Il y a pour chaque âme une vocation
2. Cette vocation. Dieu nous la fait clairement connaître, et il nous aide à y correspondre pour notre plus grand bonheur en ce monde et en l'autre.
Je ne m'arrêterai que très-brièvement à chacune de ces propositions.
Le mot vocation veut dire appel ; au sens chrétien, on nomme ainsi le choix que Dieu fait de toute éternité d'une âme, pour un état spécial, (l'état religieux par exemple), en lui préparant les grâces nécessaires pour en remplir dignement les obligations. Qu'il y ait pour chaque âme une vocation, c'est une vérité que l'incrédulité
rejette, et que le monde ne soupçonne même pas, mais que le chrétien instruit dans la religion tient pour un des doo-mes les plus évidents et les mieux démontrés du catholicisme.
Si nous envisageons la question du côté de Dieu, nous constaterons d'abord quil nous a placés sur la terre, pour le connaître, laimer, le servir et par ce moyen obtenir la vie étemelle. Dieu veut que tous les hommes se sauvent, Deus vult omnes homiiies salvos fieri (i Tim. ii, 4.) : c'est la vocation universelle de toutes les âmes. Mais à côté il y a la vocation particulière à chacune d'elles et qui consiste à choisir l'état spécial dans lequel elle de\Ta travailler à se sauver. La première est le but auquel nous devons tendre, la seconde est le moyen d'y arriver. Que le Créateur et le souverain Maître de toutes choses ait le droit de nous assigner notre place sur la terre ? — Qui pourrait en douter ? Qu'avec sa science et sa puissance infinies, il lui soit aisé de disposer de nous de la façon la plus utile pour les autres et pour nous-mêmes ? C'est ce qui est clair comme le soleil. Que sa sagesse et sa providence lui imposent le devoir de nous placer dans le monde, chacun selon nos aptitudes et nos talents, à lui qui prend soin de Therbe des champs et des oiseaux de l'air, à lui qui se glorifie de savoir le nombre de nos cheveux, et de n'en pas laisser tomber à terre un seul sans sa permission, à lui qui se nomme notre Père et qui nous a rachetés au prix du sang divin? — Certes, aucune vérité ne saurait être plus évidente que celle-là.
Et la société temporelle ou spirituelle n'a-t-elle pas le plus pressant besoin que Dieu assigne une place à tous ses membres par la vocation ? — Eh bien ! il faut dans le monde physique que l'eau, l'air, la chaleur, la lumière contribuent par leur action conbinée à faire végéter les plantes, mûrir les moissons et entretenir la vie chez les
animaux et chez l'homme ! et il se pourrait que dans ce vaste corps, appelé la société ou l'Eglise, Dieu ne choisît pas la tête, et n'assignât pas à chacun des membres sa place et son service ? Car les membres, nous dit saint Paul, ont chacun leur action différente ; omnia autem membra non eiondeni actiini habent. (Rom. xi). En effet, à l'un le commandement, à l'autre l'obéissance ; à l'un l'enseignement et la parole, à l'autre la solitude et le silence. Aussi, continue l'apôtre, que chacun sache prendre sa vraie place et s'y tienne. U^iusquisque in ea vocatione in qiia vocatus est, in ea pennanent (i Cor. VI 20.) et le bonheur social est assuré.
Et avec lui, le bonheur de chaque particulier. Autant d'âmes, autant d'attraits et de capacités différentes. Telle âme est heureuse dans la solitude et la contemplation fait ses délices, telle autre aimera mieux se multiplier en passant ses jours et ses nuits au chevet des malades.
Or, l'expérience est là pour nous le dire : on ne fait bien que ce qu'on aime à faire. On n'est heureux dans sa profession que quand on l'exerce avec goût et avec affection.
Ajouterai-je, guidé par la foi, que chaque profession a ses peines et ses dangers, mais aussi ses grâces particulières préparées par la Providence afin de surmonter les peines, éviter les dangers, et vivre selon Dieu ? Il faut donc la vocation divine !
