‹ Une fleur canadienne dans l'Institut de saint Alphonse, ou, Notice biographique du serviteur de Dieu, le R.P. Alfred PampalonChapitre 13 sur 42 · LE SECOND NOVICIAT · texte numérisé non relu

LE SECOND NOVICIAT

Quelques mois après la fin de leur cours d'études théologiques, les Pères rédemptoristes doivent faire un second noviciat dans le but de retremper leur ferveur et de se préparer prochainement au ministère apostolique.

Le Père Alfred fit ce deuxième noviciat à Beauplateau, du mois d'avril au mois de septembre 1894, sous la direction d'un de nos meilleurs missionnaires, le R. P. Joseph Didier, dont les solides prédications ont été fort appréciées au Canada.

A la retraite d'ouverture, selon son habitude, il écrit les résolutions les plus propres à sancti-

fier ce temps de grâces : "Le principal but de ce noviciat, dit-il, c'est notre sanctification personnelle. Je dois donc m' appliquer au recueillement, à l'observance régulière, à l'ouverture de cœur, et spécialement aux vertus propres aux missionnaires: la prudence, le zèle, et l'abnégation.

" Pour atteindre la seconde fin du noviciat, je dois me livrer à une étude sérieuse, méthodique et apostolique, préparer mes sermons et instructions; et tout cela avec l'intention la plus pure de plaire à Dieu et de sauver les âmes." Cette dernière résolution, il ne put guère la tenir. Le second noviciat fut pour lui principalement un temps de prière, car le R. P. Préfet, voyant ses forces déjà bien délabrées, lui avait à peu près totalement interdit la composition des sermons. Il profita pourtant d'une manière surprenante des conseils et des plans de sermons reçus pendant ces six mois. Grâce à son bon sens pratique, il s'assimila très bien les principales matières qui font l'objet de iios travaux apostoliques.

Plus encore que la maladie qui cloue sur un lit de douleurs, l'état d'infirmité et de langueur continuelle est la pierre de touche de la vraie et solide vertu. Cet état requiert un courage calme, ferme et persévérant, plus rare et plus admirable peut-être que celui que demandent les fatigues do

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l'apostolat ou même les douleurs d'une maladie pénible mais passagère.

C'est à cette épreuve que fut mise la vertu da P. Alfred, durant son second noviciat. '' Cependant, comme l'affirme un confrère, il fut toujours le même: calme, résigné, joyeux, profondément humble à ses yeux, alors que chacun le considérait comme un ange d'innocence, un modèle de douceur, un miroir de toutes les vertus."

Où puisait-il le secret de la paix et de la discrétion dans ces circonstances pénibles? Dans une confiance absolue en la douce Providence de Dieu et de ses supérieurs.

Il se dit à lui-même qu'un bon soldat ne rend pas les armes à la première blessure; que c'est aux supérieurs et non pas aux sujets d'alléger le fardeau de l'observance régulière.

Il manifesta donc en toute simplicité son état au R. P. Préfet, prêt à faire ou à omettre ce qu'on lui dirait de faire ou d'omettre, s'en remettant à Dieu du soin de sa santé, de son avenir, de ses espérances et décidé de tenir à l'obéissance plus qu'à la vie. Son supérieur lui permit de suivre tous les exercices du second noviciat et d'y ajouter des prières, des méditations à son gré, mais il lui interdit en partie le travail de la composition et les exercices de déclamation.

Il prit ces ménagements avec calme et tran-

quillité; du reste, malgré les symptômes d'un mal qui allait en s'aggravant, il nourrissait l'espoir de guérir et de devenir un jour un apôtre du divin Rédempteur.

De là, le programme apostolique qu'il se trace lors de la retraite qui clôtura le noviciat : " Dieu dans sa miséricorde m'a élevé à la sublime dignité de prêtre et il m'a fait missionnaire. Qu'estce que le prêtre, qu'est-ce que le missionnaire? C'est un homme de Dieu qui porte écrit dans son âme, en caractères ineffaçables, ce mot: zèle; zèle pour la plus grande gloire de Dieu, zèle pour sa propre sanctification, zèle pour le salut des âmes. La vocation apostolique, voilà le talent que Dieu m'a confié avec l'obligation de le faire fructifier. Malheur à moi si je laisse ce talent enfoui dans mon âme! Car, un jour, j'aurai un compte rigoureux à rendre à Dieu de ma gestion. Vous le voyez, ô aimable Jésus! ô tendre mère Marie! 6 grand saint Joseph ! ce n'est pas sans raison que je recours à vous pour implorer lumière, force et courage.

" J'implore votre lumière, afin que je puisse distinguer le vrai zèle, toujours accompagné de prudence, d'humilité et de simplicité, du faux zèle que caractérisent l'imprudence, l'orgueil et la recherche de soi-même. J'implore votre force afin que je puisse surmonter les obstacles que me

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