‹ Une femme passa ... Comédie en trois actesChapitre 5 sur 45 · UNE BIEN CHARMANTE FEM.MK · texte numérisé non relu

UNE BIEN CHARMANTE FEM.MK

JiMKLLiKR. — Avant lui, 1rs études nourologiqucfi étaient considérées comme de pures divagations.

MADEMOISELLE JETTIER. — Aujourd'hui nos rooherchos sont tenues en l'estime qu'elles

méritent et ce n'est que juste, car enfin, les maladies nerveuses sont pai'mi les plus fréquentes de notre époque.

vSTOuFFLE. — Amusante, reconnaissons-le, mais détraquée.

cHARLiNKS. — Oh! combien!

Il offre un verre de liqueur à Jumellier,

JUMELLIER, acceptant. — Vous ne le direz pas. Je suis président d'une ligne antialcoolique.

Charlines remonte près de la baie.

CHARLINES, frappant sur l'épaule d'Héricy. — Et toi ?

HÉRicy. — Hein!

CHARLINES. — Un verrc de fine?

HÉRICY. — Plutôt,

CHARLINES. — Ce n'cst pas pour te le reprocher, mon petit Héricy, mais on ne t'entend pas souvent. ïu sais, ne t'excite pas sur le parc Monceau. Comme forêt vierge, tu as vu mieux.

HÉRICY. — Bah! C'est toujours des arbres !

CHARLINES. — Enfin, ne lui en veuillez pas, mes bons amis, c'est un sauvage. Héricy nous revient du Sud-Oranais oii il a passé six ans avec le général Liautey, après s'être offert quatre années de Madagascar sous les ordres de Galliéni. Ah ! il e mené une existence plutôt mouvementée, le bougre ! Il a dix ans de brousse, de méhara, de rizières et de malaria sur la conscience! Ça excuse bien des choses !

HÉRICY. — Blague!

CHARLINES. — Mais je ne blague pas, je t'envie.

Charlines remonte près de Jumellier.

ORIVARD. — Cliarlines a raison. Vous, au moins, monsieur, vous avez vécu.

HÉRICY. — Mal.

MADEMOISELLE JETTIER. — Tout de même, ce doit être amusant, cette exi.stence violente et périlleuse. Vous avez dû avoir beaucoup d'aventures...

HÉRICY. — De guerre, oui ; je me suis souvent battu; j'ai été blessé, j'ai descendu quelques Malgaches et pas mal de Marocains; j'ai eu les fièvres; voilà, c'est à peu près tout.

STOUFFLE. — Mais ça suffit.

HÉRICY. — Oh ! ce n'est pas bien palpitant.

CRiVARD. — Parce que vous ne parlez pas des autres aventures.

HÉRICY. — Les autres?

GRIVARD. — Oui, d'amour... les femmes... là-bas...

HÉRICY, éclatant de rire. — L'amour?...

Laissez^ioi rire!... Connais pas. Ça n'a rien de colonial, l'amour ! Oh ! sans doute, il y a

défi morieandcs dans tous ces pays-là, et, ma foi, comme on n'a pas le choix, faut bien... Oh! mademoiselle, excusez-moi.

MADEMOISELLE JETTIER. — Ne VOUS gêuez

lade... alors, pour le garder... mais pardon...

STOUFPLE. — Vous disiez que là-bas?...

HÉRiCY. — Là-bas? Ah! oui. Eh bien, là.bas, il y a des femelles à revendre et mêma

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CHARLINES. — Il viendra dans la soirée.

donc pas, monsieur, nous sommes entre hommes.

GRiVARD. — Oui, Ml'» Jettier est un homme, mais un homme qui ne restera pas vieille fille. Elle doit se marier bientôt.

mademoiselle jettier. — C'est exact. Avec un de mes clients. J'avais eu la bêtise de le guérir. Il allait m' échapper comme ma-

à acheter... mais, des femmes, je n'en ai jamais rencontré, passé Marseille. Ça n'est pas cx)lonia], les femmes!

JUMELLiER, à Charlines. — Alors, nous le verrons tout à l'heure, ce brave Darcier; pourquoi diable n'est-ii pas avec nous?

CHARLINES. — Il viendra dans la soirée. J'ai sa promesse formelle. Mais j'ai eu beau.

i : i;>tci ; il a refusé de dinev ici soiis prétexte ' ■ travail. ,

MADEMOISELLE JETTIER. - DaVCier, C CSt Ic

travail aiénie.

GRIVARD. — Ce qu'il a pu travailler, cet animal-là, depuis l'Ecole, c'est à faire fré-

MADEMOTSELLE JETTIER. — Mais, aU moiuS,

il n'a pas ti^vaillé dans le désert. Il est

CHARLiNEs. — Et conuiient ! Moi qui n'ai jamais rien fait de ma vie, je suis presque g."aé en sa présence; j'ai un peu honte. Si je

vaille, les derniers travaux de Darcier sont pleins de choses admirables. Ah ! Eu voilà un au moins qui n'aura pas volé son fauteuil.

CHARLiNES. — Eh bien, tant mieux. Ça me fera un gros plaisir, car j'aime beaucoup les Darcier...

MADEMOISELLE JETTIER. — C'cst vrai. 'Votre femme est une grande amie de M'"« Darcier.

CHARLINES. — Une grande amie d'enfance.

Elles se sont connues toutes gosses, tenez, dans ce même parc Monceau. Ces choses-là ne s'oublient pas. Aussi a-t-elle consenti à

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