INTRODUCTION
. Le 19 mars 1943, M. le professeur Etienne, MM. La- . peyrie, Cheynel et Lescure ont fait à la Société des Sciences médicales et biologiques de Montpellier et du Languedoc méditerranéen une communication sur Un cas d’anthrax du foie.
La forme anatomique particulière, l’aspect anthra- coïde de cette suppuration due au staphylocoque, l’allure clinique de la maladie, le diagnostic particulièrement difficile malgré deux interventions exploratrices méritaient d’être soulignés.
C’est cette observation. qui est à la base de notre thèse.
UN CAS CLINIQUE D'ANTHRAX DU FOIE (Observation recueillie dans le service de Chirurgie infantile ei Orthopédie, de M. le professeur Etienne.)
Etienne P..., 11 ans. c
Ce jeune malade entre le 25 novembre 1941 dans le service de Chirurgie infantile pour une tuméfaction douloureuse de la région épigastrique..
. L'histoire de la maladie est brève, quatre jours auparavant, le jeune Etienne P. aurait commencé à souffrir dans la partie supérieure droite de l’épigastre. Il aurait alors constaté dans cette région la présence d’une tuméfaction qui n’existait pas antérieurement.
Douleur vive sans nausées ni vomissements.
Pas de troubles du transit digestif.
Pas de fièvre. Bon état général.
Aucun antécédent pathologique n’a pu être relevé,
À l’examen le 25, novembre 1941: On constate à l’inspection à jour frisant une tuméfaction dans la région épigastrique, à droite, immédiatement au-dessous du rebord chondro-costal.
La palpation permet de délimiter une masse dure, légèrement rénitente, située à 1 em. au-dessous du rebord chondro-costal et à 2 em. à droite de la ligne. blanche. Cette masse a le volume d’un petit œuf environ, ses limites supérieures sont floues et s’enfoncent ‘sous le rebord chondro-costal. Les limites inférieures, au contraire, sont très nettes.
+ La masse est douloureuse mais peu, en tous ses points. On n’a nulle part l'impression qu’il existe un cos électivement douloureux.
Cette masse est peu mobile sur les plans profonds.
Elle est nettement située dans la gaine du grand droit, du côté droit, contre la. ligne médiane.
La peau est mobile au devant d'elle et ne e présente aucune modification,
Lorsqu’on fait contracter sangle abdominale, la masse sè réduit partiellement.
La température est de 38°5.
. Le 1° décembre 1941: Depuis trois jours est apparue
une fluctuation de plus en plus nette. Il s’agit vraisemblablement d’une suppuration pariétale et non d’une hernie épigastrique comme on l’avait cru tout d’abord.
En raison des oscillations thermiques on décide d’in- 'tervenir sous-anesthésie locale, incision transversale de la gaine du droit à sa partie supérieure, de la peau, de la graisse et de la paroï antérieure de la gaine du droit, donnant issue à un pus bien lié et crémeux. On a l’impression d’une poche assez bien limitée. Drainage.
L'examen microscopique du pus montre qu’il s’agit de staphylocoque doré.
Les jours suivants la fièvre oscillante persiste malgré le drainage, les sulfamides, la quinine.
Les hémocultures et séro-diagnostie de ‘Widal et de Wzight sont négatifs.
La formule sanguine est la suivante:
Globules rouges : 3.460.000; globules blancs: 19.200; hémoglobine: 70 %; valeur globulaire, 1,01; polynucléaires nbonkilese 74 %; polynucléaires éosinophiles : 0 %; polynucléaires Faso philon: 0%; grands mononucléaires : 4 %; lymphocytes : 22 %.