AVE, MARIA
Ave, Je vous salue.
O bonne Mère! qui suis-je pour vous saluer? je ne suis qu'un pauvre pécheur, j'ai mérité mille châtiments. — Et vous, vous êtes l'Immaculée Conception, aucune tache n'a jamais souillé votre âme : vous êtes le lis entre les épines.
Comment donc me voyant si souillé, osé- je vous saluer?
Mais, console-toi, mon âme, ranime ton courage. Il est vrai que tu es coupable, mais il est également vrai que la miséricorde de cette mère l'emporte sur toutes les iniquités; que cette miséricorde fait qu'elle ne peut s'empêcher de secourir quiconque se réfugie en elle.
Je vous salue donc, ô bonne, ô tendre, ô miséricordieuse Mère! et plein de confiance je me jette à vos pieds, vous priant d'avoir pitié d'un pauvre pécheur repentant. Je vous salue, charitable Marie, avec un cœur contrit, daignez en retour me saluer avec un cœur miséricordieux; je vous
salue avec le cœur d'un véritable fils, du moins c'est mon désir, daignez me saluer avec votre cœur de Mère. Personne ne peut dire qu'il ait été repoussé après vous avoir saluée; j'ai donc tout lieu d'espérer en vous. Oui, vous avez, après votre divin Fils, toute ma confiance, et je m'écrie: In te. Domina, speravi, non confundar in œternum. " J'ai espéré en vous, ô ma reine! je ne serai pas confondu."
Marie. O Marie! nom béni entre tous les noms; nom sorti du trésor de la divinité ellemême; nom qui fait la joie des cieux et de la terre; nom de grâce et de gloire pour le pécheur et le juste: — Nom d'espérance pour le pécheur: Bonne Mère, vous invoquer avec confiance, pour celui qui languit dans le péché, c'est recouvrer la grâce d'en sortir et d'entrer dans l'amitié de Dieu.
Nom d'espérance pour le juste, ô bonne Mère, puisque, pour lui, vous invoquer, c'est avoir trouvé le moyen de ne jamais perdre la grâce, et demeurer jusqu'à la fin dans l'amour de Dieu.
Nom de force contre nous-mêmes, car dans ce nom tout-puissant, nous puisons la force nécessaire pour surmonter toutes nos mauvaises passions; nom de force contre le monde, ses richesses et ses plaisirs, car, ô bonne Mère, votre nom nous "procure le courage de mépriser toutes les vanités
d'ici-bas; nom de force contre Satan, car à la seule invocation de votre nom, cet ennemi superbe s'enfuit, comme pour échapper à un feu dévorant.
Nom incomparable après celui de Jésus ! nom en comparaison duquel les richesses et les plaisirs de ce monde ne sont rien! Nom béni, nom de salut, en vous se trouvent tous les biens, toutes les richesses, puisque vous invoquer. Reine du ciel, c'est trouver la grâce, si on l'a perdue, et la conserver, si on la possède déjà; et quel bien est comparable à cette grâce qui nous met en possession de Jésus, l'unique bien en qui tous les autres biens sont renfermés ?
Nom de douceur et de suavité pour ceux qui souffrent et qui recourent à vous; vous êtes notre consolation dans les peines comme dans la joie.
Nom béni entre tous les noms ! O Marie, notre bonne Mère ; votre nom remplit de joie le ciel et la te«'re.
Les séraphins, en le prononçant, semblent voir accroître leur amour, tant ils le trouvent beau. Les anges le trouvent si agréable qu'ils le répètent sans cesse, sentant augmenter à chaque moment leur joie. Les bienheureux, à qui ce nom fut si propice pendant qu'ils vivaient sur cette terre d'exil, en font leur bonheur.
Toute la cour céleste, d'un commun accord, proclame ce nom béni : "0 Marie, Mère de
Dieu et notre Mère! saint, saint, saint est votre nom."
Et nous, ô bonne Mère! nous voulons saluer tous les jours votre nom, et nous désirons ardemment vous louer pendant toute l'éternité. Daignez donc, ô tendre Mère, nous prendre sous votre protection, nous qui mettons notre confiance en votre nom. Oui ! douce Marie, en votre nom nous espérons; défendez-nous continuellement; notre secours, ô Marie ! est dans la force de votre nom ; secourus par ce nom, nous n'avons rien à craindre, car quel est celui qui a invoqué votre nom et s'est vu abandonné?
