‹ Une fleur du Carmel [microforme] (volume 2)Chapitre 118 sur 186 · Perfection que demande la vocation au Carmel · texte numérisé non relu

Perfection que demande la vocation au Carmel

Mais pour arriver à cette fin, elle doit être un portrait vivant de Jésus-Christ. Ce divin Sauveur disait ordinairement : Quz me voit, voit mon Père... Mon Pèreet mot

‘s : ‘ \ nous ne sommes qu'un. Une Carmélite, par sa sublime Fa vocation, est appelée à une union si intime et à une res-

a semblance si parfaite avec Jésus-Christ qu’elle doit être en état de dire : Qui me voit, voit Jésus-Christ vivant en moi, voit sa pauvreté, sa douceur, son humilité, son silence, son zèle, son amour. Sa vie doit exprimer aux yeux de Dieu et des hommes celle du Verbe passible ; c’est sa mortification, sa retraite, sa vie laborieuse qu’elle doit retracer. Plus elke aura de ressemblance avec ce divin original, plus elle possèdera la perfection de son état,

dont le but est l'union et la transformation divine par amour.

Elle doit donc se faire une sainte habitude de demander dans toutes ses actions extérieures et intérieures : Jésus-Christ agirait-il ainsi ? Parlerait-il ainsi? Aurait:l cette pensée? Soufirirait-il en lui cette vue? Se per mettrait-il cette démarche ? et ainsi du reste. Par là, elle s’'accoutumera à former en elle cet admirable portrait. Plus elle travaillera à exprimer ces états, ou au moins quelque traits de chacun, plus enfin elle ressemblera à Jésus-Christ, plus elle aura lieu de se réjouir ; et lorsqu’elle verra qu’il n’y a aucune de ses actions, où elle nait essayé d’imiter, au moins grossièrement et de loin, ce divin exemplaire, qu’elle se console. Si sa faiblesse ne fait pas tout d’un coup de ce riche tableau une copie fidèle, que l’on y voie du moins dessinés quelques traits de ressemblance ; la fidélité et la persévérance feront qu’à force de coups de pinceau, elle parviendra à l’achever. Qu'elle ne croie pas du reste, que ce soit pour elle prendre un vol trop haut, c’est simplement un devoir de son état ; voler plus bas, ou plutôt ramper sur la terre, c’est se rabaïsser.

Oh ! si une Carmélite connaissait bien la sublimité de sa vocation, le rang éminent qu’elle lui donne, et la sainteté où ellé l'élève! Elle se garderait bien de ramper dans une vie imparfaite et relâchée, elle travaillerait à devenir ce portrait vivant, où le Père céleste, prenant ses complaisances, la trouverait digne de lui arracher la foudre des mains, d’arrêter les flots de sa juste colère, et d'attirer sur la terre l’effusion de ses immenses miséricordes et de ses bénédictions.

C'est donc une vérité dont elle ne peut douter, qu’elle est appelée à une sainteté éminente, et qu’elle à reçu des grâces proportionnées à cette vocation; que

cette sainteté consiste en une continuelle et fidèle imitation de la vie pauvre et commune, mais intérieure et divine de Jésus-Christ sur la terre. Au reste, qu’elle ne s’effraie pas de la difficulté ; un peu de fidélité à cette vie intérieure et à ce regard sur l'Homme-Dieu comme modèle, lui deviendrait aussi aisé que la respiration, et formerait en elle sa ressemblance. La perfection des actions ordinaires et communes même, est une perfection éminente, qui ne prend sa source que dans ce regard sur Jésus-Christ pour former en l’âme son image.

Cette voie est peu connue ; cependant, elle est celle à laquelle le Verbe a donné la préférence sur tant d’autres plus éclatantes en apparence ; une Carmélite ne doit pas faire un autre choix pour répondre aux grands desseins que Dieu a eus sur elle en l'appelant sur le Mont Carmel.

Page 1