Aussi, que voyons-nous à chaque page dans la sainte Écriture ? Moïse, Aaron, David, Isaïe sont personnellement choisis de Dieu pour conduire et pour enseigner son peuple ; Eéséléel et Ooliab ont reçu d'avance le don de travailler les métaux, parce qu'ils sont appelés à construire le Tabernacle. Sans doute, Dieu n'appelle pas ainsi extérieurement et sensiblement toutes les âmes, parce que le miracle n'est jamais ici-bas qu'une exception.
Mais, si nous croyons à l'action divine sur la nature quand elle divise la Mer Rouge à la voix de Moïse, quand elle arrête le soleil à l'ordre de Josue' ; la reconnaîtronsnous moins, quand nous voyons tous les jours l'océan expirer sur le grain de sable de ses rivages, et l'astre du du jour se lever et se coucher avec une régularité parfaite, sur les bons comme sur les méchants ?
Ainsi en est-il des vocations I Dieu appelle Cyrus trois cents ans avant sa naissance, dans les oracles d'Isaïe ; il dit aux Apôtres : " Suivez-moi ; " ou il terrasse Paul au chemin de Damas. C'est la vocation miraculeuse.
Mais quand même nous ne le verrions pas, il n'est pas moins indubitable que chaque jour, sans bruit, sans éclat, il nous appelle les uns à une vocation, les autres à une autre. Un simple retour sur nous-mêmes nous en sera la meilleure preuve.
Heureuses la société et la sainte Eglise, et heureuse chaque âme en particulier, si chacune accepte docilement la place qui lui aura été marquée I chaque membre agissant suivant la loi divine, procurera le bien-être du corps entier.
Et si, comme la foi nous l'enseigne, tout cela est \Tai, indubitablement \Tai des vocations ordinaires pour les diverses professions de la société humaine, à combien plus forte raison ne devons-nous pas le reconnaître, quand il sera question de la vie parfaite des Religieuses, ou des divins emplois du sacerdoce ? Oui, mes Révérendes Mères, Dieu appelle aux différentes positions sociales, il y a certainement pour elles une vocation, A combien plus forte raison y en a-t-il une, quand il s'agit de se consacrer au Seigneur par l'émission des saints vœux ?
Tout le monde est appelé à se sauver en observant les commandements ; Si ris ad vita7?i i?igredi, serca mandata
(Matth. XIX, 17) ; mais s'il s'agit d'embrasser la vie parfaite d'obéissance, de pauvreté, de chasteté ? non omnes mpiunt verbiun istud. (Matt. XIX. n.) ; tous ne peuvent pas y prétendre ; sed quitus paratmn est à Pâtre meo, (ibid.), mais seulement ceux à qui mon Père en a préparé la grâce. C'est un immense honneur que de servir à l'autel comme Aaron ! ou de devenir l'épouse de J.'sus-Chrîst ! Aussi le grand Apôtre nous l'a dit : Nec quisquam sumit sibi honore m, sed qui vocatur a Deo tanquam Aaro?t. (Heb. V. 4.) Personne n'a le droit de s'arroger cet honneur, il faut y être appelé comme Aaron ! Non vos me elegistis, ce n'est pas vous qui m'avez choisi pour votre partage, disait Jésus à ses disciples, sed ego elegi vos (ibid.) Marie Magdeleine n'osa s'approcher de Jésus pour venir se reposer à ses pieds, que -quand une voix chère à son cœur lui eut dit au nom de Dieu : Magister adest et vocat te. (Jean IX, 28.). Le Maître est là, et il vous demande. Il est donc bien clair, bien évident par la foi : il y a pour chaque âme, et pour l'âme religieuse surtout, une vocation divine. Dieu nous la fait connaître et nous devons y correspondre.
Deux signes servent à constater la vocation ; l'aptitude et l'attrait.
