‹ Une femme passa ... Comédie en trois actesChapitre 38 sur 45 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

SIMONE, BOURLAND

Simone regarde avec inquiétude la porte par où Héricy vient de sortir.

SIMONE. — Et si je faisais téléphoner à la préfecture de police?

nowMJiWiD. — Pas encore, madame, croyezmoi. Le docteur peut rentrer d'une minute à l'autre. En tout cas, il sera temps après le déjeuner. Inutile de provoquer un scandale e,i...

SIMONE. — Oui, vous avez raison. — Vous aimez beaucoup mon mari, n'est-ce pas, monsieur Bourland?

iJWMHUD. — Profondément, madame.

SIMONE. — Vous le tenez en grande estime?

HUii— miiD. — 71 a l'intelligence aussi haute que le caractère. Ce n'est pas seulement un maître, c'est un homme.

SIMONE. — J'aime à vous entendre parler ainsi.

nouniunm). — Je n'y ai guère de mérite. . Je lui dois tout.

, SIMONE. — Dites-moi... où en sont ses travaux? Ne devrait-il p«s avoir terminé depuis longtemps déjà ce grand mémoire dont il avait promis comr,' '"'.ication à l'Académie de médecine ?

BOUflrijAND. — ^ En effet.

SIMONE. — Ce mémoire est achevé? '

BanMMMU — Non, pas encore.

SIMONE. — Est-ce qu'il le sera bientôt? UQ.(Satâ%ND. — J'espère, mais noue avançons très lentement.

SIMONE. — Oui... son œuvre n'avance pas, parce qu'il s'en désintéresvse.

nmmtmÊmii. — Je ne dis pas cela, madame. SIMONE. — Vous le pensez, et je le dis, moi, parce que je le sens. Il sait pourtant avec quelle impatience étaient attendus ses travaux ; il les devait à tous ceux qui ont eu foi en lui, à ses maîtres, à ses élèves, à vous, à moi, à lui-même. C'est notre confiance à tous qu'il trahit.

BflMMMMK). — Non, non... Je ne peux. pas voius laisser parler ainsi... C'est inexact, c'est injuste.

SIMONE. — C'est cependant la vérité. Plus hns.) Et tel que je le connais, voyez-vous, {Pins bas encore.) tel que je l'ai connu il doit souffrir cruellement.- (Pegardant Bourland qui paraît énni.) Vous aussi, vous avez du chagrin, monsieur Bourland.

BMHnMHe. — Oui, madame, car il se peut que vous ayez raison, et alors...

simo.m;. — N'est-ce pas? Rien au monde ne peut être plus triste. (Doidoureuse.) Et quand il s'agit d'un homme que l'on a aimé, que l'on aime...

BOWWlWfTO, avec respect. — Madame!...

siMONTî, en lamtes. — Que m'import«rait encore s'il était heureux ! mais il ne l'est pas, n'est-ce pas?

B»«9t«»ND, après wn temps. — Je ne crois pas.

SIMONE, profondément. — Je suis si sûre qu'il ne l'est pas. (Bourland lui fait un signe. Elle écoute.) Ah! oui! oui! J'entends!... C'est lui!... Ce ne peut être que lui... Enfin!... Vite, mettez-vous au travail, voulezvous?... Ayez l'air de travailler depuis longtemps. Vous ne m'avez pas vue?... Je vais me lever très tard et je ne me serai aperçue de rien. A bientôt, monsieur Bourland, et merci !...

B9«fHMND. — Mais...

SIMONE. — Chut! travaillez! travaillez!

Elle sort sur la pointe des pieds, par la gauche.

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