LES PROGRES D UN CŒUR PUR
• Elle a disposé dans son coeur les deo;ré3 qui, doivent l'élever vers Dieu.'"(Ps. 83.6.)
I. Séjour d'Hermine au monastère du Précieux- Sang. Mort de sa sœur Adine.
Nous avons vu Hermine prendre les résolutions les plus sérieuses et les plus saintes pour régler sa vie selon Dieu. Elle n'a en \'ue que sa perfection et elle saisit les moyens les plus efficaces pour y par\^enir.
Comme la bouche parle de l'abondance du* cœur, cette enfant bénie exprime, dans les oraisons jaculatoires et dans les prières qu'elle choisit, les sentiments et les affections d'un cœur qui est déjà tout à Dieu.
Dans la convention de son âme avec Dieu, on la voit s'efforcer de réduire en pratique ce qu'elle a résolu ; et en considérant la vie nouvelle du chrétien, elle montre combien ses résolutions de servir et d'aimer Dieu sont simples et sincères.
Nous allons voir les effets que ces sages dispositions produisirent dans son cœur.
Pendant l'hiver de 1870, qu'elle passa au monastère du Précieux-Sang, à St. Hyacinthe, elle s'appliquait à observer rigoureusement ses règlements, elle faisait ses délices des exercices de la \-ie contemplative. La piété
des religieuses était pour elle un sujet continuel d'édification.
Comme elle aimait tendrement sa sœur Adine (en religion Sœur Saint Louis de Gonzague), elle s'attachait encore plus à cette sainte maison parce qu'elle trouvait à y satisfaire, non-seulement son goût pour la piété, mais encore toute l'affection qu'elle portait à sa sœur bienaimée.
Toujours persuadée qu'elle était dans l'état où Dieu la voulait, (et elle y était pour le moment, l'heure du sacrifice n'était pas encore venue,) Hermine ne s'occupait qu'à bien remplir tous ses devoirs. Elle se livrait de tout son cœur à la piété, profitait des bonnes paroles, que les religieuses lui adressaient, et goûtait les plus suaves consolations, surtout les jours d'exposition du Saint Sacrement, où elle passait un temps considérable à s'entretenir avec son céleste époux et à goûter combien le Seigneur est bon et aimable.
Ce fiit pendant son séjour au monastère du Précieux- Sang, qu'elle perdit sa chère Adine, Sœur Saint Louis de Gonzague. Avant de mourir, Adine avait parlé en particulier à Hermine, lui avait montré l'anneau, gage de son alliance avec Notre-Seigneur, et lui avait recommandé de rester toujours bien fidèle à Jésus et de le choisir pour son unique partage. Hermine, pieusement émue, embrassa tendrement sa bonne sœur, lui promit de faire toujours la volonté de Dieu et lui demanda de prier pour elle dans le ciel.
Elle porta toujours depuis, en pieux souvenir de sa chère Adine, cet anneau qui lui rappelait qu'elle aussi n'appartenait plus qu'à Jésus.
Les paroles de cette sœur chérie l'affermirent dans la résolution de renoncer au mariage et de vivre toujours
avec sa mère ; elle ne pensait pas que sa sœur eût pu lui donner d'autre conseil.
Adine s'endormit doucement dans le Seigneur peu d'instants après ce dernier entretien. Hermine pria beaucoup pour elle et résolut de commencer une vie encore plus pieuse et plus fervente que celle qu'elle avait mene'e jusqu'alors. Elle s'appliquait à se vaincre et à bien observer son règlement ; elle s'efforçait aussi de bien mettre en pratique la re'solution qu'elle avait prise si souvent de se conformer entièrement à la volonté de Dieu dans toutes les peines de la vie.