L'ÉVEQUE DE MONTRÉAL. V
prenantes que va faire naître parmi nous la fondation de ce Carmel canadien.
Car l’on va voir s’accomplir à la lettre les vœux ardents que formait sur la terre et que sans doute continue à former dans le ciel notre fervente Carmélite, pour que beaucoup de bonnes âmes fussent attirées au Carmel.
Vous avez reproduit fidèlement et bien en détail ces écrits pleins d’onction et qui ne respirent qu’une foi vive, une piété tendre et une dévotion douce, candide et suave. Ils seront, je n’en doute pas, pour les âmes chastes que le Ciel appelle au Carmel, un appât irrésistible.
Elle va, elle-même, leur raconter avec une simplicité digne de sa belle âme, les sacrifices qu’il lui a fallu faire pour se soustraire aux plaisirs et aux vanités du monde, pour marcher d’un pas ferme dans les voies de la pureté et de l'innocence, pour pratiquer, dès sa plus tendre enfance, les devoirs de la justice, de la mortification, et de la piété, pour se dévouer à des soins assidus auprès d'une mère tendrement chérie et pour s’arracter ensuite aux embrassements de cette mère si aimante et si aimée, afin de se donner à Dieu sans réserve, pour renoncer enfin à toutes les douceurs de la famille et de la patrie, pour pouvoir donner son cœur à Dieu plus librement et sans partage.
Oh ! assurément ces jeunes personnes ne pourront que se sentir attendries et émues à la vue de tant de généreux sacrifices et d’un dévouement si héroïque. Comme saint Augustin, elles se diront, dans l'intérieur de leur âme : pourquoi ne pourrions-nous pas faire nousmêmes ce que cette fidèle fille du Carmel a eu le courage de faire, malgré la délicatesse de son tempérament, les vives sollicitations de ses amies, les attraits séduisants du grand monde ?
Les beaux exemples qu’elles auront sous les yeux les