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LE SOMMET DE LA CITÉ CHRÉTIENNE

(Tiré de la Semaine Beligieitse de Grenoble. Juillet ISTi)

Nous nous promenions souvent, le capitaine et moi, dans les emirons de notre commune résidence, ^ille forte et chef-lieu de préfecture. Si la cité, bien peuplée bailleurs et bien bâtie, était pau\Te en édifices et même en églises, en revanche tout autour d'elle la nature étalait aux regards les sites les plus variés, depuis la plaine large et fertile jusqu'aux sombres forêts et aux neiges étemelles des montagnes. Le capitaine avait gardé de nos derniers malheurs un certain fonds de tristesse, un besoin constant de réfléchir et de remonter à la source des choses. Étranger plutôt qu'hostile aux croyances religieuses, il avait, sous ce rapport vécu comme tant d'autres d'une vie d'ignorance et d'indifférence. Et toutefois le respect de soi-même et d'autrui, la pureté du cœur, ime rectitude naturelle de jugement l'avaient préservé des excès oii tombent la plupart de ceux qui tranchent résolument, des questions dont ils ignorent jusqu'au premier mot.

A ce point de vnae, sa réserve et sa modestie allaient aussi loin que possible, et jamais je n'avais entendu sortir de sa bouche une seule de ces expressions relatives aux hommes et aux choses de la religion, que Ja haine a créées, que la sottise ou l'ignorance répète, quand le seul respect de sa langue de\Tait les interdire à tout homme

bien élevé. Pour lui, il n'aurait pas employé plus volontiers certains mots, en grand usage de nos jours, dérica- Itsme par exemple, ou parti prêtre, ou obscurantisme, qu'il n'eût accepté ceux 6!aitrins?ne, de sociologie et de collectivité.

Une fois il lui arriva de prononcer la phrase banale que chacun sait : " Ces choses font beaucoup de tort à la religion." Je n'eus point de peine à lui démontrer, en premier lieu, que ces choses ne sont qu'une fois sur dix telles qu'on les raconte, et encore c'est les traiter généreusement ; — en second lieu, qu'à moins de changer la nature humaine, elles ne sauraient point ne pas arriver de temps à autre, qu'elles sont pour les justes une occasion de se méfier d'eux-mêmes et de redoubler de vigilance ; pour de plus parfaits, un pressant motif de rendre à Dieu, en compensation du scandale, plus de gloire et de louanges ; pour tous, un sujet de s'humilier et de prier. Quelques-uns même, mettant les choses au pis et supposant le mal plus grand qu'il n'est, s'étonnent que l'institution catholique, comme ils disent, puisse se maintenir et durer parmi de tels scandales, et ils en viennent à conclure qu'une puissance intérieure et cachée est seule capable de maintenir en un si bon point cette église composée d'hommes, dirigée par des hommes soumis à toutes les faiblesses de l'humanité.

Ces réflexions peuvent les mener fort loin et ce ne serait pas la première fois que les scandales auraient fait des chrétiens. Quoi qu'il en soit, le peu qu'il en arrive, de temps à autre, ne fait de tort qu'à la religion... de ceux qui n'en ont pas. Une fois qu'il eut compris la faiblesse de ce propos, le capitaine y renonça pour toujours ; car s'il est homme de bon conseil, il est plus encore homme de résolution.

C'était donc vers la fin d'une belle journée de prin-

temps : nous nous reposions, après une course assez longue, sur une colline e'ievée d'oii l'on domine la ville et les environs. On eut pu compter une à une les maisons d'un village situé à nos pieds et qui n'est guère qu'un faubourg de la cite'. Tandis que, las de causer et de penser, nous nous plaisions à connaître et à considérer les \411as auxquelles le feuillage naissant des arbres commençait à rendre la vie sans les dérober aux regards, nous entendîmes à plusieurs reprises, mais à des intervalles assez éloignés, le tintement d'une cloche qui semblait réclamer la prière plutôt qu'annoncer un office ou une fête. Il ne nous fallut pas de longues recherches pour découvrir d'oià partait cet appel religieux. La cloche était celle d'un petit belvédère surmonté d'une croix et dominant une maison d'assez sombre apparence, vaste d'ailleurs et bien bâtie. Des jardins l'entouraient de toutes parts ; de hautes murailles entouraient les jardins; à n'en pas douter, c'était un asile ou un monastère. En recueillant mes souvenirs, je me rappelai qu'une maison de Carmélites, d'une date fort ancienne, avait été au début de ce siècle, restaurée et peuplée dans les environs de la ville : c'était elle que nous avions sous les yeux. Du Carmel, le capitaine n'avait qu'une connaissance assez vague ; sans être un grand clerc, j'en savais un peu davantage. Nous mîmes en commun notre science et notre ignorance : la conclusion fut que le Carmel, le plus ancien des ordres religieux, illustré et rajeuni par sainte Thérèse, très-florissant encore à la fin du siècle dernier, ne compte plus aujourd'hui qu'un petit nombre de maisons : c'est un ordre contemplatif

