LE CAP SPARTEL. INTÉRIEUR DU PHARE
PJ. 31, page 27».
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soit, etc; comme passe-temps, les hommes boivent et jouent aux cartes.
L'année israélite débute, vers le mois de septembre, par un repos solennel. La veille au soir, après les prières dites à la synagogue, le chef de famille bénit la table du repas, sur laquelle sont placés des fruits nouveaux en même temps que des légumes et de la viande. Le jour même, il est d'usage de se rendre au bord de la mer, d'un lac, d'une rivière ou d'une étendue d'eau quelconque pour bénir le Seigneur qui l'a octroyée. Les dix premiers jours de la nouvelle année sont, de même que l'Achour des musulmans, consacrés aux aumônes et aux œuvres pies; le troisième comporte un jeûne solennel (Guedaliah) depuis le lever du soleil jusqu'au moment de son coucher; les huitième et neuvième, on offre des sacrifices ; enfin le dixième, ou Yôm-Kippour, est un grand jeûne et chacun doit se rendre à la synagogue.
Le même mois, quelques jours plus tard (15 Tieri) a lieu la fête des Tabernacles ou de Souccoth> qui commémore les quarante années que le peuple d'Israël passa dans le désert. Elle dure en tout sept jours et est, après celle de la Pàque, la plus importante du calendrier israélite. Les juifs la célèbrent en construisant en plein air, sur les terrasses ou dans le patio de leurs maisons, de petites cabanes avec des roseaux et des branches ornementées
quelquefois de fleurs naturelles ou artificielles. Durant toute la semaine, les repas doivent être pris sous ces toits improvisés, et si des pluies trop abondantes ou une bourrasque ne permettent pas de s'y tenir, il faut du moins que la bénédiction y soit prononcée sur la nourriture qui compose le repas avant que les juifs puissent aller la manger dans un lieu plus abrité 1 . La fête des Tabernacles dure en tout huit jours : les deux premiers et les deux derniers sont jours de repos obligatoire, durant lesquels aucune œuvre servile ne peut être accomplie; les quatre jours intermédiaires ne sont que demi- fête, durant lesquels il est permis de travailler aux artisans et à ceux qui ont besoin de gagner leur vie. Cette solennité est une fête joyeuse au cours de laquelle, selon le commandement du Livre de la Loi, les juifs « se réjouissent devant le Seigneur. * Le sixième jour, cependant, est consacré plus particulièrement au souvenir de ceux qui sont morts et à prier pour eux. Pendant toute la durée de la fête, les hommes et les jeunes garçons se rendent à la synagogue avec des palmes, des branches de citronnier avec leurs fruits, des rameaux de myrte, de saule pleureur, etc., qui doivent être parfaits et sans cassures ; le septième jour ces branches sont portées processionnellement autour de la syna-
1. L'obligation de manger dans ces cabanes de roseaux ne s'étend pas aux femmes.
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gogue, à la place des Livres de la Loi, qui ont été promenés de la même façon les jours précédents.
La fête des Tabernacles est immédiatement suivie d'un autre jour solennel, le Sim'hat Toruh, ou réjouissance de la loi. La procession des « Set'arîm » ou Livres de la Loi autour de la synagogue, qui a lieu quotidiennement durant les solennités précédentes, se fait ce jour-là sept fois la veille au soir et sept fois le matin. Deux hommes sont choisis comme hatanîm ou « époux * et chacun d'eux est placé sur une sorte de trône d'apparat, préparé pour la circonstance, avec un garçon d'honneur placé à côté de chacun. Le premier hatanîm lit les deux derniers chapitres du V e Livre de la Loi (Peu* tateuque); le second le récit de la création du monde, tel qu'il se trouve relaté au commencement du livre de la Genèse. Les femmes jettent des fleurs.
Entre le troisième et le quatrième mois de l'année israélite se célèbre l'Hanoucah, ou fête de la dédicace, qui commémore la délivrance des juifs après la conquête d'Antiochus, quand la Judée lui fut reprise par Matatias et son fils Judas, et la purification du temple de Jérusalem. Le trait saillant do cette fête, c'est l'allumage de la lampe d'Hanoucah, qui est généralement ici formée d'un récipient de cuivre plat et souvent triangulaire avec une petite protubérance au milieu, pour contenir l'huile
et la mèche, et sept autres pareilles tout autour.
Le Pourim (14« jour du 6 e mois ou Adar) rappelle l'échec des ténébreux desseins que forma Haman contre le peuple juif. A cette occasion, tout israélite du sexe mâle doit verser, au profit des pauvres, une petite offrande de deux pesetas entre les mains du rabbin de la synagogue — en commémoration de ce que donna Haman — et il est d'usage de donner de petites pièces de menue monnaie aux enfants et aux mendiants. La quinzaine précédente ont eu lieu des mascarades durant lesquelles on se rend visite. Le premier jour de la fête, qui en dure trois, est celui du jeûne d'Esther et les deux derniers sont plus particulièrement consacrés à des festins et des réjouissances.
La plus importante solennité juive est celle de la Pâque, dont la célébration dure huit jours. On s'y prépare quelque temps à l'avance par des nettoyages répétés et par l'enlèvement minutieux de toute miette de pain ou de toute pâte contenant de la levure. Pour ne pas transgresser la loi mosaïque, les confiseurs juifs s'entendent avec un Arabe auquel ils cèdent, par une vente fictive, leur boutique pendant le temps des fêtes, et la rachètent après. On consomme lés pains sans levain et aussi certaines boulettes ou harroseth y spécialement confectionnées pour la circonstance avec des pommes, des raisins, des dattes et des amandes, et qui sont
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destinées à rappeler le ciment qu'employèrent les enfants d'Israël durant leur servitude en Egypte.
