‹ Une fleur du Carmel [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 186 · L'eau de Sainte Monique · texte numérisé non relu

L'eau de Sainte Monique

Dès sa plus tendre enfance, elle avait déjà compris la nécessité de se vaincre soi-même.

Quelques années avant sa première communion, Hermine avait entendu lire le trait de la vie de Sainte Monique, qui promettait à une femme emportée et querel- | leuse qu’elle se corrigerait, si elle avait soin de se remplir la bouche d’eau et de l'y garder tant que durerait l'émotion.

L'enfant résolut de profiter du conseil de la sainte. Elle était portée à de grandes vivacités, et se querellait ! quelquefois avec ses jeunes frères. Elle avait donc un flacon rempli d’eau sucrée, qu’elle portait toujours sur elle, et lorsqu'elle se sentait émue et prête à faire des reproches, elle remplissait sa bouche d’eau et l’y conservait jusqu’à ce que l'émotion fût calmée.

C’est ainsi qu’elle commençait déjà à travailler à se vaincre, à résister à ses penchants, à combattre les inclinations de la nature.

Plus tard, on verra avec quelle énergie et quel courage elle résistera à tous les mouvements de la nature pour suivre ceux de la grâce.

Cette générosité à se vaincre elle-même dès ses plus tendres années, la prépara à la vie de sacrifice, à laquelle Dieu voulait l'appeler un jour.

Elle préludait dès lors à ces grandes victoires qu’elle devait remporter sur elle-même, sur le monde et ses pompes, et, en cette tendre enfant, Jésus déjà se préparait une épouse.

Elle ne fut pas la seule, dans cette famille bénie, que Dieu voulut posséder sans partage.

4 Vocation d'Adine, sœur d'Hermine.

Adine, sœur d'Hermine, dans un âge bien tendre encore, avait compris, elle aussi, qu’elle ne devait vivre que pour aimer Jésus-Christ, et que l'amour de Jésus était le motif qui devait la déterminer dans toutes ses actions, mais surtout dans le choix d’un état. C’est qu’en effet, Jésus la voulait toute entière et l'appelait à s'unir à lui par les liens d’une alliance éternelle. Vivement frappée de la pensée de Jésus, pauvre, humilié, souffrant, Adine résolut d’entrer dans un ordre religieux, où, avec Jésus, elle pût mener une vie d’abnégation, re pauvreté et de prière : son choix s’arrêta sur le monastère du Précieux Sang.

Ceux qui ont connu cette épouse de Jésus-Christ, si douce et si humble, savent avec que! courage et quelle générosité elle méprisa les promesses que lui faisait le monde, pour s'attacher à Jésus-Christ seul, et consacrer

sa vie à la réparation des outrages faits au Précieux Sang de ce Dieu Sauveur. (1866)

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