‹ Une fleur du Carmel [microforme]Chapitre 8 sur 201 · Hermine et le petit Mendiant · texte numérisé non relu

Hermine et le petit Mendiant

Un jour, Hermine venait d'arriver du couvent des Ursulines, où elle suivait les classes comme demi-pensionnaire. Elle pouvait avoir alors à peu près onze ans. L'enfant, selon sa coutume se mit à répéter sa leçon de musique. En ce moment, on sonne à la porte; c'était un pauvre petit garçon, qui demandait du bois. On était alors en décembre et le froid était vif. Madame Frémont était absente ; la servante répondit qu’elle ne pouvait en donner.

Hermine, qui, du salon où elle était, avait tout entendu, court à la porte et dit au petit garçon d'entrer et d'attendre sa maman, qui ne tarderait pas à revenir. Se croyant parfaitement seule, elle continua la conversation et demanda à l'enfant s’il n'avait pas faim ou froid. Celui-ci répondit qu'il avait bien faim et bien froid. Aussitôt Hermine le fit approcher du feu, lui donna une chaise et alla en

d UNE FLEUR DU CARMEL,

toute hâte demander aux personnes de la maison de vouloir bien donner au pauvre enfant le diner, qu'on avait eu soin de garder pour le lui servir à son arrivée du couvent. On lui répondit qu'on allait préparer autre chose pour le mendiant et qu'elle devait prendre son repas. Hermine insista. Comme on connaissait la charité de cette chère enfant pour les pauvres, on lui permit de disposer de son diner comme elle l’entendrait, à l'exception du dessert qu'on désirait lui garder. ‘ Mais, dit l'enfant, moi “ j'en ai bien souvent, tandis que ce pauvre petit ‘“ n’en a jamais. Laissez-moi donc le lui donner ; ‘ pour cela, je ferai ce soir un meilleur souper. ‘ Puis, je suis sûre qu’en agissant ainsi, je ferai ‘ bien plaisir à maman” Elle donnait cette raison, afin de cacher sous le-manteau de l'humilité l'acte de mortification et de charité qu’elle voulait faire.

Aussi édifiée que charmée de la vertu de la petite Hermine, sa gouvernante lui accorda sa demande ; l'enfant comblée de joie courut donner tout son diner au petit garçon, et elle se réjouit de le voir manger avec grand appétit.

Madame Frémont revint le soir; mais Hermine.

loin de raconter à sa bonne mère ce qu’elle venait de faire, se garda bien d’en dire un seul mot.

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