Renouvellement dans la ferveur
Priez pour moi afin que le bon Dieu m’accorde la grâce de porter dignement mon nom, et que je devienne une véritable Thérèse de Jésus, une vraie Carmélite, un
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Agneau immolé. Mais que je suis éloignée de marcher sur les traces de ma sainte Mère, et que j'ai besoin qu’on prie pour moi, afin que je corresponde fidèlement aux grâces du Seigneur ! Quand je pense à tout ce que Notre-Seigneur a fait pour sa pauvre et indigne épouse, je tremble, en moi-même, de me voir si éloignée de la perfection, que je devrais avoir acquise avec des moyens si abondants. Si vous saviez comme je suis négligente ! Mais je veux m’amender, et je remercie notre très-doux Sauveur de m'avoir fait voir mes négigences et de m'avoir inspiré la résolution de les réparer. Oui, je le veux sincèrement, il me semble. C'était une vraie pitié que de voir la manière dont je m’acquittais du saint exercice de l’oraison, et ce n’était pas étonnant ; au lieu de tenir mon esprit recueilli pendant le temps qui s'écoule depuis la préparation de la méditation, la veille, jusqu’au lendemain, je le laissais voltiger de distraction en distraction ; et vous vous figurez facilement comme elles abondaiïent au temps de l’oraison. Toute la journée ne manquait pas de se ressentir d’un si fâcheux commencement ; mais maintenant, je veux être donne, bonne, et
m'’efforcer de répondre à toutes les grâces que m’accorde mon céleste époux.
15. Fermeté de volonté et confiance en Dieu. Espoir d'un prochain départ pour Reims.
16 Avril 1873.
Que l'amour de Jésus embrase tout notre cœur !
Puisse cette petite lettre être la dernière que je: vous adresse d’ici à mon entrée au Carmel de Reims. Il y aura un immense avantage pour moi à commencer les pratiques de la vie religieuse pendant le mois consacré à
honorer le Sacré-Cœur de notre aimable Sauveur, qui, dans sa très-douce miséricorde, ne manquera pas de bénir les efforts qrie je ferai dans ce beau mois. Cette considération me fait extrêmement soupirer après le moment du départ. On dit : Ce que femme veut, Dieu le veut ; quoique je ne sois qu’une jeune fille, je le dis au bon Dieu, pour qu’il se laisse toucher et m’accorde l’objet de mes soupirs. J'ai une si douce confiance d’être exaucée, que, malgré toutes les contradictions qui ont contrarié jusqu’à présent mes efforts dans la recherche d’une occasion ; je me prépare, malgré tout, comme si je devais partir dans une quinzaine de jours.
Je prie et fais prier, je cherche et fais chercher des occasions, afin que je puisse me rendre à Reims pour le mois de juin, et ainsi commencer ma vie religieuse pendant le mois consacré au Sacré-Cœur de Jésus, mon divin époux.
Je vous assure, mon Père, qu’il n’y a que la confiance, que j'ai en Notre-Seigneur, qui puisse me déterminer à me mettre en route dans l’état de santé où je suis. Ce sera bien un miracle si je puis avoir le bonheur de ne pas être renvoyée du Carmel. Mais j'ai confiance que que Notre-Seigneur, qui, dans sa très-douce bonté, m2 rendu un peu de santé cet hiver, quand je ne la lui demandais que pour devenir Carmélite, me fera trouver assez de forces pour être reçue parmi les religieuses du Carmel. ,
Je recommande particulièrement ma chère maman à vos prières. Vous le savez, elle a besoin de courage et de force pour le moment de la séparation.