‹ Une fleur du Carmel [microforme]Chapitre 179 sur 201 · ORNE RS · texte numérisé non relu

ORNE RS

2. On organise deux comités pour les besoins de la fondation ; ‘une belle maison est offerte pour servir provisoirement de monastère.

Dans une seconde réunion, qui eut un succès complet, on décida que deux comités s’organiseraient, afin de pourvoir aux besoins de la fondation ; un comité d'hommes pour s'occuper de ce qui regarde la construcsion de l’église et du monastère, et un comité de dames pour fournir aux religieuses les meubles et les autres objets nécessaires dans une communauté.

Quelques citoyens généreux comprirent que les religieuses de l'Hôtel-Dieu ne pouvaient, sans s'imposer un sacrifice, offrir le logement pendant deux ans aux religieuses du Carmel. Ils comprirent aussi que le Carmel n’existerait pas encore, tant que les Carmélites ne seraient pas logées dans une maison particulière, ayant leur chapelle et leur clôture: Pour obvier à cet inconvénient, ils ré lurent de procurer une maison convenable nouvelles religieuses.

A Hochelaga, dans un site magnifique, s'élève une belle maison entourée d’un grand jardin. Ce lieu convenait admirablement pour y établir la communauté naissante, Car la propriété dont il fait partie, est contiguë, dans toute sa longueur, à la terfe sur laquelle doivent plus tard s’élever le couvent et l’église du Carmel. Les sœurs pourraient ainsi surveiller avec la plus grande facilité les travaux de construction, sans presque quitter leur clôture. Les propriétaires, MM. Le Tourneux et H. Girard, eurent la pensée de l’offrir aux Carmélites comme une maison provisoire. Mais il y avait un

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obstacle à l'exécution de cette pensée généreuse. La maison était louée, et le locataire qui suivait la religion protestante, avait le droit d'y passer l’année entière. Comment lui persuader de consentir à quitter cètte maison et à se désister de ses droitsen faveur de religieuses? Un des propriétaires, plein de confiance en la générosité et en la droiture de son locataire, va le tronver et Ini demande s’il veut consentir à renoncer au droit d’habiter cette maisou pendant l’année. Le locataire lui répond qu’il ne renoncera pas à son droit, et qu'il entend bien passer l'année entière dans cette maison. ‘Eh bien! lui dit le propriétaire, je vais vous dire simplement pourquoi je vous fais cette demande : mon intention est de loger gratuitement dans cette maison des religieuses dont la principale occupation est de prier.” ‘Oh! dans ce cas, ‘répond le locataire, je renonce volontiers à mon droit; je cède la maison, afin que les religieuses y viennent prier, à la condition toutefois qu'elles prient aussi pour moi, et pour ma famille” Nous l’espérons, les prières des religieuses deviendront pour cet homme généreux une source de grâces et de bénédictions.

Le propriétaire ayant obtenu ce qu'il désirait, écrivit à Monseigneur la lettre suivante :

Montréal, 3 février 1873.

Monseigneur,

Nous serions heureux de voir les sœurs Carmélites descendre à leur arrivée de Reims, dans le cottage, que nousavons récemment acquis de M.'Thomas Bell, à Hochelaga, et qui se trouve presque en face de leur établissement projeté. Les sœurs auraient

l'usage gratuit de cette maison et de ses dépendances, dans lesquelles se trouve un jardin potager et fruitier, à la charge seulement pour elles de voir à ce que rien ne dépérisse. Elle pourront occuper la propriété de mai 1875 à mai 18%6. Dans le cas où l'établissement des sœurs ne serait pas prèt à les recevoiren mai 1836, nous leur continuerions la même hospitalité, à moins que nous ne fussions obligés de prendre possession de cette propriété.

Dans l'espérance que cette offre pourra aider à une bonne œuvre, nous nous disons, Monseigneur, avec un profond respect,

de Votre Grandeur, les très-humbles serviteurs.

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