Je m'attendais bien que ce dernier mot, exprimant une idée qui n'est pas en faveur et qui n'est guère comprise, ne passerait guère inaperçu, et qu'il faudrait, à son occasion, rompre quelques lances courtoises. Le capi-

taine eût pu faire ce qu'on fait d'habitude en pareille circonstance : le procédé est bien connu, je le relate seulement pour mémoire. Il eut mis à part, s'il eut eu la moindre habileté, et soigneusement distingué les ordres religieux qui s'occupent de charité et d'instruction, ceux qui peuplent nos hôpitaux et dirigent de nombreuses écoles; il en eut détaillé les mérites, énuméré les services ; il les eut remerciés du bien qu'ils font à la jeunesse, aux vieillards, aux infirmes ; il les eut, en un mot, comblé de louanges.

Puis serait venu le terrible mais, ce mais si cher à la médisance, si bien fait pour l'équilibre et le balancement de l'antithèse, d'autant plus redoutable qu'il a été précédé de plus d'éloges. " Mais qu'on ne me parle pas de ces ordres contemplatifs où l'on ne sait que prier sans travailler, que gémir et jeûner sans rendre le moindre service à la société civile, sans être en quoi que ce soit secourable à la maladie, serviable à l'enfance ou à la vieillesse."

Je ne donne que le gros des objections ; le détail serait infini : chacun d'ailleurs l'a entendu au moins une fois en sa vie.

Le capitaine agissait avec plus de rondeur et prenait moins de détours. Il me demanda nettement et carrément si les ordres contemplatifs servaient à quelque chose. Ils avaient disparu : pourquoi les relever ? quel contraste étrange d'ailleurs que celui d'une société ou le mouvement et l'agitation sont poussés jusqu'à l'excès, et de ces religieux qu'on dirait cloués au sol et immobiles comme l'éternité !

J'objectai qu'il n'était point mal, précisément à cause du bruit démesuré qui se fait aujourd'hui dans le monde et des grands mouvements qu'on s'y donne, qu'il y eût quelque part un petit nombre d'asiles entièrement consacrés au recueillement et à la prière.

L'âme de l'homme a tous les besoins, celui du calme absolu comme celui de Textrême dissipation. Le dernier e'tant, de nos jours, satisfait au-delà de ce qu'on peut dire, n'est-il pas juste que le premier ait sa part bien exiguë et réduite aux plus minimes proportions ? Car enfin, dans les ordres contemplatifs la vie est rude et austère, les vocations sont rares, les novices longtemps éprouvés ; on n'admet que ceux dont la santé et l'inébranlable résolution ne laissent pas la moindre inquiétude. Les travailleurs, comme on les nomme, ont de droit un jour de repos par semaine. Ils en prennent deux, ils en prennent trois à leur fantaisie, et non pas, bien entendu, celui qu'ils devraient. Les hommes de loisir ou d'activité stérile (ils sont nombreux dans notre société contemporaine) se reposent, quand il leur plaît, quelques-uns toujours, ou ils vont deçà et delà sans grand profit pour personne. Quand nos religieux se reposent-ils du travail qu'ils ont entrepris ou que Dieu leur a confié ? Cessent-ils un seul jour, un seul instant, de se sacrifier et de prier pour ceux qui font le lundi, fêtent le mardi, chôment le mercredi, pour ceux qui ne font rien du tout, pour ceux qui font le mal, afin que la justice de Dieu les épargne, que sa bonté les prévienne et les attende ?

Je pouvais parler de la sorte au capitaine, car il croyait en Dieu et n'aurait osé dire que Jésus-Christ n'est que le plus parfait des hommes. Il savait quelque chose des merveilleux effets de la prière et du sacrifice, et il ne doutait point, par exemple, que pour être un soldat digne de ce nom, il faut s'oublier soi-même et se renoncer jusqu'à mourir pour la défense de ceux qui ne connaîtront jamais ni votre nom ni votre héroïsme. Qu'un petit nombre se dévouât pour la multitude, c'était la loi même de sa profession : rien ne s'opposait à ce qu'il comprît la foi et la loi des ordres contemplatifs.

