‹ Une Fleur du CarmelChapitre 137 sur 159 · XII. vers. 1er et · texte numérisé non relu

XII. vers. 1er et

Ma chère enfant,

Il y a longtemps que vous l'avez entendu au fond de votre cœur, cet appel que Dieu adressait autrefois à son fidèle serviteur Abraham, le modèle et le père de tous les vrais croyants. Non seulement vous l'avez entendu, mais vous l'avez écouté pour le bien comprendre, et tout aussitôt que vous l'avez pu, vous lui avez obéi, comme Abraham, avec la plus parfaite docilité. Au prix de quels sacrifices avez-vous ainsi répondu à la voix qui vous appelait ? Votre cœur humble et modeste n'en a rien dit à personne au monde. Mais, ma chère enfant, nos cœurs à tous les ont sentis. Traverser l'océan, mettre le tiers du globe entre vous et la terre qui vous a vue naître ; quitter le toit paternel et tous les souvenirs affectueux dont il est plein, laisser loin de vous des frères, des parents, des amis qui vous chérissent ;... mais par-

dessus tout, vous arracher aux bras d'une mère qui vous adore et qui, tout en vous donnant géne'reusement à Dieu, ne peut s'empêcher de pleurer nuit et jour votre absence ! Voilà ce dont vous ne vous croyiez pas capable, et que cependant vous avez fait. Vous êtes venue dans cette terre be'nie du Carmel que votre Dieu vous montrait de loin ; et c'est ici que vous allez remplacer par le jeûne, par les mortifications et les veilles, toutes les douceurs au milieu desquelles votre jeunesse si délicate a été' nourrie. Vous le saviez d'avance, et vous l'avez voulu. Et maintenant l'expe'rience vous a déjà montré que cette terre du Carmel, si aride en apparence, est vraiment un paradis nouveau, où coulent en abondance le lait et le miel, car c'est ici que Dieu a promis de vous bénir pour vous dédommager de tout ce que vous avez fait pour lui. Laissez-moi donc vous encourager à la persévérance, ■en vous montrant combien sage et chrétienne a été votre résolution, et combien sûrement elle sera bénie de Dieu. Pour cela, je me contenterai de développer deux pensées :

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