Les deux premiers soirs a lieu la cérémonie pascale, que Ton appelle séder 1 . Toute la famille et les serviteurs se réunissent autour de la table ornée de fleurs et de fruits, sur laquelle est disposé, entre autres, un plateau contenant des mets symboliques : les harroseth, du céleri représentant la souffrance, de la laitue l'amertume qui furent le partage des Hébreux, etc.; six pains sans levain ont été mis de côté, trois pour le premier et trois pour le second jour. Quand tout le monde est assis, un des assistants donne le signal en prononçant le mot : « kadech » ; alors chacun se verse du vin et se lève. Le maître de maison, qui vient de faire les ablutions prescrites, bénit le vin en récitant le Kiddouch (sanctification) ; après quoi tous vident leur verre à moitié, puis se lavent les mains. On lit dans le livre traditionnel la haggada, c'est-à-dire des anecdotes se rapportant à l'exode du peuple juif, qui furent recueillies aux premiers temps du Talmûd par des rabbins. Chaque enfant lit un passage, et les questions et les réponses relatives à la merveilleuse délivrance israélite se croisent. La lecture de l'exode se fait en hébreu le premier soir, en espagnol le second. Prenant un des trois pains sans le-
i. C'est aussi le nom que Ton donne à la table du repas.
vain qui ont été réservés, le maître le rompt en disant : « De môme que je partage ce pain, Dieu partagea les flots de la mer Rouge, la nuit où il délivra Israël de sa servitude. » A un moment donné, le fils aîné, pour représenter Pharaon se mettant à la poursuite des fuyards, fait mine de sortir puis de rentrer dans la pièce, un bâton à la main, et de chercher quelqu'un ou quelque chose autour de lui; il demande à plusieurs reprises : « Où est Israël? » et les enfants de la maison s'amusent à lui désigner tel ou tel coin de la pièce.
Les coupes sont de nouveau remplies et l'on fait passer à la ronde le céleri trempé dans le vinaigre; puis le maître se lève et fait circuler le plateau contenant la viande — qui représente les sacrifices — au-dessus de la tête des assistants.
Le vin est encore béni, les verres remplis ; après une nouvelle ablution des mains, un autre pain est rompu et l'on fait pour la laitue et les harroseth comme pour le céleri, c'est-à-dire que, les trempant dans le vinaigre, on les passe à la ronde. Enfin, le troisième et dernier pain est rompu et distribué avec la laitue et le céleri. Vient ensuite le repas proprement dit, après lequel la seconde moitié de chacun des pains est distribuée. C'est le dernier aliment qu'il soit permis d'absorber ce soir-là. On boit encore la troisième coupe de vin et, le souper achevé, on rend grâces; puis commence la lecture des
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psaumes, après quoi on boit encore du vin, debouf , en disant : « Nirsah » (accepté) ce qui exprima l'espoir que l'acte qui [vient d'être accompli a été agréé de Dieu, et l'on se donne rendez-vous à Jérusalem, l'an prochain.
Ces rites accomplis, chacun se laisse aller à la joie, et, durant huit jours, les boutiques sont fermées, le travail chôme. Le dernier jour de la Pàque est suivi encore d'une nuit de réjouissances. Quelque fois les juifs envoient en cadeau à des amis musulmans (ou chrétiens) des pains sans levain avec des fruits séchés, que l'on apporte alors généralement sous un mouchoir de soie, et ceux-ci leur retournent, le dernier jour, des légumes, des fruits frais, du lait, des œufs, etc. avec des fleurs.
Aucun mariage ne peut avoir lieu entre la fête de Pâques et celle de la Pentecôte juive, qui dure deux jours, pendant lesquels on ne doit pas accomplir d'œuvres serviles. A cette fête, la lecture à la prière du milieu du jour, à la synagogue, est faite dans nu livre appelé Azraôt.
La dernière solennité du calendrier israélite rappelle des souvenirs de tristesse. Elle commémore la destruction du temple de Jérusalem et se célèbre au mois d'A6, qui est le onzième de l'année. Les neuf premiers jours du mois, on ne doit pas manger de viande, à laquelle sont substitués des lentilles et parfois des œufs. En signe de deuil, il n'est pa^
permis non plus de se baigner, ni aux hommes de se raser. La veille du neuvième jour, on fait un copieux repas avant le coucher du soleil, puis alors commence une journée de jeûne général, durant laquelle on lit le livre des lamentations de Jérémie et d'autres lamentations. Les femmes pleurent, se désolent, et chacun semble en proie à un chagrin profond.
De même que les musulmans, les juifs marocains ont des tombes qu'ils vénèrent profondément, et auxquelles ils se rendent en pèlerinage. Un certain nombre de cimetières, dans l'intérieur du pays, contiennent des sépultures miraculeuses, qui sont pieusement visitées et auprès desquelles on amène des malades. Ces tombeaux sont répandus un peu partout, mais les environs d'Ouezzan (c'est-à-dire le cimetière où l'on transporte les juifs morts dans la ville sainte) possèdent peut-être le plus renommé, celui du rabbin Amran Bendiouan. Le trente-quatrième jour qui suit la clôture de la Pâque est tout particulièrement consacré aux pèlerinages pieux. Il existe aussi, paraît-il, à Taroudant,une famille juive possédant, de même que chez les musulmans les familles chérifiennes, une sorte de baraka transmissible au chef de la maison, qui a, en quelque sorte, sa zaouïa et, tout comme les chorfa, récolte les ziara.
Les synagogues n'offrent rien de particulier et sont toutes à peu près pareilles, c'est-à-dire plutôt
MARIÉE JUIVB.