Aussi j'essayai de pousser plus avant et d'envisager la question au point de vue philosophique, ce qui ne nuit jamais, l'ordre naturel ayant avec celui de la grâce des rapports étroits et des affinités sans nombre. " Comme le corps étroitement uni à l'âme et vivifié par elle, a, dans la personne humaine, le plus d'exercice apparent et les fonctions les plus basses, ainsi, dis-je, dans la société, le plus grand nombre qui en est comme le corps et la charpente, sans cesser de vivre d'une morale où l'âme a la surveillance et la direction, n'en est pas moins courbé vers la terre, asservi aux sens et aux œuvres qui se font par leur concours. Un peu plus haut paraissent ceux qui exercent à la fois les deux opérations, celles du corps et celles de l'esprit ; à un degré supérieur ceux chez qui domine l'effort de la pensée ; au sommet, ceux dont la vie, encore attachée à la terre et aux sens, n'en est pas moins comme absorbée par les opérations de l'ordre le plus élevé. Celles-ci étant de deux sortes, aimer ^l penser, les savants et les philosophes exercent de leur mieux la seconde et y joignent la première, quelques-uns avec succès, la plupart faiblement. C'est le contraire pour les contemplatifs : leur acte principal est d'aimer, ce qui implique la prière et le sacrifice ; mais de plus, l'amour parfait n'ayant d'autre objet que la vérité parfaite, celleci est toujours présente à leur âme, non pas, il est vrai, divisée et comme refroidie par l'analyse et le raisonnement, mais en traits de vive lumière et dans un foyer qui ne s'éteint point. Les contemplatifs ont donc leur place dans la société comme les philosophes, comme les savants, comme les soldats, comme les artisans et de fait ils l'ont toujours eue.

L'Église a fait une règle de ce qui était ^un hasard, parfois un danger ; elle a mis là comme partout plus de discipline avec plus d'autorité et de vérité ; c'est le plus

grand service qu'elle nous a rendu. Elle n'a point créé la contemplation ; elle l'a faite plus profonde et moins vague, sûre d'elle-même et de son objet. Ce sublime exercice est le prvilége d'un petit nombre qui semble former un anneau entre le ciel et la terre, mais la terre est toujours la terre, c'est-à-dire le lieu de l'exil, du travail et de l'effort. On peut pressentir le ciel au contact de quelques âmes d'élite, on ne doit pas l'y trouver."

Cette métaphysique faite en cheminant, à bâtons rompus, ouvrait au capitaine quelques perspectives qui attiraient mais aussi qui fatiguaient son regard. La conversation allait donc un peu au hasard, à travers les voies les plus différentes ; mais quand une digression nous tenait trop éloignés du sujet principal, la cloche dont le son n'avait point cessé de se faire entendre, nous poursuivait de ses appels et nous ramenait comme de force à l'objet de nos premières pensées.

" Vous me faites souvenir, dit le capitaine, d'une lettre que je reçus quelques mois avant la guerre. Elle était d'un de mes amis, officier de marine, attaché, quand il l'écrivit, à notre colonie de Saigon.

" La ville nouvelle naissait à peine ; à peine avait-elle des casernes et quelques écoles, qu'au sommet de la colline, au milieu des huttes indiennes, on vit s'élever une hutte un peu plus vaste, mais d'assez pauvre apparence. A quoi croyez-vous qu'elle fut destinée dans cette ville où tout manquait ? Je vous le donne en mille et vous ne devinerez pas. Eh bien ! la demeure à peine achevée, ce ne furent ni des soldats ni des colons ni des écoles qui en prirent possession : ce furent vos amies les Carmélites qui se mirent là tout d'abord à prier, à gémir, à jeûner, à contempler, et qui depuis n'ont su faire autre chose, sinon peut-être tresser quelques nattes et cultiver leur jardin. Convenez qu'elles ont bien choisi le temps

et le lieu de leur nouveau séjour et qu'on attendait bien après elles pour aider à la fondation et au progrès de la cité."

" Elles y aideront plus que vous ne pensez, m'empressai-je de répondre, et bien avisés sont ceux qui les ont fait venir ou leur en ont suggéré la pensée. Hé quoi ! voilà une ville qui naît à peine, comme vous dites, et qui dès le ])remier jour a déjà son faîte et son couronnement ; la voilà complète de la base au sommet ! Je ne doute point que cela ne lui porte bonheur et qu'un bel avenir ne lui soit réservé. Les Romains auraient-ils mieux fait, eux qui, dans l'organisation de la cité, j^laçaient les vestales au premier rang, eux qui se servaient de leur chasteté comme d'un bouclier et se croyaient en sûreté quand ils avaient placé entre leurs crimes et la colère divine les gardiennes du feu sacré ?

" Je ne parle ni des vierges du soleil ni de tant d'institutions du même genre qu'on retrouve dans tous les temps chez tous les peuples et qu'un secret instinct des législateurs leur faisait établir, dans les formes les plus sévères et sous la sanction des peines les plus terribles, comme la meilleure sauvegarde de leurs cités et de leurs lois.

