R. P. A. BRAUN
Montréal, 31 mars 1875.
Mon Révérend Père,
J'ai jeté un regard attentif sur la Æeur du Carmel, et j'ai pu, en la considérant de près, respirer le parfum délicieux, qni s’en exhale pour embaumer tous les rangs de notre société et particulièrement les jeunes personnes du sexe dévot.
Cette Æeur délicate, transplantée de bonne heure de de son sol natal dans le magnifique parterre du Carmel, n’a eu que le temps de s'épanouir, avant de se faner et de tomber dans une terre étrangère. Mais elle a eu pourtant le temps de s’imprégner de l'odeur forte et suave de cette mystérieuse montagne de la terre promise, qui loin de s’évaporer se répand dans tous les siècles de l'Eglise et dans tous les pays de la chrétienté.
Aussi, à peine est-elle tombée dans c2 champ béni, qu’il s’en exhale un parfum délicieux, qui traverse les mers et se fait puissamment sentir dans la terre qui l’a vue naître, Cette fleur si vite fanée en apparence renaît déjà, reprend ses vives couleurs et répand sou baume