Le premier, tout n'gatif, c'est-à-dire dont la présence
ne prouve pas que l'on soit appelé ; mais dont l'absence
est la marque la plus certaine qu'on ne l'est pas. Qui
veut la fin veut les moyens. Dieu n'appelle pas un muet
à prêcher l'Evangile ; un malade à soigner les autres ou
à pratiquer les rigueurs de la mortification ; ou un esprit
affaibli et inconstant à s'engager par des vœux qui
enchaînent jusqu'à la mort. C'est aux parents, pour les
vocations du monde ; aux supérieurs, pour la vie ecclé-
siastique et religieuse, qu'il appartient de juger l'aptitude ; nous n'en dirons donc rien de plus.
Mais je parlerai de l'attrait, voix intérieure qui porte l'âme à se prononcer pour tel état plutôt que pour te^ autre, et que Dieu fait retentir en elle pour lui révéler sa vocation. Cet attrait, tout le monde l'éprouve, dans un sens ou dans un autre. Combien, néanmoins, il est divers dans sa forme, dans son origine, dans sa puissance ! Tantôt il terrasse Paul sur le chemin de Damas ; tantôt une voix céleste invite Augustin à prendre et à lire le livTe qui le convertira : Tolle^ îege ; ou bien Dieu multiplie les miracles pour introduire une âme dans la vie religieuse, malgré les oppositions et même les persécutions de ses proches, comme saint Louis de Gonzague et saint Stanislas Kostka. — Tantôt c'est une sorte d'instinct partant du cœur à son insu et attirant l'âme pour ainsi dire sans qu'elle s'en doute : la seule idée du cloître et de la vie austère l'émeut et la transporte, de douces larmes montent de son cœur à ses yeux si elle a pensé seulement à sa consécration future ! Rien de raisonné dans tout cela ; c'est un instinct qui la sollicite, instinct que le Pape saint Grégoire nous a si bien décrit dans une des plus éloquentes leçons du Bréviaire romain. Montrez, dit-il, de l'herbe fraîche à la brebis, et elle vous suit en bondissant ; montrez à un enfant quelques noix et vous l'attirez immédiatement siu- vos pas ! Ainsi l'âme ; elle va d'elle-même, parce qu'un mouvement instinctif et spontané la pousse.
D'autres fois l'impulsion vient de la raison. — Eclairée de Dieu, frappée de quelque événement extérieur, éblouie d'une vive lumière rencontrée dans l'Évangile, elle a compris, comme David, qu'un jour passé à l'ombre des autels vaut mieux que mille jours dans les tabernacles des pécheurs !
Comme Paul, premier ermite, elle a entendu ce mot : " Allez, vendez ce que vous avez et donnez-le aux pauvres, et vous aurez amassé un tre'sor pour le Ciel !" Ou comme Antoine : " Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il vient à perdre son âme ?" Ou comme votre Mère sainte Thérèse, elle a senti combien il est précieux de souffrir avec Jésus ; ou bien avec cette autre gloire du Carmel, que les autels recevront bientôt, avec Louise de France, elle veut offrir ses privations, ses austérités, ses épreuves pour effacer les iniquités de Louis XV et de son peuple ! Qu'importe l'origine et la source de l'attrait qui nous amène à Dieu ; il sera toujours légitime, s'il est revêtu des conditions suivantes :
1. Appuyé sur des motifs surnaturels.... assurer son salut ; échapper au monde et à ses scandales, aux richesses, aux plaisirs et à leurs dangers ; imiter Jésus de plus près ; mériter dans le ciel une plus riche couronne ; procurer à Dieu plus de gloire, en priant plus continuellement pour l'Église et pour les pécheurs ; en un mot i tout motif appuyé sur la foi et pouvant se rapporter à Dieu, voilà le véritable mobile de l'attrait qui devra nous pousser vers Dieu, en nous dictant le choix de l'état laïque ou religieux dans lequel nous voudrons travailler à son service.