" J'ai presque honte de vous entretenir de ces vaines apparences, de ces images où tant d'ombres se mêlaient à la lumière, dont tant de taches défiguraient la beauté, quand nous avons, dans l'histoire de l'Église et sous nos yeux, les modèles achevés de la cité chrétienne à laquelle on n'a jamais pu, quoiqu'on ait tenté pour cela, ravir sa noble couronne. Grâce à l'Église, gardienne plus vigilante des lois de Dieu et des privilèges de notre âme, que le sénat ne le fut jamais des traditions du peuple roi, les dix justes qui auraient suffi pour sauver une ville coupable, et qu'on ne trouva point, ces dix justes sont toujours

là au sommet de la cite', jeûnant et veillant pour elle, conjurant la clémence, implorant la bonté, priant pour ceux qui ne prient point ou qui insultent à la prière, entretenant non plus la flamme d'un feu sensible, mais celle d'un amour immatériel et divin. Ah ! si ce n'est point là le sommet de la cité chrétienne et sa glorieuse couronne, où chercherez-vous l'un et l'autre ? où les trouverez-vous ?"

Le capitaine avoua sans difficulté qu'après tout le nombre des religieux voués à la contemplation était insignifiant, comparé à celui des oisifs, des paresseux, des libertins, des mal intentionnés, des méchants.

Si ce contre-poids suffisait, bien qu'il lui parût bien faible, il n'avait rien à dire. Il ne trouvait poùit mauvais, par exemple, que les CarméUtes eussent deux maisons à Paris pour deux milHons d'âmes ; ce n'était pas acheter à trop haut prix un peu d'espoir et de sécurité.

S'il soupçonnait même le moms du monde que leurs jeûnes et leurs sacrifices volontaùres eussent été pour quelque chose dans le salut de la grande cité, que leurs prières eussent eu ce pouvoir d'arrêter la flamme et de modérer le châtiment, il serait le premier à demander qu'on les comblât d'honneurs et de privilèges.

Je souriais à entendre ce langage, qui, sans être celui d'un chrétien, était d'un homme sincère et loyal, sensible aux impressions du bien, en attendant qu'il le fût à celles de la grâce et de la foi.

"Au surplus, dit-il, car le point de vue matériel, comme chez les hommes de notre temps, tenait toujours sa place dans ses préoccupations et dans ses discours, au surplus, je ne vois pas que ces religieuses soient à charge au public et qu'elles ne travaillent pas au moins pour leur pain : bien peu leur suffit, elles sont d'une petite dépense.

" Si celles de Paris ou de ce monastère ne tressent pas des nattes comme en Cochinchine, je sais et j'en ai fait la douloureuse expérience, ajouta-t-il avec un soupir, qu'on leur confie des travaux qu'on n'aimerait pas à remettre à des mains étrangères."

Le capitaine faisait allusion à l'usage qui s'est répandu dans un grand nombre de familles, qu'elles aient ou non la foi, de confier aux Carmélites les cheveux de leurs parents ou de leurs amis défunts pour en faire divers objets de souvenir et de piété.

Cependant les sons de la cloche se répétaient toujours, aux mêmes intervalles, un à un, gravement, tristement. Nous descendions de la colline, et, sans y songer, nous prenions la route qui conduit au monastère :. c'était d'ailleurs un détour de quelques minutes à peine. Arrivés près des hautes murailles qui forment la clôture, vis-à-vis de la grande porte et de l'autre côté de la route, nous vîmes une femme très-âgée, et à côté d'elle, au pied d'un noyer vigoureux, un tout jeune enfant. Deux ou trois moutons, confiés sans doute à leur garde, paissaient dans le voisinage.

La vieille priait, et près d'elle, à son exemple, l'enfant joignait ses petites mains.

Nous sûmes d'elle qu'une sœur se mourait, une des plus jeunes ; qu'on avait réclamé ses prières, et qu'elle les donnait, avec celles de son petit fils, d'un cœur reconnaissant. " Sans elles que serais-je devenue avec mon pauvre orphelin ? nous dit-elle : nous ne mangeons guère de soupe que celle qu'on nous donne à la porte du couvent. Dieu veuille sauver l'âme de sœur Marie de Jésus et la recevoir dans sa miséricorde."

Les enfants et les humbles priant pour les plus parfaits, pour ceux dont la vie n'est qu'un sacrifice et une prière,

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voilà bien l'Église, et dans l'Église la commun^n des âmes, la fraternité et la charité parfaites.

Le capitaine ne me parla plus dans la suite des ordres contemplatifs, il sait ce qu'ils valent, et, à supposer qu'il y ait une cité chrétienne, ce qu'il est bien près d'admettre, il ne doute pas dans son âme qu'ils n'en soient le couronnement.

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Lettres de Monseigneur l'Evêque de Montréal m

Préface vi

Dédicace ix

Aux jeunes filles du Canada xi

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