Heureux ceux qui se réfugient à l'ombre de votre nom! Semblable au platane qui, par ses feuilles étendues met les voyageurs à couvert du soleil et de la pluie, Marie, votre nom offre aux hommes, un abri contre les ardeurs des passions, et la violence des tentations. — Si Marie est pour nous, qui sera contre nous?
Malheureux est donc celui qui, ayant occasion d'invoquer votre nom, refuse de le faire. Si le soleil disparaissait, que deviendrait le monde, sinon un lieu de ténèbres et d'horreur? Que de vient une âme privée du secours puissant de votre nom, elle sera remplie de ténèbres. Marie! nom de force, mais aussi d'espérance. Bonne Mère, qui peut prononcer votre nom sans ressentir au
fond de son âme cette confiance filiale ? Votre nom, est une grâce; au milieu des tentations et des troubles suscités par notre ennemi, il suffit de le prononcer pour mettre le démon en fuite et recouvrer la paix. Quel bonheur pour ceux dont vous êtes spécialement aimée! dès qu'ils prononcent votre nom, vous ouvrez les trésors de votre miséricorde pour répandre sur eux vos bienfaits, vous leur communiquez cette charité dont vous êtes vous-même embrasée. "J'aime ceux qui m'aiment, dites-vous ; les richesses sont avec moi pour les enrichir." Heureux donc, mille fois heureux ceux qui vous aiment! Ma bonne Mère, je veux être de ce nombre. Que n'ai- je pour vous tout l'amour des séraphins, des anges, des élus, de toutes les créatures, mais, si je ne l'ai pas, je le désire ardemment. Marie! vous êtes mes délices, mon cœur, mon âme, ma vie, ma consolation et mon espérance après Jésus. Nom chéri, gravez-vous au fond de mon cœur, imprégnez mon âme de vos salutaires effets, soyez ma respiration, et le dernier souffle de ma vie.
Heureux, ô Marie, celui qui aura prononcé souvent votre nom pendant sa vie, mais mille fois plus heureux celui qui mourra en le prononçant! il est sûr d'être sauvé! car prononcer votre nom, c'est voir ouvrir devant soi les portes de la céleste patrie. L'Eglise ne vous appelle-t-elle pas "porte
du ciel? " Console-toi donc, mon âme, et prends courage. Non, elle ne t'abandonnera pas, cette bonne Mère; applique-toi à répéter souvent son doux nom et ne crains rien. Oui, redis-le sans cesse, et elle ne manquera pas de venir à ton secours.
Nom béni ! je voudrais vous voir sur toutes les lèvres, mais je me réjouis du moins de ce que tant d'âmes saintes aiment à vous invoquer, de ce que tant de bienheureux dans le ciel vous louent, de ce que les chérubins, les séraphins célèbrent et vous chantent un cantique éternel de louanges et d'amour.
O Marie! si votre nom est si beau, que devez-vous être vous-même? Qu'ils sont heureux ces habitants de la céleste patrie qui ont le bonheur de vous contempler! Que j'envie leur sort! Qui me donnera de quitter cette terre pour m 'envoler vers vous, pour vous contempler, vous aimer et jouir de votre présence ! Quand donc ce lieu d'exil finira-t-il! Que ce soit bientôt, ma bonne Mère! Il me tarde d'aller vous voir, car, vous le savez, ici-bas, je suis toujours exposé à vous déplaire, mais là-haut, je n'aurai plus à craindre ce malheur. O ma bonne Mère! pardonnez-moi, si j'insiste, vous voyez les attaques que me suscite sans cesse mon ennemi. Je le sais, si je vous appelle à mon secours, la victoire est à moi, mais
ce que je crains, c'est de manquer d'invoquer votre nom dans le danj^er.
Ne le permettez pas! mais faites-moi cette grâce insigne de recourir à vous dans mes doutes, mes tristesses et mes tentations. Qu'à l'heure dernière, votre doux nom réjouisse encore mon cœur! et que mes lèvres ne cessent de redire: Jésus et Marie, je vous donne mon cœur! Recevezmoi dans votre paradis.