2. Que l'attrait soit constant ; qu'il ne consiste pas dans une velléité passsgère ; ou s'il s'agit de la vocation religieuse, dans un de ces élans suscités par une communion fervente, par une cérémonie comme celle qui nous rassemble, mais élan qui s'arrête et retombe aussitôt. I>e véritable attrait, celui qui vient de Dieu, dure et persévère. Sans doute, il pourra disparaître au milieu des épreuves que le démon suscite et que Dieu permet toujours pour fortifier les âmes. Mais si elle est confiante, cette âme, si elle est simple et docile, elle retrouvera
bientôt son premier attrait, comme les Mages sortis des épreuves et des tentations de Jérusalem, ont bientôt revu l'étoile qu'ils avaient perdue et qui les conduisit jusqu'au divin berceau de Bethléem.
3. L'attrait sera raisonné, et non pas seulement instinctif, même quand il aurait pour origine un miracle ! Et pourquoi ? Parce que l'homme est un être raisonnable qui doit savoir ce qu'il fait, et pourquoi il le fait ; parce que, agir par impression et par instinct, c'est le propre d'un enfant ; parce que l'impression est fugitive et mobile et que pour embrasser un état fixe et permanent, il faut s'y déterminer par des raisons qui aient toujours la même valeur et le même poids.
Tels sont les caractères certains et infaillibles de la voix de Dieu, et toujours il les manifeste à l'âme qui s'examine et qui s'étudie avec sincérité, pour connaître sa vocation et savoir où Dieu l'appelle. Examinez donc, ô âmes chrétiennes, vos attraits intérieurs, recherchez leur origine, leurs motifs, leurs intermittences ou leur durée. A l'examen, ajoutez la prière ; avec saint Paul dites : Domine^ qiiid me vis facere ? Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Ou bien avec David : Vias tuas demonstra 7?iihi, et semitas tuas edoce me. Seigneur, faites-moi connaître la voie que je dois suivre et les sentiers dans lesquels vous voulez que je marche. Ou encore avec Samuel : Loquere^ Domine, quia audit senms tuus. Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur vous écoute. Il ne se peut pas que Dieu ne vous exauce ! Il manquerait à sa bonté, à sa justice, à sa providence, à toutes ses perfections, si vous ayant donné une vocation, et vous appelant à un état déterminé, il ne vous fournissait un moyen sûr de savoir où il vous appelle.
Mais surtout adressons-nous aux guides que Dieu nous a donnés, et à qui il communique en abondance les
SŒUR THÉRÈSE DE jÉSUS. 341
lumières et les grâces dont ils ont besoin pour nous diriger. Telle est toujours la marche de la Providence
Ainsi, Paul, le grand apôtre, fut envoyé' à Ananie, pour savoir de lui ce qu'il devait faire ; vade ad Anania?n^ lui disait la voix d'en haut... Les Ananies ne manquent jamais aux âmes chrétiennes, quelle que soit la vocation qu'il faille embrasser ; à elles donc de les écouter docilement.
Qu'il faille suivre sa vocation et répondre à l'appel de Dieu, pour profiter de ses avances et de ses grâces ; pour obéir à sa volonté divine ; pour assurer notre salut et procurer plus sûrement notre bonheur de cette vie et de l'autre, c'est une vérité trop évidente que je ne puis me permettre de développer ici.
Courage donc, çt confiance, ma chère enfant ! Celui qui vous a donné votre magnifique vocation, se manquerait à lui-même, s'il ne vous fournissait en. abondance tous les moyens de la réaliser. Sans doute, les épreuves ne vous manqueront pas ! Nous pourrions presque vous les prédire, parcequ'elles sont indispensables à la solidité de votre vertu. Nous pourrions afiirmer que ce serait un malheur pour vous, si vous n'étiez pas éprouvée pendant votre noviciat ; car de même que le feu sert à constater la valeur de l'or qui lui résiste sept fois, probatum septuplum, de même la tentation démontre la valeur de l'âme fidèle à Dieu. Mais ayez confiance ! confiance en Dieu ; confiance aux charitables et clairvoyants Ananies, dont vous êtes environnée, et vous arriverez heureusement au terme.
