je vais obéir aux. ordres dé M. le baron Grimui. La mode inlruduite par lempereur et le grandduc, c'est de paraître toujours en uniforme militaire... Voici donc ce que je conseille à M. le baron : il faut qu'il ait un uniforme de cour, soit d'officier, soit de chambellan, et, au pis-aller, il prendra l'uniforme d'Arlequin baron suisse... Avec cela, il aura des babils de deuil à huit événement, et enfin il
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aura de belles c/tenîlles ' pour courir les rues le matin; mais surtout, il faut avoir l'esprit d'imaginer qu'on se fait faire à l'occurrence, dans une ville quelconque, un très bel habit magnifique en vingtquatre heures, à meilleur marché qu'à Paris et aussi bien fait sans conteste...
» Ainsi, il faut compter le cas d'un habit magniliquc comme un événement extraordinaire, tel que celui de se casser la jambe, et il faut y être préparé d'avance, mais n'en point a^oir avec soi. car on ne saurait deviner la saison dans laquelle ce malheur arrivera. »
En mai, (îrimm tomba gravement malade d'une attaque de choléra morbus et les inquiétudes de ses amis furent extrêmes ; Galiani écrit aussitôt :
" Je ne sais pas si je réussirai à vous peindre ma situation et ce qui m'est arrivé en recevant votre lettre... La lettre commence: « Grinim est hors... » J'ai lu : Grimm est mort et j'ai cru m'évanouir. Je veux relire , mais en esquivant la lecture ; et j(> relis : « Grimm est mort d'affaire. » Cela m'a paru bizarre. J";ii approché courageusement les regards.