‹ Une fleur du Carmel [microforme] (volume 2)Chapitre 164 sur 186 · Les écuelles · texte numérisé non relu

Les écuelles

Étant une fois empêchée de laver les écuelles de la communauté, ainsi que notre tour en était arrivé, je priai ma sœur Thérèse de Jésus de vouloir bien me remplacer, me proposant bien de m'en dédommager le jour où elle devait s'y rendre. En effet, les Grâces étaient à peine

arhevées que je sors, en toute hâte, de lavant-chœur, , ndant qu’elle, qui guettait le coup de temps, se précipite après inoi et veut retarder ma marche. Mais c’est alors à qui arrivera la première à la porte de la cuisine si ardemment désirée ; chacune par un chemin différent, nous marchions d’un pas accéléré, ne tenant compte, pour le moment, de la réserve imposée par la modestie religieuse, que pour ne pas courir autant que nous l’aurions voulu. Enfin, nous arrivons ensemble. On s’explique d’abord par signes, puis on s’anime.… C’est notre tour, lui disions-nous.—Vous êtes occupée, vous travaillez ; moi, je suis si gauche, je ne sais rien faire, je vous en prie, laissez-moi laver les écuelles..

Pendant son discours, je mettais le tablier, et je -crois même que je lavais déjà une écuelle quand cette chère sœur me dit, en dernière ressource, avec un accent qui ne peut se rendre : “ Eh bien ! ma sœur, voyons, dites-moi un peu, à quoi suis-je donc bonne ici?” On pourrait ajouter, sans rien changer au ton : si ce n’est à récurer les marmites, laver les chaudrons, etc... etc.

Je n'avais plus qu’à me retirer, disant au fond de mon cœur : Non, non, bien chère sœur, je ne dois plus résister. Lavez les écuelles : ce serait bien trop dommage de

ne pas vous laisser faire.

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