GRIMM A MEISTER
Pétersbourg, ce 8 novembre 1713.
« J'ai toujours lu, monsieur, avec beaucoup d'édification votre travail ; mais vous ne saviez pas à quoi vous vous êtes engagé. Mon retour à Paris ne sera pas aussi prompt que je l'aurais cru. Ma mission auprès du prince héréditaire de Hesse- Darmstadl tire à la vérité à sa fin. 11 vient d'entrer au service de Russie, et il va faire la campagne prochaine sur le Danube où je ne le suivrai pas. Mais enfin je suis, le 8 novembre, encore à Pétersbourg; I ce n'est pas être près de Paris, et les bontés dont l'impératrice m'a comblé ne me donnent pas envie de m'en aller si vite. Je ne sais pas au juste quand je reprendrai la route de Paris. II fai.t donc, monsieur, que vous souteniez l'énoime fardeau dont vous vous êtes chargé, jusquù la lin, et que vous
empêchiez le dépenaillement jusqu'à mon retour.
» M. Diderot est ici depuis un mois comblé de bontés par l'impératrice; il vous fait mille compliments...
» Agréez, monsieur, les assurances de l'attachement le plus inviolable et plaignez un homme jeté au milieu du grand monde et qui ne peut jamais lui dérober que quelques minutes pour les donner à à ses amis. Comment va votre santé? »