II. Assurance de sa vocatio?i
I Octob. 1872.
Votre dernière et si bonne lettre m'a rassurée contre toutes mes inquiétudes. Après que je vous eus écrit la dernière fois, je pris une de vos lettres dans laquelle vous me préveniez que Notre-Seigneur aurait soin de m'envoyer des épreuves et des contrariétés avant que je pusse exécuter mon dessein, et vous m'avertissiez de ne point me décourager, mais de toujours persévérer dans l'amour
de la Croix, afin de devenir par là une véritable Carmélite.
Je commençais déjà à être rassurée et à me résigner à la volonté de Notre-Seigneur, quand votre dernière lettre est venue tout achever. Oui, je n'en doute plus, Notre-Seigneur me veut au Carmel ! Mais il me tarde extrêmement de voir se réaliser mes désirs. Il est si ennuyeux de vivre dans le monde, que, dans le cœur, on voudrait être enfermée dans le cloître. Et serai-je toujours ferme parmi les autres épreuves que vous m'annoncez ? Hélas ! l'amour du monde se contracte si vite, il y a tant de danger de perdre sa vocation, et quel effroyable malheur serait celui-là ! Avec un cœur faible et inconstant comme le mien, comment peut-on ne pas craindre? Cependant, mon bon Père, je m'en remets à ce que vous me dites, et j'espère que la miséricorde de Dieu m'accordera la grâce de mourir au Carmel.
Je lis Rodriguez et j'en retire beaucoup d'édification.