‹ Une fleur du Carmel [microforme]Chapitre 91 sur 201 · L'EN E · texte numérisé non relu

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qui suivra celui de notre retour à Québec, lequel se trouvera être mercredi.

“Je me suis rappelé que vous m'avez dit de choisir une occasion favorable de lui confier ce secret. D'ici à mercredi, je ferai un petit triduum de prières au Sacré Cœur, à saint Josephet à sainte Thérèse, pour obtenir que cette confidence ait un bon résultat sur le cœur de mon très-cher frère.”

Quelque temps après, elle écrivit :

‘11 y à à peu près quinze jours que je fis ma confidence à mon frère. Je pense qu’elle aura eu un bon résultat sur son cœur. En lui con‘ant mon secret, je réunis bien tout ce que j'avais d’élo quence, pour que mes paroles fissent sur lui une bonne impression. Les raisons que je lui ai données, ne manqueront pas de lui faire faire de salutaires réflexions. Il a été ému et il m’a dit que je faisais bien de cleoisir la vie religieuse.

‘ Il voudrait bien savoir maintenant où je vais me faire religieuse ; il me le demande souvent. Je lui réponds toujours que je le lui dirai, quand il sera décidé où je dois aller, et qu’en attendant, je n’en sais rien; et, en effet, je ne sais si c’est en France ou au Canada, que j'irai faire mon noviciat. Les Carmélites m’'annonceront peut-être qu’elles vont venir.

‘ Je vous dirai, mon Père, que j'aimerais beaucoup mieux aller faire mon noviciat en France, si telle est la volonté de Notre.Seigneur.”

Hermine continua de porter cet anneau chéri, qui lui rappelait l'alliance qu’elle avait contractée avec NotreSeigneur et qu’elle devait bientôt consommer au Carmel.

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3. Ses démarches pour correspondre à la gräce de sa vocation.

En même temps qu'Hermine se déterminait à entrer au Carmel, elle sentait un vif désir de voir un grand nombre de jeunes Canadiennes partager son bonheur. ‘* Que de grâces. disait-elle, leurs prières et leurs mortifications attireront sur le Canada ! ” Elle résolut donc de demander aux Carmélites de venir s'établir au Canada, offrant tout son patrimoine pour cette fondation ; elle espérait de la générosité des âmes pieuses le supplément de ce qui manquerait à son offrande pour assurer la fondation. :

Des obstacles s'étant présentés, à Québec, à la réalisation de ses vœux, elle ne se découragea pas, et trouva à Montréal une facilité et des encouragements qu'elle n'avait pas trouvés dans sa ville natale. Elle se décida donc pour Montréal.

Ayant appris que le monastère des Carmélites de Reims était florissant par la piété, la régularité et la charité des Sœurs, elle écrivit à la Révérende Mère Prieure, lui exposa son projet, et demanda à être recue comme novice dans la nouvelle fondation.

Les Carmélitcs n'étaient pas alors en mesure d'accepter une fondation au Canada ; le personnel leur manquait.

La Révérende Mère Prieure répondit donc, qu'il ne leur était pas actuellement possible de répondre aux pieux désirs qu'on avait de fonder un monastère de Carmélites au Canada.

Cette réponse attrista, mais ne déconragea pas Hermine.

Elle voyait qu'un de ses projets ne pouvait pas se réaliser pour le moment, celui d'établir les Carmélites dans sa chère patrie.

‘ Mais, dit-elle, si les Carmélites ne peuvent pas ‘“ venir au Canada, rien ne m'empèchera d'aller ‘ moi-même en France et de solliciter mon admis- ‘sion. ”

Elle écrivit en ce sens à la Révérende Mere

,Prieure, lui exposa l’état de son âme, celui de sa santé, lui dit pour quels motifs elle désirait entrer au Carmel, et sollicita la faveur d’être adinise comme postulante dans leur monastère de Reims.

La nouvelle postulante était faible de corps, mais son âme était pleine de force et d'énergie ; ses intentions étaient les plus droites et les plus pures. Elle ne voulait entrer au Carmel que pour plaire à Jésus, honorer sa sainte Mère et porter sa Croix.

Des sentiments si pleins de foi, si pieux, si élevés. si généreux, ne laissérent aux Carmélites aucun doute sur la vocation surnaturelle et divine de la postulante.

4, Comment Hermine reçut le nom de Sœur Thérese de Jésus.

Dans un entretien, où Hermine ouvrait à son directeur son âme et ses désirs, la jeune fille se montra si pénétrée de l'appel intérieur que Dieu lui faisait, que son directeur ne put s'empêcher de lui dire : ‘“ Allons ! puissiez-vous être un jour Thérèse de Jésus ” ! La jeune fille souriant : ‘ Que je serais heureuse ! ” dit-elle.

Six mois s'étaient écoulés. Pendant ce temps. Hermine avait souvent écrit aux Carmélites de Reims. Dans la dernière de ses lettres, si fervents

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étaient les désirs exprimés, si résolue, la demande d'ètre admise, que la Mère Prieure émue crut devoir assembler le Chapitre pour se mettre en mesure de donner une réponse définitive.

Toutes les lettres d'Hermine furent relues. Les religieuses pénétrées de ce doux parfum, de ces désirs si célestes, se prononcèrent d'une voix unanime pour l'admission.

‘ Mais, mes Sœurs, dit la bonne Mère Prieure, quel nom donnerons-nous à cette enfant que Dieu nous envoie ? ” En réponse à cette question, bien des’ noms furent d’abord proposés.

Vint enfin le tour de la Maitresse des novices : ‘ Ma mère et mes sœurs, dit-elle, Dieu a ses vues sur cette enfant : douce fleur qui va s’éclore dans notre Carmel, elle en sortira un jour pour aller porter au lointain Canada l'esprit de notre sainte mère ; n'est-il pas juste qu’elle y porte aussi son nom ? Peut-être Dieu lui donnera-t-il de devenir un jour dans sa patrie la Mère spirituelle d’un grand nombre d'âmes qu’entrainera son exemple.” A ces paroles, toutes les religieuses, touchées et pleines d'espérance, n’eurent plus qu’une voix pour lui décerner ce nom si cher.

On écrivit au directeur, le chargeant de faire part à Hermine de son admission et du nom qui lui était donné. Le directeur se rappelant la conversation qu'il avait eue avec la jeune fille, pensa qu’elle avait dû solliciter la faveur de porter ce nom. La

jeune fille, à son tour, crut devoir quelque recon-

naissance au directeur. dont les instances lui avaient sans doute obtenu la faveur tant désirée. Mais non ; Dieu avait entendu le secret désir de

- cette âme innocente, et avait tout fait, voulant sans doute l’attacher par un lien plus fort à sa sainte vocation.

Dieu ne frustera pas non vplus, espérons-le, la pieuse pensée qui avait présidé au choix de ce nom béni. Oui, notre Thérèse de Jésus deviendra la Mère spirituelle de bien des âmes innocentes, qui, dans notre Carmel de Montréal, accourront à l'odeur des parfums si doux qu'ont exhalés ses aimables vertus.

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