Comment Hermine reçut le nom de Sœur Thérèse de Jésus. S
Dans un entretien, où Hermine ouvrait à son directeur son âme et ses désirs, la jeune fille se montra si pénétrée de l'appel intérieur, que Dieu lui faisait, que son directeur ne put s'empêcher de lui dire : “ Allons! puissiez-vous être un jour Thérèse de Jésus” ! La jeune fille souriant : “ Que je serais heureuse” ! dit-elle.
Six mois s'étaient écoulés. Durant ce temps, Hermine avait souvent écrit aux Carmélites de Reims. Dans la dernière de ses lettres, si fervents étaient les désirs exprimés, si résolue la demande d’être admise que la Mère Prieure émue, crut devoir assembler le Chapitre pour se mettre en mesure de donner une réponse définitive.
Toutes les lettres d' Hermine furent relues. Les religieuses pénétrées de ce doux parfum, de ces désirs si célestes, se prononcèrent d’une voix unanime pour l’admission.
“ Mais, mes Sœurs, dit la bonne Mère Prieure, quel nom donnerons-nous à cette enfant que Dieu nous envoie ? ” En réponse à cette question, bien des noms furent d’abord proposés.
Vint enfin le tour de la Maîtresse des novices : “ Ma mère et mes sœur, dit-elle, Dieu a ses vues sur cette enfant : douce fleur qui va s’éclore dans notre Carmel, elle en sortira un jour pour a!ler porter au lointain Canada l'esprit de notre sainte mère: n'est-il pas juste qu’elle y porte aussi son nom? Peut-être Dieu lui donnerat-il de devenir un jour dans sa patrie la Mère spirituelle d’un grand nombre d’âmes, qu’entraînera son exemple.” A ces