Vous vous souvenez, mon enfant, de ce grand voyage que vous accomplissiez il y a quelques mois ? C'était une dure épreuve que de laisser derrière vous tout ce que vous chérissiez en ce monde ! Mais parce que vous entendiez la voix de Dieu, vous n'avez pas hésité un seul
instant. Vous êtes courageusement montée sur le navire. Bientôt le rivage s'est éloigné, la terre natale a disparu avec tous ses délicieux souvenirs. Et puis, perdue sur l'immense océan, vous ne voyiez plus de toutes parts que labîme béant à vos côtés, et dont une planche fragile vous séparait. Les agitations du vaisseau vous fatiguaient, la tempête faisait peut-être tout craquer et s'entrouvrir autour de vous. Et vous étiez là, faible enfant, toujours confiante, parce que le ciel brillait sur votre tête, parce que vous saviez que Dieu, qui vous appelle, ne pouvait pas vous laisser périr ; parce que vous aviez confiance en la prudence d'un pilote expérimenté ; parce que Marie, T étoile de la mer, laissait luire en votre âme ses plus délicieux rayons. Et en effet, vous avez touché la terre de France, et vous voici au milieu de nous ! Eh bien, ma chère enfant, cette touchante histoire est Temblème le plus exact des épreuves que Dieu vous ménage sans doute dans votre noviciat; des séparations, des sacrifices pour Dieu; des regrets, des amertumes, des tempêtes même, si le Seigneur le juge utile à votre âme, et l'océan déchaîné qui pourra quelquefois mugir autour de vous. î^Iais, confiance en Dieu qui vous appelle, en Marie dont l'étoile luit sur vous ; en votre Supérieur, notre sage et pieux archevêque, votre pilote et votre guide le plus expérimenté de tous, en vos Mères bienaimées, qui veillent sur vous avec amour, et vous finirez par vous abriter sûrement dans ce port du Carmel que le Seigneur vous a montré de si loin, et où tant de bénédictions vous attendent. Egredere de terra tua, et de domo Fat ris tut, et veni in terram quam moustravero tibi, et ibi benedicam tibi ; sortez de votre terre natale, et de la maison de votre père, et venez dans la terre queje vous mon trerai, et je vous comblerai de bénédictions.
Et tout cela ne sera qu'un prélude : un jour viendra
OÙ ces bénédictions si précieuses se multiplieront pour vous au centuple. Ah ! vous me comprenez, ma chère enfant, ce sera le jour où, nouvelle Thérèse de Jésus, devenue semblable à votre mère d'adoption, la grande Thérèse d'Avila, vous aurez pu l'imiter autant que votre cœur le désire depuis longtemps.
Levez les yeux, et contemplez cette tige de lis, si blanche et si pure : elle a pour son plus bel ornement un groupe virginal de saintes filles du Carmel que le cœur de Thérèse se réjouit d'offrir à son Dieu.
Puissiez-vous, mon enfant, être la Thérèse de votre cher Canada et transplanter un jour sur cette terre bénie de Dieu, le lis du Carmel.
L'Église vous devra ces mortifications qui apaisent la colère divine et ces prières que le Seigneur exauce toujours, vrais paratonnerres spirituels, les plus efficaces pour détourner la foudre. Mais auparavant, fortifiez-vous, enrichissez-vous de toutes les vertus dont on vous donne ici le continuel exemple. Continuez ce que vous avez si bien commencé par la pratique de l'obéissance, de l'humilité, du renoncement à vous-même. Mais surtout, confiance, confiance sans limites au Dieu qui ne vous a pas appelée de si loin pour vous abandonner, à moins que vous-même vous ne vous obstiniez à lui être infidèle, (et c'est ce qui n'arrivera pas, nous en avons la certitude.) Deus incepit, ipse et perficiet. Dieu a commencé, Dieu achèvera son œuvre pour votre plus grpnd bonheur du temps et de l'éternité. Ainsi soit-il.