‹ Une fleur du Carmel [microforme]Chapitre 9 sur 201 · L'eau de sainte Monique · texte numérisé non relu

L'eau de sainte Monique

Dès sa plus tendre enfance, elle avait déjà compris la nécessité de se vaincre soi-même.

Quelques années avant sa première communion, Hermine avait entendu lire le trait de la vie de

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sainte Monique, qui promettait à une femme emportée et querelleuse qu'elle se corrigerait si elle avait soin de se remplir la bouche d’eau et de l'y garder tan’ que durerait l'émotion.

L'enfant résolut de profiter du conseil de la sainte. Elle était portée à de grandes vivacités, et se querellait quelquefois avec ses jeunes frères. Elle avait donc un flacon rempli d'eau sucrée, qu'elle portait toujours sur elle, et lorsqu'elle se sentait émue et prète à faire des reproches, elle remplissait sa bouche d’eau et l'y conservait jusqu’à ce que l'émotion fut calmée.

C’est ainsi qu’elle commençait déjà à travailler à se vaincre, à résister à ses penchants, à combattre les inclinations de la nature.

Plus tard, on verra avec quelle énergie et quel courage elle résistera à tous les mouvements de la nature pour suivre ceux de la grâce.

Cette générosité à se vaincre elle-même dès ses plus tendres années la prépara à la vie de sacrifice à laquelle Dieu voulait l'appeler un jour.

Elle préludait dès lors à ces grandes victoires qu'elle devait remporter sur elle-même, sur le monde et ses pompes, et, en cette tendre enfant, Jésus déjà se préparait une épouse.

Elle ne fut pas la seule, dans cette famille bénie, que Dieu voulut posséder sans partage.

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