‹ Une gerbe [microforme]Chapitre 12 sur 65 · LA VIE · texte numérisé non relu

LA VIE

Et je disais : Pourquoi la vie,

Ce grand banquet où l'on convie Tant de pauvres cœurs soucieux !

Les longs sanglots de la misère

Qui s'élèvent de cette terre Deviennent-ils chants dans les cieux ?

Pour celui, mon Dieu, qui toublie, C'est un bien peu digne d'envie Que ce mystère si profond.

La vie est comme une colline

Dont la pente abrupte s'incline Vers un précipice sans fond.

ji Sur le sommet tout est verdure,

| M Tout est mélodie et muimure,

ll Tout est parfum et volupté !

j On y voit folätrer l'enfance,

(ll Et son œil plein de confiance

Va se perdre en limmensité !

{ll Mais à mesure que l'on glisse

| ( Vers linsondable précipice

ll Le brillant tableau S'obscureit:

! La fleur s'étoint parmi la mousse,

4 | Le sol est froid, l'herbe est moins douce, | Et l'horizon se rétrécit!

| Et, sur cette rapide pente,

Pour cueillir une fleur brillante,

ll On voudrait s’arrèter parfois ;

| | | Mais une étrange voix nous crie :

| Marche! marche!” et la fleur chérie

l | Echappe à nos débiles doigts!

| Et nous marchons avec vitesse,

l Poussant de l'épaule, sans cesse,

{| Ceux qui cheminent devant nous.

Et l'enfance à son tour nous presse ;

douce,

hérie

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