‹ Une Fleur du CarmelChapitre 112 sur 159 · CANTIQUE SUR LE SILENCE · texte numérisé non relu

CANTIQUE SUR LE SILENCE

Il faut dans le silence Qu'une âme cherche Dieu, Et c'est dans le silence Que l'âme trouve Dieu.

Oui, par le vrai silence Une âme écoute Dieu, Et dans ce grand silence L'âme contemple Dieu.

Il vient dans le silence L'Ange envoyé de Dieu ; Vous étiez en silence Vierge, Mère de Dieu, Écoutant en silence Les merveilles de Dieu, Recevant en silence Dons et grâces de Dieu.

Dans le cloître, silence.

C'est le gardien du cœur ; Dans le monde, silence Préserve notre cœur, Seule dans le silence La grâce parle au cœur Et veut que le silence La garde au fond du cœur.

Combien le saint silence Fait le bonheur du cœur, Puisque dans le silence Dieu parle à notre cœur !

O charme du silence !

O langage du cœur !

Je chante ; et le silence M'appelle au fond du co^ur.

Les astres en silence Obéissent à Dieu ; Terre et mer en silence Suivent l'ordre de Dieu.

Hommes, faites silence.

Ecoutez votre Dieu ; Univers en silence Obéissez à Dieu.

Qui connaît le silence Est bien près d'aimer Dieu.

C'est garder le silence De n'ouïr que son Dieu.

La parole est silence, Quand on parle pour Dieu.

Le monde est un silence, Quand on n'y voit que Dieu.

Aux passions, silence, Pour obéir à Dieu.

Au trouble, grand silence.

Pour entendre son Dieu.

Amour de soi, silence, C'est là notre faux Dieu ; Aux maux, aux biens, silence La volonté de Dieu.

Quand viendra ce silence, Où l'âme unie à Dieu, Par la mort, en silence Sera conduite à Dieu.

O bienheureux silence, Heureuse perte en Dieu !

Un étemel silence.

Pour s'abîmer en Dieu !. .

PORTRAIT d'une VRAIE CARMELITE.

Rien n'a d'attrait pour un Carmélite, Sinon le Dieu qui créa l'imivers ; De ce grand Dieu sans cesse elle médite Et les bontés et les charmes divers.

Toujours en paix, son âme toute pure Dans les revers sait se tranquilliser.

Et son grand cœur, mort à la créature, Pour son Jésus sait tout sacrifier.

Tout son tre'sor, tout son bien sur la terre, Sont le mépris, la croix, l'abjection : Et de l'amour victime volontaire.

Elle ne vit que d'immolation.

Son cœur, d'un Dieu le vivant sanctuaire, Offre à Jésus tous les instants du jour, Et pour Jésus sa couclie solitaire N'entend jamais que des soupirs d'amour

La pénitence est un joug salutaire

Dont chaque jour elle aime à se couvrir :

La croix en main, elle marche ^au Calvaire ;

Elle ne sait que souffrir et mourir.

Avec Jésus, charitable victime.

Pour les pêcheurs on la voit s'immoler ;

Elle voudrait pouvoir fermer l'abîme,

Où les mondains vont se précipiter.

Son œil, au Ciel, enflammé de tendresse, Toujours fixé, ne cherche que Jésus.

S'il lui sourit, dans sa vive allégresse Son cœur charmé ne se possède plus.

S'il parait fuir et lui cacher ses charmes. Ah ! que son âme épouve de douleurs !. Mais son Jésus pour essuyer ses larmes, Change bientôt ses soupirs en douceurs.

Mon cœur est loin, Seigneur, d'être semblable Au cœur parfait que dans mes chants j'ai peint ; Ce cœur, hélas ! est sans cesse coupable. Et vous voulez, comme vous qu'il soit saint. Changez ce cœur, et que votre puissance En moi détruise, arrache tout l'humain ; Daignez fixer ma fatale inconstance.

En me prêtant l'appui de votre main.

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