‹ Une fleur du Carmel [microforme] (volume 2)Chapitre 88 sur 186 · Séjour à la campagne · texte numérisé non relu

Séjour à la campagne

Cap Santé, ro Août 1871.

Nous sommes au “ap Santé depuis bientôt quatre semaines. La campagne est magnifique et excite l’admiration de tous les étrangers. Mes frères s’y amusent beaucoup. Ils vont pêcher dans la rivière Jacques Cartier. J'espère qu’il ne leur arrivera pas d’accident sur cette rivière si dangereuse. Maman le craint quelquefois, mais il faut se confier aux bons anges, qui nous accompagnent partout. Nous nous plairions beaucoup dans cette campagne, si nous étions plus près de l’église ; malheureusement nous en sommes éloignés de trois quarts de lieue, et puis monsieur le Curé étant souvent malade, nous n’avons pas le Saint-Sacrifice chaque jour et nous ne communions que rarement.

Voilà bien Ges contrariétés, mais j'espère qu’elles nous seront profitables en nous faisant plus apprécier le bonheur de la sainte communion.

Il nous tarde bien d’être en ville En attendant, je m'exerce autant que je puis à être bien bonne et bien aimable pour mes frères.

L'époque où nous sommes est pour nous un bien triste anniversaire. Mais que la sainte volonté de Dieu se fasse en toutes choses ; 1l ne faut désirer que cela.

Nous partirons d’ici dans quinze jours.

Vous m'avez fait une question dans votre dernière lettre, à laquelle je n’ai pas encore répondu. Vous me demandiez si l'explication, que vous m’aviez donnée sur l'examen des affections, m'avait éclairée. Très-bien, mon bon Père, et je vous en remercie beaucoup.

Ma chère maman est bien mieux qu’elle n’était. La campagne lui est très-salutaire, ce que je vois avec bien de la joie.

I4. Pensée du ciel dans les contrariétés.

Croyez, mon Père, que ce n’est pas une petite contrariété pour nous que de renoncer à ce voyage à Montréal, qui nous souriait tant. Mais à quoi devons-nous nous attendre dans cette pauvre vie, sinon à des sacrifices continuels, qui nous font désirer de voir arriver bien vite cette bienheureuse éternité, où nous serons à jamais réunis auprès de Notre-Seigneur ?

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